‹ Le château de PauChapitre 17 sur 42 · ARCHITECTES · texte numérisé non relu

ARCHITECTES

SiCARD DE Lordat, luort en 1383; il était d’une famille noble du comté de Foix. Il est lui-même qualifié de donzel dans presque tous les actes. Parmi les membres de sa famille dont les noms nous sont parvenus, ou peut citer : Pons de Lordat, qui accompagnait, en 1343, Eléonore de Comminges et son fils Gaston Phébus, dans le voyage qu’ils firent dans leurs domaines pour recevoir l’hommage de leurs vassaux.

C’est Sicard de Lordat qui dirigea les travaux que Gaston Phébus fit exécuter au château de Pau : le Donjon qu’il construisit est encore debout. C’est lui qui passa, le 8 novembre 1375, une convention avec des tuiliers de Pau pour la fourniture des briques nécessaires au château, et, le 21 décembre 1375, même année, celle relative à la construction de la tour de Montaner qui s’élevait en même temps (1).

(1) Nous donnons ici la traduction aussi littérale que possible, que nous devons à M. Lespy, ancien professeur du lycée de Pau, de la convention passée avec les tuiliers de Pau. Le texte béarnais se trouve dans ; Les artistes en Béarn avant le dix-huitième siècle, par M. Paul Raymond (Extrait du Bulletin de la Société des Sciences, Lettres et Arts de Pau, tome 111. — Librairie Riliaut, 1874);

« Soit chose connue que M'i'’ le Comte, d’une part, et Arnauton d’Alies, .Manicou de Sainte-Colomme, de Casères en Marsan, et liarthélémy de Gaunières, de Pamiers, tuiliers, d’autre part, ont convenu et se sont accordés entre eux pour la tuile qu’il sera nécessaire d’employer aux travaux qui sont à faire au château de Pau, en la manière qui suit : c’est à savoir (jue les dits tuiliers promettent et consentent au dit Ma*' le Comte de faire à leurs propres dépens, dans les tuileries de Pau, toute la tuile qui sera nécessaire pour les dits ouvrages, et de la fournir chaque jour en les dites tuileries aux maçons pour faire les dits ouvrages, de manière que, faute de tuile, il ne leur faille pas

DOCUMENTS ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

Bertrand Bedelon ou Bârdelon est mentionné comme maître d’œuvres de Gaston X, dans un acte passé en 1442, à Orthez.

Barduquet de Caresusan, maître d’œuvres du comte de Foix en 1397, est mort en

Peyroton du Peyrer apparaît d’abord comme Peyrer, menuisier, en 1515. Le 17 décembre, cet architecte traita avec les jurais de Pau pour la construction d’un Hôtel de ville dont il avait fait le plan; les jurais lui donnèrent deux ans pour achever l’édifice, et 425 écus d’honoraires.

Pierre de Tolègre. Le nom de Pierre de Tolègre, de Bourges, est cité dans un acte portant la date de 1529. M. Raymond pense que cet architecte a été appelé à Pau par Henri H de Navarre pour travailler au château.

Cette note présente un grand intérêt en ce sens qu’elle permet de supposer que les travaux, faits au château sous Henri II de Navarre, ont été exécutés par des artistes français, et non par des artistes italiens appelés à Pau par Marguerite, comme plusieurs auteurs ont cru pouvoir l’affirmer.

