‹ Le château de Saint-Germain-en-LayeChapitre 9 sur 13 · Léoi) Palustre : La Renaissance en France, t. II, p · texte numérisé non relu

Léoi) Palustre : La Renaissance en France, t. II, p

2. Les voûtes des trois escaliers en vis du château de Saint-Germain ont une analogie complète avec les voûtes rampantes de la maison dite de Tristan THermite à Tours, construite à la fin du xv» ou au commencement du xvi« siècle.

3. Le bâtiment de la salle des fêtes, par ses détails élégants à Tintérieur, n*a rien de commun avec les autres. Il suffit, pour s'en convaincre, de comparer ï*es voûtes avec celles de la salle attenant au donjon (au 2« étage du musée actuel), dont les nervures sont lourdes et rudes d'aspect.

sommiers fmement moulurés et couverts d'excellente sculpture. Les arcs sont traversés par des tirants en fer doublement ancrés, neutralisant comme aux autres voûtes qui supportent des toitures en pierre, la poussée de ces arcs, mais ici soulagés par une aiguille pendante, sans aucune décoration. De même qu au rez-de-chaussée, les nervures diagonales se butent à des caissons oblongs ornés de pendentifs ; les remplissages des voûtes en pénétration sont en briques apparentes et décorées de rosaces en haut relief et de fleurs de lis de dimensions proportionnées. A l'extrémité de la salte, est une cheminée monumentale, adossée au mur du donjon; elle occupe toute la hauteur et complète ce magnifique ensemble. Cette cheminée est en briques planes ou moulurées, accompagnée de consoles en pierre et d'un important motif de décoration où figure la salamandre de François I". La salle de fêtes du château de Saint-Germain, par l'harmonie de ses proportions et la noble simplicité de son ornementation, est une des plus remarquables qu'ait produites l'architecture française.

Si l'on ne peut établir avec preuves à l'appui que Pierre Chambiges * fut, à l'exclusion de tous autres, l'auteur de cette œuvre, une des plus considérables de la première moitié du xvi* siècle, du moins a-t-on la certitude qu'il participa pendant plusieurs années aux travaux, ainsi qu'en font foi les comptes qui nous ont été conservés. Les maîtres d'œuvres, à cette époque de même qu'au moyen âge, traitaient directement avec les fournisseurs de matériaux et les ouvriers. Le 22 septembre 1539, Chambiges se chargeait de couvrir en dalles de pierre les bâtiments du château; ces dalles devaient provenir des carrières de Notre-Dame-des-Champs près Paris et être « les unes de quatre piedz de long, les autres de trois piedz de long, les autres de trois piedz et demy aussi de long et de deux piedz et demy de large, le tout de quatre poulces d'espaisseur ou environ, taillées et portans enfoncemens en manière

1. On sait, grâce à des recherches faites aux archives de Chantilly (Cf. Maçon, les Architectes de Chantilly, SenlïSy 1900), que Pierre Chambiges fut appelé, en 1527 par Anne de Montmorency, k diriger les travaux de son château de Chantilly et qu'il s y employa exclusivement jusqu'en 1530, Les constructions dues à cet architecte eurent un très grand retentissement par les éloges qu'en fit le cardinal Du Bellay. En Tabsence d'un texte précis, on ne peut lui attribuer avec certitude l'architecture si originale des façades extérieures de Saint-Germain qui procède d'un caractère d'art tout différent. Toutefois, comme l'on sait qu'il a été chargé par François I*^ de faire exécuter à Saint-Germain des travaux importants, il est permis de conjecturer que la salle des fêtes, la partie la plus parfaite de l'œuvre, a été élevée sous sa direction, en même temps qu'il faisait construire pour le roi François l^^ le rendez-vous de chasse de la « Muette », dans la forêt de Saint-Germain- en>Laye (Comptes des Bâtiments, t. I«r, p. 222).

de noue, ainsi qu'il appartient; et seront toutes icelles pierres assizes et maçonnées à joinctz couvertz, et porteront toutes Icsdictes pierres deux poulces Tune sur Tautre, comme dicl est, par le devant desdicles couvertures sur lesdicts joinctz, sans qu'il demoure aulcun joinct descouvert, et sera le tout maçonné à chaulx et sable excepté lesdicts joinctz qui seront tous maçonnez et empliz de bon cyment soubs lesdictes couvertures, le tout bien et deuement ainsi qu'il appartient... » ^ Chambiges mourut le 29 juin 1544 et ne put terminer le travail : pour l'achever, on lui substitua dès le 15 juillet de la même année son gendre Guillaume Guillain, maître d'œuvres de la ville de Paris, et Jean Langeois, maçon. Ceux-ci devaient pourvoir à la couverture du château : « ilz étaient tenuz de descouvrir et reprandre les pavez de carreau a potier de présent faictz sur lesdictes voultes desdictz ediffices a mesure qu'ilz feront lesdictes couvertures dudict liaiz, dont ne sera aulcune chose payé par le Roy... pour ce qu'il n'a esté faict selon et ainsi que ledict defTunct Chambigez estoit tenu et obligé faire par ledict marché faict avec luy pour raison desdicts bastimens et ediffices dudict lieu de Sainct Germain en Laye... »'. Cette sorte de pénalité infligée aux successeurs de Chambiges semblerait indiquer que celui-ci n'avait pas tenu l'engagement souscrit par lui de tout « faire et parfaire ». Il est possible qu'il ait éprouvé des difficultés à se procurer en quantité suffisante les dalles de la provenance spécifiée dans son contrat, et que pour éviter des dégradations aux bâtiments il ait provisoirem'^nt protégé les voûtes au moyen d'un carrelage en terre cuite. Quoi qu'il en soit, nous savons que* Guillaume Guillain et Jean Langeois firent exécuter le marché dans les conditions prévues : le fait est constaté par un certificat de réception des travaux dressé sur l'ordre de « maistre Philibert de l'Orme abbé de Giveton et de Saint-Barthélémy, de Noyon et d'Ivry-la-Chaussée, conseiller, aulmosnier et architecte du roy », le 29 janvier 1548 (nouveau slyle)'. Ce certificat ne concerne pas seulement les œuvres de maçonnerie, mais encore la charpente, la serrurerie, la menuiserie et la fontainerie. Il prouve que peu de temps après la mort de François 1", l'ensemble des travaux était achevé

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