LES APPARTEMENTS
plus l^el homme de son temps. 11 y a dans son maintien de la hauteur : il semljle plein de confiance en lui-même mais rien n'indique de la dureté. »
Dans l'antichambre on remarquait une tapisserie de Béhagle représentant VHistoire du Roi de la Chine. La chambre du Roi avait une décoration encore plus somptueuse : Boulogne l'Aîné y avait peint quatre dessus de porte, Acis et Galatée^ VE/ilèi'einejit d^Io, Y Eiilèveinent de Proserpiiie., Sept une et Amphitrite. Suivaient, en allant vers la gauche, le caljinet du Roi avec deux dessus de porte de Boulogne le Jeune : un Hepos de Diane et une Chasse au Sanglier et le petit cabinet de la tourelle. Selon toute apparence ces pièces occupaient l'appartement actuel dit des ministres.
Nous ne savons rien du second appartement. Dans Tantichambre et la chambre du troisième, que nous ne pouvons situer, on voyait deux tapisseries de grotesques par Béhagle; la chambre renfermait également deux dessus de porte par Bertin, qui en avait tiré les sujets des œuvres d'Anacréon. D'autres appartements, qu'il est toujours impossible de localiser, possédaient des dessus de porte d'après FAlbane.
De cet ensemble somptueux, rien n'a survécu, du moins en place ; les peintures décoratives, quand Louis XVI acheta Rambouillet, furent enlevées par le duc de Penthièvre qui les transporta, en 1786, en son château de Ghantelou en Touraine. Leur caractère mythologique les sauva du
fanatisme révolutionnaire : vendues en 1794 comme biens nationaux elles prirent place au « Musée national » qui venait d'être créé à Tours. On les y voit encore. A Rambouillet, malgré les ventes et les déprédations jacobines, on peut reconnaître deux beaux débris du mobilier du comte de Toulouse : riiôpital, créé et doté en ij3i par la comtesse, garde encore deux admirables tables de style Louis XIV. Un emblème y rappelle la qualité de grand-amiral du comte de Toulouse : deux rames barrant un cartouche de fantaisie. A l'hôpital également on voit deux, et peut-être trois, portraits de la comtesse de Toulouse. Dans la jeune femme élancée et coquette, à l'expression spirituelle du premier de ses tableaux, il est difïicile en effet de pressentir la douairière épaissie et grisonnante, à la physionomie grave et empâtée, que nous présentent les deux autres œuvres.
La comtesse de Toulouse. — Lors de son mariage avec le comte de Toulouse, en 1723, malgré ses trente-cinq ans, Marie-Victoire-Sophie de Xoailles avait encore la o'oro-e belle et le visao-e ao^réable. ^'euve depuis 171 2 de Louis de Pardaillan, marquis de Gondrin, petit-fils par son père le duc d'Antin de ^M""® de Montespan, elle épousait en secondes noces le fils naturel de la marquise, c'est-à-dire l'oncle de son premier mari. Restée secrète pendant quelques mois, cette union joue un rôle important dans l'histoire du château de Rambouillet. Elle contribua même, semble-t-il. à ter-
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miner la disgrâce où les fils naturels de Louis XIV étaient tombés sous la Régence.
On sait comment le comte de Toulouse et le duc du Maine, élevés par édit de juillet i;i5 à la dignité de princes du sang^ et déclarés aptes à succéder au besoin à la couronne, virent, dès l'avéne-
l'iiuto Neui
Pkkmiek salo>- des « Appartements d'assemblée » Tapisserie de « la Fille de Jephté ».
ment de Louis XV, casser le testament de leur père, furent chassés du conseil de Régence et de leurs droits à la couronne, et leurs enfants privés du rang princier. En 1721 ils rentrèrent dans une faible partie de leurs privilèges : leur qualité, enfin reconnue, de princes légitimés, leur donna rang au Parlement entre les princes du sang et les ducs et pairs. Retiré cependant à Rambouillet qu'il s'occupa plus activement dès lors d'embellir, le
comte vivait loin de Versailles, loin de la cour, loin du Roi. Il appartenait à !M"'^ de Toulouse de faire cesser cet exil, ou plutôt d'attirer le Roi luimême à Rambouillet.
De caractère à la fois sensible et gai. une vraie Noailles, disait-on, par Fimagination, et aussi, pourrait-on presque dire, une vraie Mortemart pour l'esprit, elle sut apprivoiser et amuser Louis XV. Bientôt il n'y eut plus que M'""" la comtesse de Toulouse pour avoir de Tinfluence sur lui. La charge d'amiral de France, dont le comte s'était démis, lors de sa disgrâce, fut rendue à celui-ci. et le ministre de la Marine, venait travailler chez lui. Le Roi lui-même ne paraissait se plaire qu'à Rambouillet. La compagnie de M"" de Toulouse lui agréait vivement et il trouvait le domaine excellent pour la chasse. Pas de semaine qu'il n'y vînt deux ou trois fois, pas de mois qu'il n'y passât plusieurs jours ; en un année il y séjournait jusqu'à près d'un mois et demi.
Les (( Appartements d'Assemblée ». — Il fallut des (( appartements d'assemblée » pour que le Roi put tenir sa cour. Une construction nouvelle s'imposait. L'aile occidentale, élevée vers 1707, entre l'ancien hôtel et la grosse tour, était fort étroite ; le comte décida de la flanquer à l'extérieur d'un nouveau corps de logis. Il semble actuellement impossible de préciser en quelle année s'élevèrent ces bâtiments neufs. La première vue de Rambouillet gravée sous le comte de Toulouse