CHAPITRE V
daat vingt ans, dans la chambre à coucher d'une maîtresse h Dans les premiers temps, la passion du Roi fut probablement assez vive, mais elle finit par se calmer. Malheureusement, après avoir régné sur les sens, Mme de Pompadour régna sur l’esprit de Louis XV et les liens de l’habitude devinrent plus forts que ne l’avaient été ceux de l’amour. La favorite avait vite compris que Ton pouvait tout craindre de la faiblesse et de la fausseté du Roi et elle a défini elle-même sa vie, en la qualifiant de combat perpétuel. Les ennemis étaient nombreux; l’un des plus redoutables était le perpétuel ennui de son royal amant. Elle s’ingénia donc à organiser, chaque jour, quelque nouvelle distraction : voyages, spectacles, surprises, divertissements de tout genre empruntés aux arts ou même aux choses de l’esprit, enfin à rendre ce blasé heureux et constant, dans un cercle d’enchantements variés et de plaisirs ^
Lorsqu’en 1752, la situation changea et que la maîtresse devint simplement une compagne % Mme de Pompadour comprit qu’il n’y avait qu’un moyen sur de se maintenir, c’était de devenir l’amie nécessaire et le ministre réel, celui qui soulagerait le Roi du soin de vouloir, dans les choses d’Etat. Elle demanda d’abord une compensation et Louis XV finit par céder. Il lui accorda le tabouret et les honneurs de Duchesse. La favorite fut présentée, en grande pompe, par la princesse de Gonti ; désormais , elle avait droit aux prérogatives des femmes de Ducs et pairs, la permission