PEINTRES
François Bunel, peintre, était attaché à la personne d’Henri IV, comme valet de chambre ; il fit le portrait de Georges, cardinal d’Armagnac, pour le roi, et en 1587, Henri
DOCUMENTS ET PIÈCES JUSTIFICATIVES. 51
de Navarre lui fit acheter plusieurs tableaux: une figure A' Adonis, le Triomphe de la Vérité et le Portrait d’un rufiqiie italien. Pour ces trois tableaux, Bunel avait réclamé au roi 326 écus soleil, soit 978 livres du temps; mais il fut réduit à 185 écus, soit 555 livres, par Berziou, seigneur de la Marsillière, trésorier du roi.
Michel de Capdepont est qualifié de « peintre vitrier » du château de Pau, à 70 livres de gages; il fit un portrait du roi pour la salle d’audience de la Chambre des comptes; il présenta à ce sujet une requête à la Chambre; plusieurs de ces messieurs, ne trouvant pas le portrait du roi ressemblant, ne voulaient pas le recevoir.
On connaît trois membres de la famille des Craberi, qui exerçaient l’art de la peinture à Pau, de 1554 à 1581 ; nous ne retiendrons que le nom de Guillaume Craberi, qui reçut 25 livres tournois pour avoir fait « le portrait de la ville, château et jardin de Pau », qui fut porté au roi « alors en la ville de Lyon ».
Nicolas Chabot, dit du Harlay, fut en même temps peintre et valet de chambre de Catherine de Bourbon (1590). L’histoire de ce peintre est intéressante, en ce qu’elle montre la situation misérable des artistes de cette époque; mal payé, il fut obligé de faire entrer sa femme au service d’une grande dame.
Marc Duval fut également attaché à la personne de Jeanne d’Albret, en qualité de peintre et de valet de chambre. Ce peintre est encore un exemple du peu de souci qu’avaient les trésoriers royaux de payer les gages des artistes. Duval mourait, en 1580, sans avoir touché les sommes qui lui étaient dues par Jeanne d’Albret et Henri IV depuis 1567. Ce n’est qu’en 1585 que sa veuve put toucher ce qui était dù à son mari. On sait que cet artiste fit quatre tableaux pour le roi de Navarre.
Guillaume de Laporte fit des peintures dans l’église de Sarrances pour le compte d’Isabelle, comtesse de Foix.
Chrétien Lefébure, d’origine flamande, est mentionné sur les comptes du roi de Navarre pour « plusieurs parties fournies pour le service du roy Antoine de Navarre. »
Henri DE Liège est aussi connu sous le nom de Enric de Huliège. Cet artiste devait être un peintre de mérite, par l’importance des travaux qui lui furent confiés et par le nombre de ses élèves, parmi lesquels on cite Charles de Bruxelles et Labat de Lanne.
Arnauld de Moles serait l’auteur de magnifiques verreries de la cathédrale d’Auch ; il appartenait à une famille de peintres-vitriers, établis à Saint-Sever; il mourut vers 1520.
i» MUSICIENS
Auzon, chanteur au service d’Antoine de Bourbon. H figure, en 1571 , comme valet de chambre et musicien de la reine de Navarre, avec 100 livres de gages.
Rezon, Caillerot, chanteurs au service du roi Antoine de Bourbon.
Carbonnel, organiste du roi de Navarre Henri II, cumule cette charge avec celle de contrôleur des écuries de ce prince.
Un nommé La Crotte est mentionné comme joueur d’épinette au service d’Antoine de Bourbon.
La Fontaine figure comme joueur de luth et valet de chambre.
Nous trouvons encore, dans cette note, les noms des artistes attachés au service du roi de Navarre, Antoine de Bourbon. Elle mentionne :
Des chanteurs, des joueurs de mandore, de luth, de hautbois et cornet, de tambourin et d’épinette, des violons, des comédiens italiens, des joueurs de farce.
Un nommé Étienne Prévost, violon de la grande écurie, est cité comme ayant reçu (1579) 60 livres pour avoir montré à danser aux pages de la petite écurie. /
La musique du roi, d’après ces notes, pouvait composer un orchestre assez nombreux.
Un nommé Scotivilli (Marc-Aritonio) figure dans les comptes comme chef d’une troupe de comédiens, au service de Henri IV ; cette troupe fit à cheval le trajet de Nérac à Montauban, lors des fêtes données à Catherine de Médicis et à Marguerite de Valois (mars 1579).