retarder de faire les travaux, et ce sous peine de traliisoii et de perdre corps et biens, jusqu’à ce que les dits ouvrages soient achevés, lesquels les maçons doivent avoir finis de Pâques prochain en deux ans, suivant Pacte des conventions entre M'-»'' et eux; et pour ce tenir, observer et accomplir, les dits tuiliers, l'un pour l’autre, et chacun pour le tout, et sans que l’un se puisse retirer, disant pour excuse qu’il s’en remet à l’autre, ni alléguer qu’avec sa part il est quitte, si le tout n’est fait, engagent leurs corps et personnes et tous leurs biens et possessions, meubles ou immeubles, qu’ils ont ou auront, en quelque lieu qu’il soit, à la poursuite et contrainte de tous et chaque seigneurs et juges séculiers et d’Église; outre cela ils présentent pour cautions et sûrs garants : Arnaud d’Arroque, appelé d’Alibone, Pierre d’Argente, et Arnauton de Marquefère, de Pau, qui pour tels consentent, sous engagement de tous leurs biens et possessions, à la contrainte que dessus, renonçant les dits principaux {contractants) et garants à toute exception de fraude, de tromperie ou de force, à tous droits écrits et non écrits, etc. Et le dit M^'' leur doit et promet de faire donner deux paires et demie de bœufs à chacun des dits tuiliers, et, à l’avenant, à autant de tuiliers qu’il y aura, et ceci chaque jour ouvrier des 269 jours ouvriers qu’il y a dans l’année, pour faire les charrois et toutes autres choses qui seront nécessaires pour la confection de ladite tuile, desquels charrois les dits tuiliers pourront disposer à leur propre volonté ; de plus, le dit RU'' le Comte leur doit faire donner deux manœuvres pour chaque tuilier, ou deux ouvrières en place d’un manœuvre, ou plus ou moins, comme ils voudront, (et) suivant que à Sicard de Lordac il semblera qu’ils en ont besoin. Les dits tuiliers doivent payer les dits manœuvres et ouvrières à la taxe de RU'; c’est-à-dire xiiii deniers pour un manœuvre et vu deniers pour une ouvrière par jour. Item, les dits tuiliers ni aucun des leurs ne doivent partir des dites tuileries ni (s’abstenir) de continuer la confection de la dite tuile, sans la volonté du dit RU"' le Comte, jusqu’à ce qu’ils aient fait toute la dite tuile qui sera nécessaire aux dits travaux, sous les mêmes peines que dessus, à moins que la faute ne fût du dit RU'' le Comte, de laquelle faute le dit RU'' leur répondrait; et pour plus de sûreté jurent les dits tuiliers, sur le saint corps de Dieu sacré, que bien et loyalement ils feront la dite tuile, et (jue tout, ainsi que dessus il est dit, ils tiendront, accompliront et observeront.

« Item, ici même, Sicard de Lordat prête le même serment de bien et loyalement faire sans interruption continuer les dits charrois et fournir les manœuvres, sans nulle feinte ni faute, à son loyal pouvoir. De plus, RU'' le Comte octroie aux dits tuiliers que, si avant le dit terme de Pâques qui vient en deux ans, ils ont fourni aux maçons toute la dite tuilerie qui sera nécessaire pour faire les dits travaux, de manière que les maçons s’en trouvent contents, le profit des dits charrois suive les (soit acquis aux) dits tuiliers pour tout le temps (à courir) jusqu’au bout du dit terme. Et de ceci il fut dit qu’il serait fait deux chartes d’une (même) teneur, l’une pour le dit RU'' le Comte et l’autre pour les dits tuiliers. Ceci fut fait et consenti par RI'J'' le Comte, dans le château de Pau, le huitième jour de novembre l’an 1375. Témoins ; Gaillardolon d’Oroixs, Guillaume d’Oyde, maçon d’Orthez.

« Et par les dits tuiliers fut consenti et juré, dans l’église de Pau, le lendemain, qui était le neuvième jour du dit mois. Témoins : RU' B. de Pocy, recteur de Pau, Guicharnauton du Camp, d’Orthez, Guicharnaud d’Abidos, de Vielleségure, et moi, B. de Luntz, etc., qui retins la charte. »

Du reste, sauf le nom de Fabrici Siciliano, qui est étranger, tous les autres noms qui figurent clans les comptes, soit comme architectes, soit comme sculpteurs ou comme ouvriers maçons, sont des noms français.

