LE MARQUIS, MONTALAIS
LB MARQUIS
Montalais, je le cherchais...
MOIVrALAiS.
Moi, monsieur le marquis, j’allais vous chercher.
LB MARQUIS
Il faut que Léon reprenne la place qu'il n’aurait jamais dû quitter. Depuis trop long-temps je déplore la malhenreuse faiblesse qui m'a fait adopter un projet aussi coupable.
MO.VTALAlS.
C'est très-bien... jesuis fort partisan des grands et nobles scnlimens quand ils iteuveiu s arranger avec notre intérêt. U s agit maintenant de décider par quel moyen nous nous débarrasserons d'Adrien, être qu il nous teste à faire pour mettre le principal acteur de la conspiration hors d'étal de comuieltre la plu» légère iudiscréliuu.
LB MARQUIS
J'ai pensé à tout. Adrien o’esl-ü pas parti pour
la chftiie T
MAGASLN THEATKAL.
MONTALAIft.
Ouî| moniteur le marquli : U a même annoncé qu'à la chute du jour il rentrerait au château par cette porte qui ouvre sur la forêU
LB MARQUIS
Yollâ qui servira merveilleusement mon pro-
jeu..
MOüTALAlS, étonné.
Vous avea un projet» monsieur le marquis?
LB MARQUIS
Oui» et dont rexécution est facile» car j'ai pris toutes mes mesures.
MONTALAIS
En vous entendant parler» je marche de sur* prise en surprise.
LE MARQUIS
Tu attendras ici le retour d'Adrien, et tu lui feras servir quelques rafralrhissemens. Puis, en continuant de l'enlreienir dans ses rêves de grandeur, d'amour et de fortune, tu lui feras prendre une nouvelle dose du breuvage narcotique dont tu as déjà si bien fait usage à la place Royale.
MORTALAIS.
Très-bien ; mais après?
LB MARQUIS
Après, sous le prétexte de ce voyage à Reau* vais que tu as annoncé il y a plusieurs jours, tu feras venir ton cabriolet la, derrière celle porte. La nuit sera arrivée; Adrien, plongé dans un profond sommeil, sera porlépartoidanscelle voiture et entraîné loin de ce château.
HONTALAIS.
Et quel sera le terme de mon voyage?
LB MARQUIS
Bicètre.
MORTALAia, étonné.
Bicètre?
LB MARQUIS, tirant un papier de sa poche,
A la vue de celte lettre de cachet, on le recevra comme un jeune homme atteiot de folie, se croyant noble et riche, et prononçant parfoii le nom du duc de Verneuil.
MOBTALAtS.
Monsieur le marquis, je m'humilie. Cette lettre de cachet est un trait de génie que je rougla de n'avoir pas trouvé. Rien de mieux imaginé, de plus simple, et je vous réponds du succès.
L1 MARQUIS
Tu n'as pas de temps à perdre. II faut commander ta voiture et faire apporter ici des rafratebissemens.
MOBTALAIS.
Et c’cit ici qu’il s’endormira pour ne se réveiller que dans un cabanon de Bicètre. Cela me fait de la peine, je ne le cache pas; je me sens porté d'iuclination pour lui II y a de l'élofTe chez ce gaillard'là... nous en aurions fait quelque chose.
LB MARQUIS
Je ne veux pas que ce malheureux trouve la mort à Bicètre. Plus lard, je le ferai passer aux colonies, où je lui assurerai une honnête exis-
tence, faible dédommagement des maux qu’il aura soufferts.
MONTALAIS
Bien, monsieur le marquis ; j'agirai avec plus de force et de courage. Mais Adrien ne peut larder à rentrer. Je vois exécuter vos ordres, et serai ici avant que le bruit des cors ne nous ait annoncé le retour de la chasse.
LE MARQltS.
Moi, je rentre pour écrire une lettre de remerciemens à M. le lieutenant de police.
HOKTALAIS.
Vous ne pouvez moins pour le service signalé qu’il nous rend.
Il» aurtrnt jiar qui long? 1? pavillon ;
et I.ouisi*, qui guettait Icurdpparl, arsivr par uncallce
« côté.