‹ Le château de VeloursChapitre 12 sur 27 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Coiuuieut Lacn2ttsi jsaTitU aimer.

Le soleil se cachait déjà derrière les vieux hêtres du parc de Noyai. Le vent se taisait dans le feuillage immobile. A perte de vue, on pouvait suivre les grandes allées désertes.

Le comte Henri de Lacuzan et made-

moiselle de Noyai se promenaient sous la haute voûte de bordure.

C'était la première fois que mademoiselle de Noyai se trouvait seule avec Lacuzan; celui-ci était, ma foi, tout tremblant et ne savait que dire. Ce n'était pas liu don Juan que ce brave et beau soldat; mais don Juan lui-même deviendrait muet comme un collégien s'il pouvait être amoureux une bonne fois en sa vie.

Blanche les avait conduits tous les deux dans une allée du parc, puis elle s'était enfuie, les laissant seuls tous deux.

— Monsieur le comte, dit .^larielle que sa fantaisie faisait vaillante et qui rompit le silence la première, — c'est moi qui ai prié Blanche de vous écrire.

Lacuzau ne répondit pas : — Est-il possible !

I>F, VRLOURS. SO,'^

Si Lacuzan eût répondu : -- Est-il possibleî — ma foi, nous Talxindonneiions à son malheureux sort.

Lacuzan ne répondit rien.

Nous lui en témoignons ici publiquement notre satisfaction.

Car beaucoup de gens d'esprit eussent laissé échapper cette mortelle sottise : Est-il possible !

Et nous vous le déclarons : si nous étions femme et qu'un homme nous répliquât, en pareille occasion, par cette ânerie : Est-il possible! nous irions incontinent chercher une dague andalouse, dans n'importe quel roman, et nous lui passerions le roman avec la dague au travers du corps.

Pour l'exemple.

J'ai prié Blanche de voys écrire, pour-

suivit Marielle, — parce que j'avais un service à vous demander.

Croyez bien que si mademoiselle de Noyai pouvait prononcer cette phrase sans balbutier ni trop rougir, c'est que Lacuzan s'était abstenu de l'impertinent : Est-il possible!

Lacuzan s'inclina.

— Mademoiselle de Noyai ne doute pas que je sois tout à son service, répliquat-il sans empressement mal avisé.

Marielle trouva que M. de Lacuzan étai/* un parfait gentilhomme.

Les femmes comme il faut ressemblent à M. de Talleyrand. Elles n'aiment pas le zèle.

Si vous voulez bien ordonner... dît encore Lacuzan.

Marielle hésita.

Ce n'était pas la faute de Lacuzan..

- AioDsieur le comte, reprit-elle enfin, je n'essaie pas d'excuser auprès de vous ma démarche... je monte bien à cheval... j'ai confiance en vous... Il faut que vous m'accompagniez à Rennes cette nuit.

Lacuzan ne broncha pas.

Marielle l'eût embrassé en ce moment pour ce calme généreux et remarquablement spirituel.

Lacuzan répondit ;

-Je vous accompagnerai, mademoiselle.

— Vous ferez plus... reprit encore Marielle; vous me conduirez auprès d'un de ces malades ..

-Quels malades?... demanda lecomto.

- Vous savez de quoi je veux parler, i'é{)li([iiu la jeune fille.

r>0«S LK CHATEAU

Cette fois, Lacuzan changea de visage.

— Le Mal d'Enfer est contagieux, objecta-t-il.

Marielle fronça le sourcil.

— Vous bravez cette contagion tous les jours, dit-elle.

— Moi... jîîurmura Lacuzan, dont la voix prit malgré Ini une inflexion de tendresse ; mais vous...

Marielle fut vaguement émue.

— Merci, dit-eile, sans savoir qu'elle parlait.

Lacuzan hésitait encore.

— Vous vous intéressez à quelqu'un de ces malheureux?... prononça-t-il timidement.

— Non, répliqua Marielle.

— Alors , pourquoi ?...

Marielle détourna la tête.

