‹ Le chateau de Verneuil drame en cinq actes (volume 2)Chapitre 40 sur 86 · SCENE VU I · texte numérisé non relu

SCENE VU I

DELMATV, VKKDIER, entrant par l'ar-

cade ; elle est pàle^ di^faitn et se xoiiUcnt à peine,

M"*'^ VKRDIKIt.

Mon Dieu! suis-je enfin arrivée au terme de mon voyage? qui pourra me dire? {Apercevant Dtlmar.) Ahl... {Allnnt vers lui.) Monsieur, pardon... auriez-vous la bonté de m'indiquer de quel côté je dois diriger mes pas pour voir les malheureux que l'on expose au tdiâteieiT

DBLtfAR, frappé de son état de souffrance.

L:^>bas, madame, sous ce guichet. .M.iis qu'avez-vous? vous vous soutenez a peine. Tous vos

traits expriment la douleur et U souffrance

Craindriez-vous de trouver ici la certitude d’un tffreuB malheur?

M»» TERPIFR.

Hélas! il n'est que trop vrai! Voilà plus de trois ans que mon fil.v m’a quittée pour se fixer à Paris. Je recevais assez régulicrcnienl de ses nouvelles ; mais depuis plusieurs mois elles ont cessé toiil-a-coup.. . Jusiemenl aiarmee, j’ai fait, de» puis sa d erntère lettre, des recherches qui toute# ont été sans succès.

DELMAR

N’avez-vous pas d'autre motif de crainte?

Ifme ybRUIBH.

Il y a quelques jours, j'ai lu dans les gazettes le.s déiaiis d'un horrible assassinat commis au Bourget sur un jeune homme dont le signalement se rap|iorle à relui de mon bis Adrien. L'àge est aus>i le même, dix-sept ans. Jugez alors, monsieur, de ce que j'ai dû ro.s^cllt^^ a cette lecture. Partagée entre la crainte et l’espérance, et ne pouvant rester plus long-temps dans cetic cruelle incertitude, j'ai quitté Veiidùmc. et je suis venue à Paris, pour m'assurer si je n étais pas la plus malheureuse des femmes!

DKLMAR.

Calmez-vous, madame, et espérez encore. Votre fils, dites-vous, était depuis trois ans a Paris. Dans cet espace de temps il a dû se faire des amis, former quelque liaison intime... Eh bien I l'infortuné qui est gisant dans celle triste enceinte ii'a encore été reconnu par personne, quoique la foule se porte ici tous les jours et que le.s gazettes aient donné la plus grande publicité a cet affreux événement. Il paraît donc certaiu que la viriime n'habitait nas la rspiiale lorsqu'elle a été fr8|»pée par une ni.vin homicide; car si c’était votre fils, nul doute que le voile épais qui couvre ce forfait n’eûi été déjà déchiré.

VBRniKU.

Ah! monsieur, puissiez • vous dire vrai!,., vos paroles font nalire en mon àme uu espoir auquel je n’o.*ais plus m’abandonner!

1>BLMAH.

Venez donc, madame, acquérir la preuve de ce que j’avance, et permeUez que je vous accompagne ; dans un pareil moment je ne veux ni ne dois vous quitter.

VERDIER

Que de gr.lces n‘ai-je pas a vous rendre, monsieur!... Mais attendons quelque* in siens encore... Près de franchir ie seuil de cette enceinte, une terreur nouvelle s'empare de mon àme... Ahl monsieur... si mon espoir devait être déçu... si dons ce malheureux j’allais ifcoiinalire...

DEI.MAR

Allons, madame, du rolme, du courage.. Singez que le public n'cvl admis chaque jour dans celle enceinte que pendant un laps de temps assez court. Tel est le réglement qui régit le Châtelet, et que nul ne pourrait enfreindre sans l'ordre exprès de M. le iieulenanl de police. Eh bien! riieure » laquelle celte grille doit être fermée va sonner bientôt; et si vous ne vous béiez, vous serez forcée d'attendre à demain.

MAGASIN THEATRAL

une tERDIIR.

Drmain! demain, diiea-vou»?... Oh î quel que soit le sort que le ciel me réjerve, je veui le contiallre aujmird hui... Veneï, monsieur, venei... conduisei-moi !

Coacluilc par Drlmar. M“" Verdier entre par la grille daiii l'eiireinle du Cl.ilelel ; pui» ilt disparaieaent loua leideni. Un iniUul aprea le Marq.iii arrive par la petife purle.

irCENE Mil.

LE MARQUIS , aeul. dam une extrtme agilalion.

C’est lui)... oui, c'eal bien Léon, mon pupille, ch-ssié par moi du château de ses pères, que je Tiens de voir là, frappé de plusieura coups de poignard!. . Je n'ai pu le méconnaître, car j’ai frémi en l’envisageant; car il semblait m'accuser et demander vengeance... lirand Dieu! comment ai-je pu résister à cet alTreug spectacle? Comment l'horreur dont j'ai été saisi ne m'a-t-elle pas trahi aus jeui de tous? Mais quel est le monstre qui a eu le courage d’arracher la vie à ce jeune I homme?... Quil...si ce ii’estl'infâme Montalais! Ohl mes pressentimens ne me trompaient pas!

lorsqu'il y a quinxe jours la lecture de son dernier billet m’apprit qu’à la place de ce jeune , étranger il emmenait Léon, mon pupille... J ai deviné quelque horrible catastrophe .. je ne sais quelle vois secrète m'a crié que cet homme allait

me perdre O mon Dieu! que faire?... que

devenir?... où cacher mon trouble?... Dieux! le conseiller I

S(ÎENE IX.

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