‹ Le château de la MuetteChapitre 90 sur 181 · Sainte-Beuve, Premiers Lundis, vol. I · texte numérisé non relu

Sainte-Beuve, Premiers Lundis, vol. I

2. Mme du Hausset, bien placée pour observer, dit que le Roi souriait parfois, mais que, pas une fois, on ne l’a vu rire.

3. Bernis, ministre d’État, écrivait, le 20 janvier 1737 à Ghoiseul : • Notre amie ne peut scandaliser que les sots et les fripons. Il est de notoriété publique que l’amitié, depuis cinq ans, a pris la place de la galanterie. »

LE RÈGNE DE LA POMPADOUR

de s’asseoir aux grands couverts et dans toutes les assemblées de la Cour, c’était la suprême consécration : jamais bourgeoise n’avait atteint cette sublimité. Le Dauphin ne cacha pas sa fureur, mais ses observations furent vaines.

Contrairement à ce que l’on aurait pu croire, le crédit de Mme de Pompadour ne fut jamais plus grand qu’à partir de cette époque. « C’est votre escalier que le Uoi aime, lui disait Mme de Mirepoix, il est habitué à le monter et à le descendre, mais, s’il trouvait une autre femme à qui il parlerait de la chasse et de ses affaires, cela lui serait égal au bout de trois jours. » L’art de Mme de Pompadour consista précisément à empêcher que Louis XY trouvât cette autre femme. « Elle conserva la direction des plaisirs du monarque, dit M. de Carné, alors même qu’elle eut cessé d’en être l’instrument. Se choisir d’obscures rivales reines d’une nuit, dont la couronne flétrie tombait au matin, tel fut le sort de la femme qui régnait sur le royaume, changeait le système des alliances, lui donnait ses ministres et ses généraux. »

Mme de Pompadour cherchait, d’ailleurs, à obliger, à être ou, du moins, à paraître aimable. Elle aimait ou semblait aimer les arts et les choses de l’esprit, elle protégeait Voltaire S Crébillon, Gresset, Marmontel ,

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