‹ Le château de mon oncle; ou, Le mari par hasardChapitre 7 sur 31 · SAINT-ERNEST, LEFRANC · texte numérisé non relu

SAINT-ERNEST, LEFRANC

lefranc , accourant.

Mille citadelles ! quel tintamare ! serions-nous en pays ennemi , mon capitaine ?

SAINT-ERNEST

Ma foi à peu près , mon cher Lefranc , car il faut nous préparer à nous défendre.

LEFRANC

A nous défendre ! Et contre qui, s'il vous plaît?

SAINT-ERNEST

Je ne te cache pas que c'est contre de vieilles troupes.

LEFRANC

Allons , capitaine , vous voulez rire.

SAINT-ERNEST

Du tout , rien n'est plus sérieux et plus plaisant.

En ce cas tenons bon ; car comme je vous le disais , nous ne pouvons pas songer à la retraite , la voiture ne sera prête que demain.

SAINT-ERNEST

Je m'en doutais et j'ai retenu mon gîte.

LEFRANC

Mais enfin où sommes-nous donc ?

SAINT-ERNEST

Nous sommes dans un château fort , que j'avais pris pour une tour démantelée, à la facilité que nous avons eue à nous y introduire ; mais deux maudites sentinelles m'ont surpris , et sont ailées donner l'éveil à toute la garnison , qui va accourir en armes pour nous débusquer ; au reste je l'attends ici de pied ferme et avec l'impatience , non d'un militaire qui aspire à l'honneur d'une victoire, mais d'un voyageur qui veut se donner en passant le plaisir de la comédie.

LEFRANC

Je veux bien que le diable m'emporte , si je comprends rien....

SA.INT-ERNEST

Ne t'embarrasse de rien, et charge seulement mes pistolets de manière à ne tuer personne.

LEFRANC

Ma foi, mon capitaine , .... quelle que soit l'attaque dont vous me parlez et les vieilles troupes qui nous menacent , comptez sur moi —

Air : De Marianne.

Je soutiendrai le choc en brave , Et s'il faut céder au plus fort, Je disparais , et dans la cave Je descends chercher un renfort.

Là , dans mon centre ,

Je me place entre

Trois cents flacons

Rangés en bataillons; Soldats solides , Quoique liquides , De ma valeur Ils tripleront l'ardeur.

La troupe ennemie alarmée Cède aux assauts qu'elle reçoit , Puis en l'honneur de mes exploits J'avale mon armée.

Allons , en campagne!

saint-ernest , cherchant ses armes.

Eh bien ! où est mon sabre !

LEFRANC

Mille canons!... vous l'aurait-on pris?

SAINT-ERNEST

Je l'avais mis là... Pas de doute, c'est un tour de l'infernale gouvernante.

LEFRANC

Une gouvernante ?

SAINT-ERNEST

Oui, une gouvervante.... j'oubliais de t'en prévenir,., une jolie gouvernante, fraîche... très-appétissante, ma foi!

Ah! ah!... et jeune.

SAINT-ERNEST

Agée de soixante-dix ans.

LEFRANC

Miséricorde ! saint-ernest.

Air : Tu vas changer de costume.

Ah ! de ce tour , oui , je me vengerai En redoublant ses comiques alarmes; Et dans l'instant il faut bon gré , mal gré, Qu'elle me rende ici les armes.

LEFRANC

Ce que Suédois, Polonais, Allemands, Jusqu'à ce jour encor n'avaient pu faire , C'est un tendron de soixante et dix ans Qui — J'en étouffe de colère.

SAINT-ERNEST

Et moi j'en ris.... mais je me vengerai En redoublant ses comiques alarmes ; Et dans l'instant je veux bon gré , mal gré , F"NS. ) Qu'elle me rende ici les armes.

LEFRANC

Ah ! de ce tour , oui , je me vengerai En redoublant ses comiques alarmes ; Et dans l'instant il faut bon gré , mal gré , v Qu'elle nous rende ici les armes.

( Ils sortent par la porte latérale à gauche du public. )

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