Journal, II, p
LA JEUNESSE DE LOUIS XV
prendra moins de temps et lui formera mieux le génie et les sentiments. »
Le mal était beaucoup plus grand que ne le dit l’auteur du journal et, dès l’année suivante, d’Argenson ne craint pas de dire : « le Roi vit dans une crapule et dans une obscurité inexcusables avec sa maîtresse* ».
« Le Roi, après le salut, est parti pour la Muette. Les dames de ce voyage sont Mmes de Mailly, de Vintimille, de Charolais et le maréchal d’Estrées et, ce qui est à remarquer, c’est que ces dames couchent à la Muette et on a envoyé les hommes coucher à Madrid ^
« Ce fut à la Muette aussi que Louis XV se trouvait, le 24 août 1740, lorsqu’une émeute éclata dans Paris, à cause de la cherté du pain. Narbonne ayant avisé M. de Noailles, celui-ci partit aussitôt pour Passy, afin de prévenir le Roi ^ »
Un jour vint où la Reine finit par s’apercevoir du refroidissement du Roi; elle en fut profondément affectée. En pareille occasion, Mme de Motteville avait reçu les confidences de Marie-Thérèse et avait essayé « de lui persuader que tous les maris, sans cesser d’aimer leurs femmes, sont, pour l’ordinaire, infidèles de cette manière, ou font semblant de l’être, pour satisfaire' la mode, qui le veut ainsi ^ ». La mode était encore bien plus impérieuse, sous Louis XV mais la consolation n’eut qu’une médiocre efficacité.
Quoiqu’elle ne fut pas complètement négligée, puisqu’elle