‹ Le château de mon oncle; ou, Le mari par hasardChapitre 20 sur 31 · LA.URE ET MAD. DERBOIS · texte numérisé non relu

LA.URE ET MAD. DERBOIS

En prison !

ROSE

Et madame Grimardeau aussi.

LAURE

Madame Grimardeau î

ROSE

Dans le colombier.

MAD. DERBOIS.

Prisonnière î

ROSE

Comme j'ons l'honneur de vous le dire; dam, c'est qu'il s'est passé ben des choses au château ce matin , allez.

MAD. DERBOIS.

Que s'est-il donc passé?

ROSE

Une bataille.

LAURE

Une bataille! ah! mon Dieu, ma bonne amie, allonsnous-en.

ROSE

Ah ! rassurez-vous, c'est fini à c'tc heure ; la garnison est désarmée.

MAD. DERBOIS.

Mais explique-toi donc mieux; car je ne comprends rien...

ROSE

Comment ! vous ne comprenez pas qu'il nous est tombé ce matin , je ne sais d'où , un bel officier; que cet officier , qui est ben un capitaine tout au moins , a demandé l'hospitalité à madame Grimardeau , qui la lui a refusée ; que monsieur Grimardeau est arrivé au bruit, qui la lui a refusée aussi ; Kjiïe

là-dessus le capitaine s'est fâché , et leur a dit qu'il resterait malgré eux ; que sur ce mot-là , ils ont été chercher tous les gens du château , qui sont venus armés jusqu'aux dents, de fourches , pelles , broches; bah ! est-ce que j'sais moi?., pour chasser le capitaine , qui n'a eu qu'à tirer un coup de pistolet pour faire mettre M. Grimardeau dans le grenier, madame. Grimardeau dans le colombier, le palefrenier à l'écurie pour soigner ses chevaux , et le cuisinier à la broche pour son souper.

MAD. DERBOIS.

C'est un roman tout entier.

LADRE

Ainsi il a fait toute la maison prisonnière.

ROSE

Oh ! tout le monde , ni plus ni moins.

Mais toi pourtant?...

ROSE

Oh ! moi , il ma faite autre chose ; il m'a faite...

MAD. DERBOIS.

Bah ! et quoi donc?

ROSE

Intendante du château.

LAURE ET MAD. DERBOIS , riant.

Intendante !

ROSE

Générale encore.

MAD. DERBOIS.

Et sais-tu son nom?

ROSE

Il ne nous l'a pas dit; mais, à ça près qu'il s'empare de tout ce qu'il y a dans le château , il a l'air d'un jeune homme de bonne famille.

MAD. DERBOIS.

Et il ne s'est pas nommé ! (A part.')

Air d'une Visile à Bedlam.

Oh ! quel singulier soupçon !

Oui , c'est lui , je le parie , Oui fait par cette folie , Son dernier tour de garçon,

LAURE

Cette conduite est vraiment D'une impertinence extrême.

MAD. DERBOIS,

/ Et si cet impertinent Etait ton futur lui-même !

LAURE

Eh quoi ! Belcour , tout de bon , Aurait fait cette folie !

Il faudrait donc, bonne amie, Qu'il eut perdu la raison.

MAD. DERBOIS.

Non, ce n'est plus un soupçon ; C'est Eelcour, je le parie , Qui fait , par cette folie, Son dernier tour de garçon.

ROSE

Qu'est-ce donc qu'elles se disent là tout bas

MAD. DERBOIS.

Tout s'explique ; le baron ne voulant pas que la prévention influât sur l'opinion que tu pouvais concevoir de lui à la première vue , lui a recommandé le plus complet incognito jusqu'à son retour ; et ils auront bâti ensemble la fable qu'il a faite à ces braves gens , et qu'il va nous faire à nous-mêmes , si nous voulons bien le croire.

LAURE

Mais c'est une conspiration que cela.

Bien innocente, puisqu'elle n'a pour but que ton bonheur.

LAURE

Ce que vous me dites là , ma bonne amie , double le désir que j'avais de connaître mon cousin.

MAD. DERBOIS.

Eh bien I il est aisé de te satisfaire ; moi-même je ne serais pas fâchée de voir cet aimable étourdi-là. Rose?..

ROSE

Madame ?

MAD. DERBOIS.

Va dire à cet étranger que deux dames, qui arrivent dans ce château , désirent lui parler.

ROSE

Et s'il dort ?

LAURE

Tu le réveilleras.

ROSE

En frappant seulement à la porte ; car un jeune homme vif comme ça , doit avoir le réveil bien méchant... Mais je voulais vous dire , n'allez pas aussi vous fâcher , car il vous mettrait en prison comme les autres , dà.

MAD. DERBOIS.

Sois tranquille, et va vite l'avertir.

ROSE

J'y courons ? Et t'nez , le v'ià; faut qu'il vous ait devinées

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