CHER MAITRE
La Fille de Roland m'a fait admirer votre talent d'écrivain, de poète et de penseur.
Le Président de La Cigale, m'a permis d'apprécier l'homme de cœur, affable, indulgent et syiApathique.
A TAuteur, j'ai voué une profonde admiration.
Au Président, une respectueuse et inaltérable amitié.
C'est à ce double titre que je vous prie d'accepter l'hommage de ce modeste ouvrage.
Vous y retrouverez le souvenir de notre pays commun, à l'époque où florissait, dans cette belle et malheureuse province de fianguedoc, cette poétique langue romane, que nos Félibres, dignes successeurs des Troubadours, ont fait revivre avec tant d'éclat.
Mais je ne puis oublier, çt je suis heureux de pouvoir le constater ici, que c'est par vous, président de La Cigale, que s'est accomplie l'union de nos deux littératures rivales.
Et cette union a été indissolublement cimentée par ces
magnifiques vers que vous avez adressés à ces glorieux Félibres en leur souhaitant la bienvenue.
Vous, vous êtes la muse antique et jamais vieille, Sans cesse rajeunie en ses fortes amours, Qui se souvient d'Homère en enfantant Mireille, Et berce l'avenir aux chants des anciens jours.
Oui, vous avez été, cher Maître, le fondateur de notre grande famille littéraire, et c'est à vous que là France devra, par Tunion de ces deux langues soeurs, l'accroissement de son patrimoine intellectuel et de sa gloire littéraire.
Recevez, cher Maître, le sincère témoignage d'estime et d'admiration.
De votre affectionné,
DE8TREMX de SATNT-GHRISTOL.
LEnRE DU VICOMTE HENRI DE BORNIER
Paris, 29 octobre 1887.
Mon cher Confrère Gigalier;
Je suis bien reconnaissant et bien flatté de Tidée que vous avez eue de mettre mon nom en tête de votre beau roman, le Château de la Reyne Blanche, Oui, c'est un beau roman et d'un genre difficile, un roman historique ; on n'en fait plus guère, et c'est grand dommage.
Vous avez eu l'art de placer une action dramatique dans un cadre admirable, de mêler l'érudition la plus exacte, la plus variée, à un intérêt puissant ; il y a en vous un poète, témoin le chapitre sur les cours d'amour, et un peintre, je veux dire un paysagiste ; j'ai retrouvé dans ces pages brillantes tout notre admirable Languedoc, le pays cévenol, ma chère rivière de Vidourle, que nous pourrions appeler un fleuve, puisqu'il se jette dans la mer. Votre roman ressemble à ce Vidourle ; il commence sur les hauteurs de la poésie et se jette dans la mer grandiose de l'histoire.
Agréez, mon cher Confrère Cigalier, la nouvelle expression de toutes mes sympathies et de mes sentiments les plus distingués.
Henri de BORNIER.