‹ Le château de la MuetteChapitre 65 sur 181 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

duchesse de Berry et pour servir à payer les pensions des^ officiers de cette Princesse ^ »

Quidquid délirant reges plectiinlur Achivi.

« Mme la duchesse de Berry a fait tant de bruit, dans l’espace d’une très courte vie que, encore que la matière en soit triste, elle est curieuse et mérite qu’on s’y arrête un peu, dit Saint-Simon^. Née avec un esprit supérieur et, quand elle le voulait également agréable et aimable, elle parlait avec une grâce singulière et une éloquence naturelle qui lui était particulière et qui coulait avec aisance et de source, enfin avec une justesse d’expression qui surprenait et charmait. Que n’eùt-elle point fait de ses talents, avec le Roi et Mme de Maintenon qui ne voulaient que Fainier, avec Mme la duchesse de Bourgogne qui l’avait mariée et qui en faisait sa propre chose, et depuis, avec un père. Régent du Royaume, qui n’eut des yeux que pour elle, si les vices du cœur, de l’esprit et de l’ame et le plus violent tempérament n’avaient tourné tant de belles choses en poison le plus dangereux. L’orgueil le plus démesuré et la fausseté la plus continuelle, elle les prit pour des vertus, dont elle se piqua toujours et l’irréligion dont elle croyait parer son esprit mit le comble à tout le reste. ‘

« On la vit usurper le rang de Reine, en plusieurs occasions et, une fois,. de plus que Reine, avec les ambassadeurs. Ce qui parut de plus extraordinaire, fut l’étonnant contraste d’un orgueil qui la portait sur les nues et de la débauche

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