‹ Le château de la MuetteChapitre 85 sur 181 · Journal de Narbonne · texte numérisé non relu

Journal de Narbonne

LA JEUNESSE DE LOUIS XV

Le Nonce du pape dit qu’à la Muette, le Roi ne discontinuait pas de pleurer, s’accusant de la mort de la duchesse et l’attribuant aux scènes de Metz. Il passait plusieurs jours complètement renfermé avec les amis particuliers de Mme de Châteauroux : MM. d’Ayen, de Luxembourg, de Gontaut, de la Vallière et de Soubise, accourus à la Muette. Il avait, dans sa douleur, plaisir à vivre seulement avec ceux qui lui parlaient de la morte. Le Roi demeura ainsi, le reste du mois et ne revint à Versailles que pour les fêtes de Noël.

La douleur de Louis XV fut aussi passagère qu’elle avait été vive. L’année 1745 devait, d’ailleurs, être marquée par des événements d’une autre gravité pour la France. La guerre était déclarée, il fallait quitter Versailles pour courir à la frontière.

« C’est du perron de la Muette, dit un auteur*, que M. le Maréchal duc de Richelieu s’en fut rejoindre son armée, en l’an de grâce 1745, dans une berline à six chevaux plus semblables à la maison d’un grand seigneur qu’à une voiture de voyage. Il emportait, dans ce carrosse fabuleux, un lit, une commode, un secrétaire, une toilette et les plus futiles recherches d’un efféminé de son espèce. Il y avait huit jours que son valet de chambre, à son lever, lui avait demandé : A quelle odeur M. le Maréchal veut-il faire la campagne? Il répondait, après un moment de réflexion : A l’iris, les jours de tranchées, à la bergamote, un jour de bataille. Et ces choses-là s’écoutaient comme elles étaient dites sérieusement. »

Le 11 mai 1745, nos armé'fes remportaient la glorieuse

i. J. Janin, la Muette. Inutile de rappeler que l’auteur est romancier.

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