SCENE II
Lis UtMES, MO^TALUS,
■ ORTALAIS',
Que faites-vous ici, Joseph? et quel est ce papier ?
Il irrjclie le papier des tnaiot de Ix>uise.
JOSKPR, balbutiant.
Ce papier?... ce papier... niorisieur Mantalals?
MOMTALAI.S.
Répondrez-vous?... Eh bien?
JOSEPH
Eh bien! je l'ai trouvé.
MO.VTALAIS.
Trouvé ?... où?
* Jotepli, MonuUis,
jos«pn.
U-baa... SOUS celte feodire.
Il iudi«jtie uo« «Us avenues V gauclie.
M05TALAIS.
Bous celte feuèlre? ( A port^ après avoir jeté un coup d’a,il sur l'écrit. } L’écriture du duc l ( Bout. ) Avez-vous lu ce pa|>ier f
LOmSE.
Oh I non, monsieur Montalais; Joseph et moi, nous ne sommes pas plus savans l'uu que l'autre.
MONTALAIS
C'est bien... Au surfdus, cet écrit n'a aucune espèce d'importance. Mais laissons cela. ( Tirant une clef de sa poche et la donmnt a Joseph ) Tenez, Joseph, ouvrez U petite porte qui donne sur la forêt. Votre jeune maître, en* tiéreinenl rétabli de U cruelle maladie qui faillit le conduire au tombeau, est parti ce matin pour la chasse. Il rentrera par celte porte pour se rendre au ch<Heau.
JOSBPa, prenant ta clef et ut bougeant pas de place.
Ce cher monsieur Léon, il peut se vanter de l’avoir échappé belle. Il y a a peine quinze jours qu’un moment on l’a cru mort, et voilà qu'il n y parait déjà plus... L’est qu'il n est pas du tout
changé.
LOUISE, à part.
111 ’esl furieusement pour moi, toujours... Mais, puisqu’il doit passer par ici, je ne inéioigiierai pas. Je veui absoiunuMit avoir une eiplication avec lui.
uorcrAt.Ais.
Mais allez donc, Joseph !
JOSKPU.
Oui, monsieur Montalais... ( Il va ouvrir la petite porte du fond, puis il en remet la clef à Momatais, et dit bas à Louise.) Motus sur ce que je vous ai raconté. Vous savez qu'au château on n’aime pas les curieux, et encore moins les bavârds.
LnciSE, d part.
Ce pauvre Joseph... c'est peut-être à cause de ça qu'il a tant d'ennemis.
Ils «orifot.
SCKNE TU.
MONTALAIS, seul.
11 faut convenir que j'ai montré bien peu de prévoyanco en Uissanl ou jeune duc la facilité d'écrire... Lisons : « <^ui que vous soyez, il y a » dans ce château un jeune prisonnier qui ré* 0 clame votre secours. Envuyez-lui, par la même 0 voie dont il se sert pour vous faire parvenir 0 cette lettre, de quoi briser les barreaux de sa 0 croisée, et comptez à tout jamais sur sa recon- 0 naissance. O Diable, monseigneur! c'est ainsi que vous charmez les ennuis de votre captivité! ToiU un passe-temps qui aurait furieusement dérangé nos projets si cet écrit fiM tombé eo dau«
très mains que celles de Joseph et de Louise! Notre position devient de pTus en plus embarrassante. Nous ne pouvons rester plus longtemps avec deux ducs sur les bras. Quelle bizarrerie du hasard! .\utre pupille se meurt, ou plutôt il est mort. J'aiiiêue un remplaçant dont les traits et le son de voix sont identiques avec ceux du défunt, et qui, grâce au roman que je lui ai I débité, jouera son rôle avec une conviction et un esprit admirables. Au moment de l'échange, le dui'.^qu'un croyait mort, pousse un soupir... Que fallait-il faire? ce que j'ai fait, ce que je ferais j encore si c'était a recuminencer. Le duc, me suis je dit, respire encore, il est vrai, ina 5 ii'esi-U pas dans un étal désespéré? Ce retour inattendu a la vie ii’esl-il pas le dernier elTurt de la nature ? Tout calculé, je transporte le moribond dans 1.1 chambre .srcréte et le fais remplacer par mon duc de la place Royale. Muis voilaque, malgré I ab.sence de la faculté, ou peut-être même à cause de son absence, le mourant est ressuscité tout-a-rail,.. S'ennuyant des sornettes que je lui débite depuis quinze jours pour colorer sa réclusion. il médite un projet de fuite. Pendant ce temps, .«on .successeur, identdié avec son rôle, et se croyant recllcnienl duc de Verneuil , a trompé tous les yeux; il tranche du grand seigneur avec un laissé aller digne des plus grands éloges, et s'irrite de ce que son tuteur n'a pas encore conclu son rnaiiago avec inadeinoisellc d\)rbessun. Il nous faut cependant prendre un parti, t'n des deux ducs doit être sacrilié, et il est naturel que ce soit le dernier venu. C est doimuage : il va bien .. il m'aurait fait honneur.