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— ' Je vous supplie de rélléchir... voulut insister le comte Henri.

-Mais Marielle redressa sa taille onciianteresse et dit :

— Monsieur de Lacuzan... je le veux!

Lacuzan la couvrit d'un regard où il y

avait tant de mélancolie et tant d'amour que Marielle baissa les yeux de nouveau.

— Vous êtes reine, mademoiselle, murmura-t-il — autour de vous il n'y a qu'adorations empressées... Personne ne vous a jamais désobéi... Mais, à part même le danger qu'il vous plaît de courir, savezvous quelle impression douloureuse vous voulez affronter, quelle horreur inconnue?...

Marielle lit un geste d'impatience.

Lacuzan lui prit la main pour implorer encore peut-être; Marielle ne la retira

TîlO LK ch4ti:au

pas, mais elle répéta d'un accent froid et impérieux :

— Je le veux !

Lacuzan s'inclina jusque sur sa main , qu'il effleura de ses lèvres.

— Que votre volonté soit faite, mademoiselle, dit-il — je ne sais pas aimer autrement qu'en esclave.

Marielle tressaillit. C'était la première fois que le comte Henri lui avouait formellement son amour. — Des pas retentirent sur le sable des allées; on entendait des voix lointaines qui babillaient joyeusement.

Marielle répondit à l'aveu de Lacuzan par le plus beau de ses sourires.

Puis elle disparut au détour d'une allée en lui jetant ces mots :

— Ce soir, à dix heures, ici!

I>Si VKLOÏRS. T>\\

Toule celle soirée, Lacuzan fut triste et coimne absorbé.

Blanche, elle-même, ne put tirer de lui une parole.

Marielle, au contraire, montra unegaîté tout à fait inusitée. Elle riait à tout propos, et souvent même sans qu'il y eût le moindre prétexte à rire.

Badabrux, qui s'y connaissait, prétendit que ce jour-là elle avait le rire tragique. Un vilain riie.

Voulant voir jusqu'où pouvait aller sa préoccupation, ce Badabrux curieux se gHssa derrière, et lui récita deux cents vers de La Henriade, sans qu'elle donnât le moindre signe de souffrance.

— D'où me vient aujourd'hui ce noir pressentiment? — se dit Badabrux — l'in-

sensibilité de celte jeune lille nest pas naturelle!...

Les vicomtesses dévoraient Marielle du regard. Elles ilairaient je ne sais quelle Lonne odeur de catastrophe.

A neuf heures, Marielle quitta le salon sous prétexte de niigraine.

A dix heures, Lacuzan l'attendait avec deux chevaux dans l'ailée du parc.

A travers les arbres, il pouvait voir 'encore quelques lumières aux i'enélres du château.

Une de ces lumières s'éteignit; un pas léger se lit entendre sur le gazon déjà humide.

Lacuzan mit un genou en terre. — Marielle posa son pied mignon sur l'autre genou, et sauta en selle.

Les deux chevaux partirent au galop, à

DE VELOURS. olT»

l'iuslaiit même où Badabrux, célibataire, resté seul au salon, se récitait à lui-même, devant une glace, le dystique mémorable :

rraiiçai5, Anglais, Lorrains que la fureur assemble! Avançaient, combattaient, frappaient. Mouraient ensemble!

C'était une de ces belles nuits deté, plus belles que les jours, a dit le poète.

Un poète inconim à tous les chevaliers de Badabrux. •

La lune voguait au ciel, dans une gloire de nuages argentés. Sa lumière douce éclairait vaguement le paysage, et donnait d'étranges formes aux objets.

La brise faisait onduler à peine les moissons vertes encore.

Et le long des prés humides, l'œil pou-

Li: CHAT! AU

vait suivre le cours de Ja Vilaine, marqué par un ruban léger de brume blanche.

Le galop des deux chevaux sonnait régulièrement sur les cailloux de la route déserte.

Lacuzan et Marielle n'avaient pas encore échangé une parole.

