‹ Le chateau de Verneuil drame en cinq actesChapitre 3 sur 76 · SCENE · texte numérisé non relu

SCENE

LE MARQUIS, seul.

Oui, la vie ou la mort. Si Léon succombe, je < suis perdu, déshonoré comme tuteur infidèle.

Cinq cent mille livres que j’ai englouties au jeu sur la fortune de mon pupille... et que dirai-je lorsqu'il faudra rendre mes comptes? et à qui, grand Dieu? au conseiller d’Orbesson, dont la tille est appelée par le testament du feu duc à recueillir la succession de son cousin. Un conseiller au grand Châtelet! il sera inexorable. D’ici | a la majorité de Léon je pouvais hériter de mon oncle, et alors il m’était facile de tout réparer. Mais s’il expire, aucune espérance de salut. ( Moment de silence .) Et Montalais qui m’a quitté en me disant qu’il se rendait à Paris et qu’il revien- | irait pour me sauver Me sauver! et comment?

il n’a pas voulu s’expliquer davantage. J’ajoute peu de croyance à ce qu’il m’a dit, et pourtant je ne puis me défendre d’une secréte espérance. Montalais a partagé mes erreurs, mes dissipations ; il a du zèle, de l’adresse.. . Mais trois jours se sont écoulés depuisson départ, et aucune nou* j velle de lui... M’aurait-il abandonné?

Page 1