CHAPITRE IV
Roi de sa torpeur et finit par le décider à prendre le commandement de ses armées.
« Le dimanche 3 mai, à trois heures du matin, le Roi partit de Versailles, pour se rendre à l’armée de Flandre. Il sortit de sa chambre, pour aller à la chapelle, faire sa prière et adorer le Saint-Sacrement. ... Sur les quatre heures, le Roi fut rencontré à Sèvres. Il passa à la Muette, où il entendit la messe et en partit pour aller droit à Péronne L »
Mme de Chàteauroux qui, d’ailleurs, avait suivi le Roi, fit ainsi, de Louis XV, un simulacre de héros et l’idole de la nation. « Vous me tuez », disait-il sans cesse. « Tant mieux, répondait-elle, il faut qu’un Roi ressuscite. »
Le Roi étant tombé malade à Metz, renvoya Mme de Chàteauroux, et la Reine, accourue à son chevet, se flatta de l’espoir de le ramener vers elle. La conversion dura peu et, dès qu’il se dit guéri, il rappela la favorite, qu’il nomma surintendante de la maison du Dauphin. Le triomphe fut de courte durée.
Le lundi 7 décembre 1744, le duc d’Ayen apprenait au Roi que la duchesse était à toute extrémité et qu’il devait s’attendre à recevoir la triste nouvelle, d’heure en heure. Louis XV monta aussitôt dans une voiture, pour laquelle on gardait un attelage tout harnaché, depuis deux ou trois jours et partit, à sept heures du soir, pour la Muette, n’ayant avec lui que M. le Premier et M. d’Harcourt capitaine des gardes et escorté de deux palefreniers portant des flambeaux. 11 avait ordonné à M. d’Argenson de ne venir lui rendre compte que d’affaires très pressées. A sept heures du matin, le lendemain, la duchesse expirait.