La silhouette massive des tours Saint- Pierre se dessina en noir sur le ciel bleu. Ils arrivaient à la montée de la rue Hue.

Onze heures de nuit sonnaient au GroSy comme les bonnes gens appellent la grosse horloge de Rennes. Un silence effrayant régnait par la ville.

Les vibrations de l'énorme cloche tremblèrent une minute dans les ténèbres, puis l'atmosphère se tut.

Lacuzan et Marielle étaient aux portes Saint-Georges. 11 n'y avait point de gar-

DE VKLOUUS, 51 ri

des. — Les réverbères qui brillaient d'habitude à de longs intervalles dans les principales rues étaient éteints.

Nulle lueur aux croisées revêtues de leurs contrevents épais.

C'était comme une cité morte.

Lacuzan et Marielle passèrent, au trot de leurs chevaux, sous le mur du jardin de Noyai, montèrent la rampe de la Motte, et descendirent au Champ-Jacquet par la douve de la Visitation. Le Champ-Jacquet était alors, commeaujourd'hui, une grande rue tournante située à peu près au centre de la ville.

Il y avait un feu allumé à la place où se dresse maintenant la fontaine.

Une demi -douzaine d'hommes étaient rangés autour du feu, qui plaquait leurs faces hâves de rpugeâlres reflets.

r)l(> LE CHATIA AU

Ce n'était pas pour se chauffer qu^ils faisaient ainsi du feu en plein mois de juillet; c'était pour cuire leur souper : des sardines pressées et des tranches de lard.

Ils causaient assez gaîment, tandis que leur repas grillait sur les charbons , emplissant l'air d'une fumée épaisse et salée.

Des pichets de cidre étaient par terre à côté d'eux.

El plus loin, dans l'ombre, on voyait deux grands tombereaux attelés.

Marielle n'aurait point su dire ce qu'étaient ces hommes à mine sauvage, qui préparaient leur grossier festin sur la place publique, à cette heure de deuil — mais, pour la première fois depuis qu'elle avait quitté le château de son père, elle trembla.

l>acuzan mit pied à terre devant une

DE VEI.OPRS. 517

pauvre porte cintrée et double, dans le sens de la hauteur, comme les portes des fermes bretonnes.

Il frappa. Nulle voix ne répondit à l'intérieur.

— Holà! cria-t-il, Jossette du Four, ma bonne femme! c'est moi!

Les six sauvages, rangés autour du feu, se prirent à rire.

— Elle est ici, Jossette du Four, dit l'un d'eux.

Et il montrait l'un des grands tombereaux qui sortaient à demi de l'ombre.

Lacuzan était si connu à Hennés que l'idée ne put lui venir qu'on voulût se jouer de lui.

Il prit la bride du cheval de Marielle, et s'avança vers le feu.

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Il n'avait pas compris le geste du mangeur de sardines.

Où donc est-elle, Jossette du Four? demanda-t-il.

Les éclats de rire redoublèrent.

— Est-ce qu'elle est guérie? demanda encore Lacuzan.

— Oui, oui... répondirent les sauvages en chœur — Jossette du Four est guérie.

— Et bien guérie! ajouta l'un d'eux en saisissant dans le feu un tison enflammé.

Il se mit sur ses pieds, et s'élança vers les tombereaux en brandissant sa torche.

Tant qu'il marcha, le vent coucha la flamme; on ne vit rien. .

Quand il s'ari-éta, la flamme se redressa. Marieîle poussa un cri d'huireui*.

Les deux tombereaux é(ai<'nt pleins à

or VELOURS. ^>1-)

regorger. C'était la funèbre moisson de la soire'e.

. Et les sauvages banqueteurs du Champ- Jacquet avaient pour métier d'emplir chaque nuit ces deux charrettes.

— Tenez, s'écria l'homme à la torche en montrant une tête qui pendait hors du tombereau — voici Jossette du Four, la bonne femme!

Marielle s'était enfuie, épouvantée.

Quand Lacuzan l'atteignit, il lui dit : ' — Pvetdurnons au château.

