RESTAURATION DU CHATEAU
rampes, ce qui permet aujourd’hui de descendre des grands appartements dans les jardins sans passer par la cour d’honneur. En 1868, on a installé au premier étage de la cour Gaston la bibliothèque que l’empereur avait achetée à M. Manescau, ancien maître de
Fig. 21. — Lucarne de la façade méridionale.
Restauralion. 1809.
poste. C’est encore sous l’empire que l’on construisit, dans les fossés, des écuries et des remises, à l’occasion d’un voyage que l’impératrice devait faire aux Eaux-Bonnes (1861).
Depuis, la façade nord (1876) a été complétée, on a couvert la grande citerne, et les petits jardins ont pu ainsi s’agrandir et s’étendre dans toute la longueur des talus du midi. La poterne, qui ouvrait sur le boulevard du Midi, a été remplacée par une grille dont il est regrettable que le style n’appartienne pas à la Renaissance (pl. XVI).
Aujourd’hui, la restaui-ation du château de Pau est à peu près terminée. Grâce surtout
au portique qui, indépendamment de son mérite architectural, a fait pénétrer la lumière et donné de la grandeur à la cour d’honneur, cet édifice, malgré les mutilations qu’on lui a fait subir sous prétexte de restauration, est resté un monument très intéressant ; mais on doit regretter, au point de vue de l’archéologie et de l’iiistoire de l’art, que les restaurations aient été commencées trop tôt, car si les travaux avaient été exécutés d’après la méthode appliquée à Blois et à Carcassonne par Duban et Viollet-Leduc, on aurait pu restituer complètement le château de Henri II et de Marguerite de Valois, plus intéressant encore, qui aurait eu surtout le mérite de rester un monument historique ; tandis que le château actuel n’appartient plus à l’histoire.
Les accès fortifiés ont disparu : le Donjon a été mutilé, ses mâchicoulis et ses créneaux sont tout de fantaisie, les bâtiments de la chancellerie ont été rasés; en un mot, nous avons un château à Pau, mais le château des Gastons et des d’Albret n’existe plus.
Fig. 22. — Monnaie de Jeanne d’Albret, reine de Navarre.