‹ Le château de la MuetteChapitre 82 sur 181 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

sans soupçon de poison, laissant un fils, le comte de Luc, qui ressemblait tellement au Roi qu’on l’appelait, à la Cour, le demi-Louis. Le Roi, d’abord très affligé, ne tarda pas à se consoler avec la troisième sœur, à laquelle il s’occupa de trouver un époux. « Il promit de donner trente mille livres pour les frais des noces, quatre-vingt mille livres en rentes. sur les postes, trente ans de privilège sur les juifs, renouvelables jusqu’en 1800. En fait, les juifs devaient être appelés à payer les frais des plaisirs du monarque. Le duc de Lauraguais accepta le marché. Mme de Lauraguais était vive, gaie, enjouée, fertile en bons mots. Le Roi disait un jour : Je viens de passer par la rue de Mme de Lauraguais : c’était la rue des mauvaises paroles L »

Bientôt cependant, Louis XV changea de goût et il s'adressa à la quatrième sœur, Marie-Anne de Mailly, marquise de la Tournelle. Celle-ci parvint à se faire nommer, en 1742, dame du Palais et à faire chasser, de la Cour, Mme de Mailly sa sœur.

Versailles avait donc eu, sous les yeux, le scandaleux spectacle de quatre sœurs, se disputant le déshonneur de jouer le rôle de favorites, non seulement successivement, mais parfois aussi simultanément. Cela, paraît-il, ne suffisait pas et l’ignoble Souverain jeta les yeux sur la cinquième sœur, mais Mme de Châteauroux, très impérieuse et d’un caractère très entier ne voulut pas admettre le partage. « Le Roi ayant lorgné Mme de Flavacourt, Mme de Châteauroux lui dit : Vous me chasserez, si vous

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