— Non, répondit Marielle, j'ai eu peur trop tôt... jen'ai pas regardé. .. je veux voir ! I.acuzan eut froid jusqu'au fond du cœur. Il pensa que Marielle était folle.

Près des portes Mordelaises et vis-ù-vis

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des tours Saint-Pierre, une pauvre maison s'élevait.

Hier, dit-il , le père , la mère et l'enfant sont tombés malades sous ce toit.

— Entrons, prononça Marielle, dont la voix était brève comme la voix des fiévreux.

La porte élait grande ouverte, la fenêtre aussi ; un silence profond régnait à l'intérieur.

Ils entrèrent.

Us trouvèrent trois pauvres lits vides.

Le père, la mère, l'enfant avaient déjà disparu dans le trou commun.

Marielle posa ses deux mains sur son

cœur qui défaillait.

Mais elle dit encore :

— - Je veux voir!

Lacuzan lui fit traverser de nouveau toute la ville.

Us redescendirent la rampe de la Motte, et; tournant l'enclos de l'hôtel de Noyai, ils s'engagèrent dans le petit chemin qui montait au tertre sablonneux où ^ïalbrouk avait choisi sa demeure.

Dès les premiers pas, ils purent voir qu'on avait fait des brèches au mur du jardin. — Les voleurs profitent toujours des temps de calamilé.

On apercevait une lueur à travers la serpillère qui couvrait les vitres du danseur de corde.

Depuisun mois entier, cet homme luttait contre le Mal d'Enfer, et le Mal d'Enfer ne pouvait pas le tuer.

Lacuzan dit :

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— Restez... je vais entrer... je viendrai vous chercher.

Il passa la porte et franchit le seuil.

Malbrouk était couché sur la paille. 11 avait un masque de drap noir sur le visage. Son souffle pénible gémissait et sifflait.

La Chaumel, à genoux, priait dans un coin.

Elle était si maigre et si pâle qu'on l'eût prise pour un spectre.

Malbrouk reconnut Lacuzan.

Ah! ah! s'écria-t-il; je savais bien qu'il viendrait me voir, celui-là ! M'approcherez-vous, monseigneur, et me donnerezvous la main comme aux autres?

Lacuzan s'approcha, et lui tendit lojs mains.

Malbrouk saisit cette main entre ses

T>K VRLOrRS. 525

<loigls ardents. — Il la serra comme s*il eût voulu la broyer.

Puis il se retourna sur sa paille en murmurant :

— Sorcier!

— Ne restez pas ! ne restez pas ici ! cli* sait la pauvre Chaumel.

Savez-vous? reprit Malbrouk — les voleurs ont brisé les portes de l'hôtel; ils ont tout pris... Je les ai appelés pour partager..; ils sont venus... ils m'ont pris vos pièces d'or et les mille livres de l'autre gentilhomme, et tous les gros sous des manants.

Lacuzaii lui jeta sa bourse.

— Sorcier! grommela Malbrouk, ça ne te coûte rien, les pièces d'or!

r>âi LK CHATRAT

Lacuzaii retourna vers la porte et appela Marielle.

Marielle entra, voilée.

•— Oh ! oh ! cria le danseur de corde, — elle est donc ta femme puisqu'elle court avec foi, la nuit?

— Ne restez pas! ne restez pas !... répétait la Chaumel.

Marielle avait mis sa main sur le bras de Lacuzan.

C'est à peine si elle pouvait se soutenir.

Pourtant, elle murmura :

— Qu'il ôte son masque !

Elle dit cela ! —- Malbrouk l'entendil.

11 ota son masque avec un empressement plein de haine.

Dli VELOIKS. 5ii0

Cet homme, Marielle l'avail admiré naguère; elle l'avait trouvé beau.

Ce qu'il y avait sous Je masque, pourquoi le dire? Tout le corps de Marielle frémit violemment.

Elle balbutia :

— HorribI*'!... Iinrribieî...

Puis elle ajouta :

— Oh! j'en mourrais!... Je sens que j'en mourrais!