Pierre Tourer (Tornoier) 1530. Cet architecte a travaillé au chriteau ; on voit qu’il a acheté une vigne à Jurançon, le 28 décembre 1530; dans l’acte il est appelée maître d’œuvre pour le château ». Sous ses ordres ont travaillé :

Un charpentier d’Angoulôme, appelé Georges Belami, venu sans doute à Pau à l’occasion des travaux que le roi de Navarre faisait exécuter au château ; c’est lui qui fit la charpente de l’Hôtel de ville; Antoine Malemouciie, venu de Tours, maître maçon du château, et Benoit Angest, natif de Grenoble, maçon.

Farrici Siciliano et François Girard. Henri II de Navarre, voulant fortifier la place de Navarrenx, employa pour ce travail un ingénieur italien nommé Fabrici Siciliano, et un maître maçon de Bayonne, François Girard.

Nous citons ces architectes, bien qu’ils n’aient pas travaillé ii Pau, comme exemple de la coopération des artistes français dans les œuvres dirigées par les Italiens appelés en France au commencement de la Benaissance.

Odetde Lestang est porté dans les comptes comme maître des réparations du roi de Navarre, 1557.

Hervé Boullard, 1557. Cet architecte est mentionné, dans les comptes, comme maître architecte d’Antoine de Bourbon, alors roi de Navarre. Son contrat de mariage, déposé à Pau, nous apprend qu’il était né dans cette ville, et qu’il avait épousé Marie Lavigne, fille d’un conseiller général de Béarn. Le 22 mars 1564, Hervé Boullard est appelé et retenu par la reine (Jeanne d’Albret) dans le Béarn, et, comme « son expérience était merveilleuse dans l’architecture, la reine le créa, à titre d’office, architecte de la maison de Navarre», et pour ses gages lui donna la somme de 300 livres {Extraits du registre de ta Chambre des comptes de Pau). Il construisit un pont pour aller aux jardins du roi de Navarre, à Pau ; il fit réparer les galeries des petits jardins.

Germain Duruc. Le titi-e de maître des réparations des moulins de Béarn lui fut confié par une lettre de Jeanne d’Albret, en 1571 . H dirigea, comme menuisier de la reine (1563), l’exécution des bancs à établir dans le temple de la ville de Pau.

Claude Tinari),Tinart ou Tisnard, dit le capitaine Flayol, Flayot, FlageolouFlaiigeol, figure dans les états sous le titre de : Ingénieur, maître des fortifications et réparations des terres de la reine de Navarre. H exécuta des travaux de défense au château de Montaner. Cet ingénieur éiait à Bayonne au commencement du règne de Charles IX. H entre-

DOCUMENTS ET PIÈCES JUSTIFICATIVES. 49

prit le premier d’ouvrir le canal direct par lequel Louis de Foix jeta l’Adour dans la mer (canal de Boucault). Il mourut en 1568.

Jérome de Vize (de 1569 à 1612). Cet architecte lut appelé par le seigneur de Peyre pour augmenter les fortifications du château de Pau. Il épousa Isabelle de Minvielle, de Pau; en 1569, il prêta le serment ordinaire et succéda dans la charge à Claude Tinard, dit le capitaine Flayol : c’est lui qui mit le château en état de défense après l’arrivée du comte de Montgommery.

Dans certains comptes, il est désigné et payé à titre de menuisier du roi.

Il fut chargé par la régente Catherine, sous Henri IV, de faire graver des inscriptions sur le rocher au lieu dit le Hourat, à l’endroit où l’on quitte la route des Eaux-Bonnes pour aller aux Eaux-Chaudes :

L’an 1591, moy Gérome Vize ay vacat depuys le 10 mai et tant cpie Madame (Catherine de Bourbon) a demourat a las aygues e après, corne Madame m’a commandé de demeurer a lasdites aygues, per escrire et grabar certains chiffres et lettres en certain rochiers, jo sy vacat jusques au vingt-et-dus de juing, en tout 43 jours à 3 livres par jour, 129 livres.

Ce mémoire fut taxé à 72 livres ; Voici les deux inscriptions au.xquelles il se rapporte : Au-dessus de la source de l’Arresecq :

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