PREMIER ÉTAGE
Petit Salon. — De gracieuses tapisseries de la manufacture de Reauvais , sur des tableaux de Roucher , faisaient de ce vestibule un véritable boudoir. Ces tentures ont été renvoyées à Paris et remplacées par cinq tableaux des Gobelins, représentant des scènes de l'histoire du Réarnais : Le roi chez le meunier Michaud; Henri IV devant Paris ; — Henri IV et Sully 5 — Henri IV surprenant Reliegarde chez Gabrielle. — Les adieux d'Henri et de Gabrielle. On remarque un vitrail représentant Henri IV à cheval. Ce beau vitrail est du XVIIe siècle. Il a été peint d'après la statue équestre autrefois placée au-dessus de la porte principale de l'Hôtel- de-Ville de Paris. Il provient du château deRosny, où il avait été transporté après avoir décoré l'appartement de Sully à l'Arsenal. C'est M. Ternaux qui consentit à céder cet objet précieux sur la demande de M. d'Henneville,
Salo> Bernadotte. — Cette pièce a reçu le nom de l'illustre Béarnais qui a voulu contribuer de loin à décorer le palais du bon roi qu'il avait pris pour modèle. La cheminée de porphyre vert et une table en mosaïque de marbre viennent de Suède. Les tapisseries , des Gobelins , sont aux armes de France et de Navarre Elles furent faites en 1670 et servirent de portières dans le cabinet de Louis XIV à Versailles. Une porte invisible , sous tenture , donne accès à un petit escalier pratiqué dans la tour et conduisant aux étages supérieurs.
Chapelle. — Le seul monument épigraphique du XIVe siècle , retrouvé au château , est une pierre sculptée représentant un écusson écartelé des armes de Foix et de Béarn , avec la légende Phébus me fe. On a eu l'heureuse idée de l'incruster dans la partie du mur de la tour couverte par le passage qui mène à la chapelle.
Cette chapelle est moderne : elle a été construite en 1840 ; elle fut bénite en 1843 par l'évêque de Bayonne. Elle eut un aumônier jusque en 1848. Une stalle gothique , qu'on disait avoir appartenu à Jeanne d'Albret n'était pas évidemment à elle puisqu'elle ne porte pas les armes de Béarn, mais celles de France et de Navarre. Ce que la chapelle offre de vraiment remarquable est un magnifique vitrail placé audessus de l'autel. Rien de plus lumineux et de plus mystérieux que ce tableau représentant l'adoration des Mages. Il a été peint par Roussel , d'après Zurbaran , et exécuté à la manufacture de Sèvres.
On ignore où se trouvait la chapelle primitive du château. Elle devait avoir une certaine importance; car c'est là que les seigneurs et les représentants du pays s'assemblèrent dans plusieurs occasions mémorables, pour conclure des actes solennels en présence de Dieu. On lit dans plusieurs chartes : et asso fo feyt dens la capera deii castet de PaiL La chapelle catholique concédée à Marguerite de Valois n'était , selon les mémoi-
res de cette reine, que de trois ou quatre pas de long. Elle était fort étroite et pleine quand on y était sept ou huit. Dans les inventaires de l'ancien mobilier du temps d'Henri IV, on lit qu'elle était décorée de six petites pièces de tapisseries à personnages rehaussés d'or. Selon moi , nul doute que cette petite chapelle ne fût placée dans une pièce du premier étage, à droite du palier de l'escalier ; cette pièce, qui n'a pas été restaurée, n'est pas montrée aux visiteurs.