Laeuzaii iienlque le temps de la recevoir dans ses bi'as.

11 l'emporta au dehors.

Malbrouk s'était levé sur son séant. Il criait :

— Qu''^l)e soit maudite puisqu'elle est

7)l{i LE CMATKAU

sa femme' Je suis horrible, a-t-elle dit; qu'elle soit horrible comme moi ! .. Ah ! je l'ai bien reconnue, c'est la belle, c'est la noble, c'est la riche ! ..

L'écume jaillissait de sa bouche- Il se laissa retomber sur sa paille en disant :

— Si Dieu ne lui donne pas le Mal d'Enfer, moi, je le lui donnerai !

A la veillée du lendemain soir, au château de Noyai, Marielle était plus blanche qu'une statue d'albâtre.

La nuit précédente, Lacuzan et elle étaient revenus au château sans échanger une parole, comme ils étaient partis.

Seulement, Lacuzan avait entendu trois ou quatre fois Marielle qui murmurait, sans savoir :

1)K YIÎLOL'US. ,>'i/

— J'en mourrais... j'en mourrais!

En arrivant au château, elle iui avait dit : merci.

Et ils s'étaient séparés. Personne n'avait deviné leur absence.

Lacuzan assistait à la veillée.

C'était u!)e conversation singulière, assurément, que celle qui se tenait ce soir-là dans le grand salon du château de Noyai.

On parlait du Mal d'Enfer, — comme toujours.

Et Marielle avait dit :

— Si l'un de vous, messieurs, aimait une femme, comme vous savez dire que vous aimez... et si cette femme, frappée du Mal d'Enfer, perdait sa beauté... toute

Trl^ LE eu AIE AL?

sa beauté... pis que cela... si elle devenait hideuse autant qu'elle était belle... qu'îirriverait-il de votre amour?

Croyez bien que ces messieurs ne furent pas en peine de répondre des fadeurs. •

Le thème généralement adopté fut celui-ci :

La belle Marielle de Noyai, ne pouvant jamais devenir laide, il était inutile de résoudre ce problème impossible.

Lacuzan seul répondit ad rem.

— Si la femme que j'aime comme jamais je n'ai su le lui dire, prononçat-il de sa voix grave et sonore, -— conmie jamais je ne pourrai l'exprimer, perdait sa juerveilleuse beauté, je m'agenouille-

PE VELOUHS. ,Viî)

rais devant elle et je lui dirais eneore : Je Taiine!

Marielle essaya de sourire.

— Je t'aime, poursuivit Lacuzan qui mit la main sur son cœur; — je t'aime cent fois plus, mille fois plus en ce moment qu'au jour où lu étais la plus belle.

Blanche baMit des mains avec enlhou siasme.

— Écoutez cela, Albert, s'écria-t-el!e : Oh ! c'est le plus noble, c'est le meilleur!..,

Line larme était aux paupières de Marielle.

Si elle ne voulait pas vous croire ?... murmura-t-elle avec émotion.

Lacuzan n'hésita pas.

— Si elle m'aimait, dit-il d'une voix

^,>0 LK (:JiAT!-;Ar

ierme et qu'elle ne voulût pas me croire... je la tuerais, — car elle ne pourrait plus êlre heureuse.

Un long silence suivit ces étranges paroles.

Une teinte rosée avait monté aux joues pâles de Marielle, qui se rapprocha de Lacuzan.

— Monsieur le comte, demanda-t-elle, avez-vous parlé sérieusement?

— J'ai parlé sérieusement, madem oiselle.

— Sur votre honneur?

— Sur mon honneur !

Les beaux yeux de Marielle brillèrent.

Elle tendit la main à Lacuzan devant tout le monde, pour la première fois.

Dt VELOUKS. 551

M. le chevalier d'Avaugour quitta le château le leiulemaiii malin.

Un mois après, mademoiselle de Noyai s'appelait madame la comtesse du Grail de Lacuzan.

FIN DE LA PRlîMIÈUlî PARTIlî.

TABLK

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