‹ Le chateau de Verneuil drame en cinq actes (volume 2)Chapitre 63 sur 86 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

LÉON. seul.

Je dois rompre ce coupable silence; oui. j'a< vouerai toulau conseiller. Lucie sera perdue pour moi, mais j'aurai fait mon devoir. On m’a indignement trompé. J'ai été sans le savoir l’instruraenl d'une coupable intrigue. Je ne dois pas plus long temps porter un nom qui ne m'appartient point. Ah ! je ne regretterai ni titres ni richesses ; mais Lucie... Lucie... Allons, point de faiblesse; obéissons à l'honneur... Mais grand Dieu! Corn* ment paraître devant le conseiller? Comment oser lui dire: Je ne suis qu’un misérable que l’amour a égaré. Hélas! Me croira*t*i(? H faudra donc rougir devant le père de Lucie! Non, non, je n'aurai jamais ce courage... Écrivons-Iui ; et fuyons ensuite de ce château, où je ne suis entré que pour connaître l’opprobre et le désespoir.

Il IC plicc au lâircau.

Sf:ENE V

LÉON , écrivant, MONTAI. AIS, parait d la porte secréte des appartemeus.

MORTALAIS , suns être vu de Léon.

Joseph ne m'a pas trompé... le voilai... lui seul à présent peut me perdre ou me sauver.

[S'approchant de Léon. ) Que faites-vous donc là. monsieur le duc?

LKOR.

J’écris au conseiller, et je quitte le château.

■ ORTALAIS.

Pourquoi écrire au conseiller et quitter le chàteau?

l.iON.

Pour révéler à M. d'Orbe<isoo ce qui s'eit passé entre nous et aller loin d’ici cacher ma honte et mon malheur.

M05TALAI9.

Vous n'écrirez pas à M. d'Orbessoo, et vous resterez ici.

LÉOR.

Qui pourrait m’y contraindre?

IfORTALAlS.

Moi... Et d'abord voici pour la lettre.

Il la preod et la derbtre.

LéOR.

Que faUes-TOUS, misérable !

MORTALAIS.

Vous m'appelez misérable?

LéOR.

N’est-ce pat toi qui m'as perdu? N'est-ce pas toi qui m’as amené ici, et qui, à l'aide de mensonges ingénieur, d'espérances si douces pour un cœur épris d'amour, m’as précipité dans l'ablme?

MAOASLN THKATUAI,.

MONTAtAI*. '

Et dans quel abîme éies-vous donc tombé?

LÉOK.

Le médecin Delmar ne m’a-t-il pai signalé comme n’étant pas le duc de Verneuil t

MORTALAU.

Mais ce savant docteur, qui condamne les gens qui reviennent à la vie; ce docteur qui ne sdit , rien que par des on dit ; qui n'a d'autre preuve . que la déposition d’une*femme qui redemande ' son fîis et qui ne peut le reconnaître. ( Vous en* | tendez! une mère qui ne peut reconnaître son | fils ! ) Croyez'vous donc impossible de prouver que ce docteur est tombé dans une erreur gros* siére?

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