‹ Le château de mon oncle; ou, Le mari par hasardChapitre 21 sur 31 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

Les mêmes , SAINT-ERNEST.

SAINT-ERNEST

Que viens-je d'apprendre? Eh quoi ! deux dames ici , et on ne me prévient pas. (HautS) Pardon, mille pardons, Mesdames.

ladre , à part.

Il est fort bien. (A madame Derbois ) Oh! oui, c'est lui , c'est mon cousin.

SAINT-ERNEST , à part.

Serait-ce la jolie prétendue? Oserais-je vous demander , Mesdames, à quel heureux hasard je dois une aussi agréable rencontre.

LAURE

J'allais vous faire la même question. -

SAINT-ERNEST

Oh ! moi , c'est un accident....

LADRE

Qui vous a conduit ici ?

' SAINT-ERNEST

Non , qui m'y a jeté.

MAD. DERBOIS,

Ah ! Monsieur a versé ?

Oui , Madame , à deux pas de ce château

mad. derbois , bas à Laure.

Ils ont arrangé leur petite comédie.

laure , bas à madame Derbois.

Il est embarrassé. (Haut.x) Et moi qui, prenant Monsieur pour un ami de mon père , croyais qu'il venait signer à mon contrat.

SAINT-ERNEST

Vous vous mariez , Mademoiselle ?

laure , avec un petit sourire ironique. Vous l'ignoriez ?

SAINT-ERNEST

J'avais ce bonheur-là.

LAURE

Ce bonheur !

SAINT-ERNEST

Oui , et je maudis maintenant l'accident que je bénissais tout à l'heure , puisqu'il me prépare des regrets.

MAD. DERBOIS.

Voilà bien le langage d'un officier français.

SAINT-ERNEST

Mais, excusez mon" indiscrétion f vous êtes donc la fille du maître de ce château ?

LAURE

Vous l'ignoriez aussi ?

SAINT-ERNEST

C'est la première fois que j'ai l'honneur de vous voir.

LAURE

Et ce ne sera pas la dernière.

SAINT-ERNEST

Je n'ose l'espérer.

LAURE

Et moi , j'ai de fortes raisons de le croire.

SAINT-ERNEST

Que de bonté î Mais , monsieur votre mari...

MAD. DERBOIS , 7'iant.

Son mari !

laure , de même.

Oh î je ne crois pas qu'il s'oppose.... ( Elles éclatent. ) Mon mari ne sera pas jaloux de vous du tout.

SAINT-ERNEST > à part.

Le compliment est aimable !

LAURE

Allons, Monsieur , cessez de vous donner tant de peine , et il est inutile de prolonger votre déguisement.

SAINT-ERNEST

Mon déguisement \(^Apart. ) Le diable m'emporte si je sais tout ce que cela signifie; je suis fait aujourd'hui pour les aventures bizarres.

LAURE

Vous voilà bien piqné d'être reconnu.

SAINT-ERNEST

Reconnu î pour qui !

MAD. DERBOIS.

Vous allez continuer ; allons , ma chère amie , retironsnous , et quand il plaira à Monsieur de convenir que le baron de Saint-Val est son oncle , alors....

SAINT-ERNEST

Que dites- vous du baron de Saint-Val ? vous le connaisse*?

LAURE

Ah ! mon cher cousin, pour la dernière fois..,.

SAINT-ERNEST

Votre cousin !

MAD. DERBOIS.

Apparemment! Le baron de Saint- Val n'est-il pas votre oncle ?

SAINT-ERNEST

Il est vrai.

MAD. DERBOIS.

Il est donc assez naturel que sa fille soit votre cousine.

Qu'entends-je? quoi ! vous seriez?...

LAURE

Ce que vous savez très-bien.

SAINT-ERNEST

Je vous jure que tout ce que je vois , tout ce que j'entends est une énigme...,

MAD. DERBOIS.

De votre façon, mais dont voici le mot. Air : Quand j 'étais garde-marine .

Sans vous faire reconnaître, Vous avez désiré voir Celle dont vous allez être L'heureux époux dès ce soir.

SAINT-ERNEST

Qui ? moi ?

MAD. DERBOIS.

Vous avez beau faire.

LAURE

IVous savons tout le mystère.

MAD. DERBOIS.

Ainsi vous pouvez , j'espère , Vous avouer sans détour Pour le neveu de son père , Et pour son cousin Belcour.

SAINT-ERNEST

Quoi ! Belcour Est l'époux qu'on vous destine.

LAURE

Et Belcour Est votre nom , j'imagine.

SAINT-ERNEST

Non , mais si c'est en ce jour A Belcour qu'on vous marie , Puissiez-vous , toute la vie , Ne voir en moi que Belcour.

LAURE , MAD. DERBOIS.

C'est lui-même , c'est Belcour. ( Il embrasse sa cousine.)

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