‹ Le château de RambouilletChapitre 8 sur 32 · CONSTRUCTION DES AILES LATERALES · texte numérisé non relu

CONSTRUCTION DES AILES LATERALES

5 chàtellenies, ii paroisses, 76 terres, fiefs et seigneuries. 28 à 3o.ooo arpents de bois et de bruyères, rétendue de ce duché était d'environ 5 lieues et demie de lono' sur 5 de laro-e.

Construction des ailes latérales du château. — A peine entré en possession du château, le comte de Toulouse devait s'y trouver rapidement à Tétroit. Deux ans lui sufïirent pour doubler à peu près les corps de logis. En août 1707, quand le Grand-Dauphin, le duc et la duchesse de Bourgogne, la princesse de Conti. Monsieur le Duc et noml^re de courtisans lui vinrent rendre visite, les princes trouvèrent que « les appartements de cette délicieuse demeure étaient superbement meublés. ^OI. les princes et toutes les princesses logèrent dans le corps du château et tous ceux qui les accompagnaient dans l'aile nouvellement construite dont tous les appartements sont landjrissés^ ». Cette aile nouvelle était une de celles qui rattachèrent dès lors le corps du bâtiment principal à la porte fortifiée- et à la grosse tour. Rien n'autorise à préciser laquelle des deux fut terminée la première. La seconde suivit de près.

Sous le comte de Toulouse enfin, nous avons pour nous instruire des beautés de Rambouillet une nouvelle source de documents. Seuls les hommao-es, les inventaires, les états de lieux nous

' Journal de Dangeau.

* Du côté de la porte fortifiée celle aile nouvelle ne fut à vrai dire qu'une doublure d'un bâtiment beaucoup plus ancien.

avaient renseignés jusqu'ici : dorénavant, en même temps que les mémoires, les plans et les gravures vont nous donner des indications plus précises.

En 1708. les deux nouvelles ailes du château étaient terminées; celle du nord-est. aboutissant à la porte fortifiée, assez profonde puisqu'elle venait doubler un corps de logis du xiv^ ou xv'' siècle, comportait deux rangs d'appartements, les uns prenant jour sur la cour, les autres sur le jardin où descendait un double perron ; celle de Touest, joignant la grosse tour, plus étroite, ne renfermait, qu'une enfilade de chambres ouvertes sur la cour d'honneur. Au fond de la cour, la façade très remaniée, présente un avant-corps monumental; au rezde-chaussée, un perron d'une dizaine de marches accède à un péristyle de quatre colonnes toscanes. L'étage principal, appareillé en bossage, est percé de trois fenêtres bien proportionnées ; l'écu de France timbre la fenêtre médiane. Au-dessus, un toit fort élevé est percé de trois lucarnes a à la capucine ». On a proposé le nom de Robert de Cotte comme celui de l'architecte de ces nouveaux bâtiments : c'est Robert de Cotte qui devait transformer pour le comte de Toulouse l'hôtel de la Vrillière à Paris. Depuis lors on a mis en avant un nom qui paraît au moins tout aussi probable, celui de Jean Sarda qui, en mars 170- et novejubre 1708 signe à Tétat civil de Rambouillet : « architecte des bâtiments de Son Altesse Monseioneur le comte de Toulouse ».

Le château, ainsi complété par ses deux nou-

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velles ailes, — les fossés comblés, le pont-levis supprimé et remplacé par une belle grille en hémicycle — , est tel que nous le montrent les gravures et les plans de ijo8 à i-aS environ. Prévenu en laveur de Tinstallation de son fils, Louis XIV, accompagné de ^NP'*' de Maintenon, vint à deux reprises lui rendre visite. Pour ces vovages, le Roi avait voulu réduire sa suite et se faire servir par les officiers du comte. Celui-ci demanda en grâce qu'il n'en fût rien, mais le Roi tint à faire venir ses tables « toujours pour épargner au comte une partie de la dépense, mais elle fut encore fort grande : on ne peut rien ajouter à sa magnificence... Le Roi soupe et dîne avec les princesses et sa table est de seize couverts comme à Marly \ » Le matin il travaille avec le comte ou avec les ministres, soit chez le prince, soit chez M"^ de Maintenon ; Taprès-midi il chasse ; le soir on joue chez M""^' de Maintenon, ou bien il y a musique : le Roi a fait venir quelques-uns de ses meilleurs musiciens qui concertent avec ceux du comte.

Les appartements. — L'ameublement du château, dés cette époque, nous est connu; mais la distribution des appartements est très difïicile à retrouver : les inventaires, si prolixes pour les meubles, ne fournissent sur ce sujet aucun point de repère. En 17 18, du vestibule on accédait à

' Dang-eau.

LES APPARTEMENTS 4l

Tappartement du Roi, qui donnait sur le grand canal et le parterre. La a grande salle boisée » qui est devenue la salle à manger actuelle, était plus vaste encore qu'aujourd'hui car l'ollice du Ibnd n'existait pas : elle s'ouvrait directement sur l'oratoire alors situé dans la tourelle méridionale.

Salle a manger Autrefois appartement du Roi.

Une énorme carte du duché de Rambouillet, le portrait du Roi, celui du comte de Toulouse, ceux du duc et de la duchesse de Bourgogne, du roi et de la reine d'Espagne la décoraient. S'il faut en croire une tradition vivace, rien ne fut changé à la disposition de cette pièce au xviii^ siècle ; la Révolution elle-même l'aurait respectée dans ses grandes lignes, mais il se peut aussi que ce soit Xapoléon qui ait cherché à la

f^O. LE CHATEAU DE RAMBOUILLET

restituer. Quand, en i8oj, l'Anglais Pinkney visita le château, voici comment cette chambre lui apparut :

(( Par respect pour sa mémoire, l'appartement où Louis XH' coucha et tint son lever, est resté dans l'état où il était au départ de ce monarque. C'est une chambre d'environ trente yards de longsur huit de large ; la hauteur est proportionnée ; les fenêtres sont comme celles d'une é^-lise. A l'extrémité est un plancher élevé : c'est là que se trouve le lit royal; il est de velours rouge et d'or avec un dessus de satin blanc, peint d'une façon absolument remarquable. Les couleurs de la peinture et celles du velours ont encore leur éclat; on montre comme draps royaux deux pièces d'étolfe grossière. La courte-pointe de velours rouge est pour ainsi dire brodée d'une passementerie blanche: elle est brodée tout autour d'une laro-e frano-e d'or; elle m'a semblé doublée de satin blanc; elle était marquée à chaque coin d'une couronne et dune fleur de lys. Au-dessus de l'endroit où se termine l'estrade, une baguette dorée s'étend sur toute la longueur du plafond. Quand le Pvoi tenait sa cour à Rambouillet, un simple rideau séparait sa chambre de la salle de lever. De chaque côté du lit sont les portraits de Louis XI\', de Louis XY, de Philippe V d'Espagne et de la reine. Le portrait de Louis XIV, tout particulièrement, attira mon attention. 11 a souvent été mentionné par les historiens comme le plus ressemblant ([ui existât. Si les traits son exacts, Louis était certainement le

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