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^ Chalcographie, n»* 2787 et 2788.
' L'un à Glagny, l'autre à Glatigny [Comptes des Bâtiments).
*■ Dargenville nous apprend que Bonnard avait peint à la ménagerie de Glagny uno perspective représentant un vestibule ouvert, à travers lequel on voyait la continuation du jardin et un bois, et dans le lointain le prince de Dombes chassant le cerf. Ce Bonnard doit être Robert-François, professeur à l'Académie de Saint-Luc, vivant encore en 1759 [Herluison, Recueil des actes concernant les artistes^, .
^ Leur dsscription se trouve dans: le Mercure Galant, 1686, novembres p. 86 ; — 1<3S Dictionnaires géographiques de La Martinière et de Thoma, Corneille; — le Voyage pittoresque des environs de Paris de Dargenville,
avoir l'étendue nécessaire qu'après l'acquisition de la terre de Glatigny, qui fut achetée dans ce but au prix de 250,000 livres. « Le jardin, dit le Mercure, tire son plus grand ornement d'un bois de haute futaie, de plusieurs parterres en broderie et des boulingrins de diverses figures, ainsi que des bosquets de charmille et des cabinets de treillages ornés d'architecture. Il y a de très-belles palissades de myrtes qui sont assez garnies pour enfermer des caisses remplies d'orangers et d'autres arbrisseaux, de manière que les caisses n'étant point vues, il semble que les orangers soient nés dans les palissades. L'étang appelé de Glagny sert aussi de canal à la vue du château. »
a On vit pour la première fois dans ces jardins, des portiques, des treillages, des berceaux et des cabinets. Des Hollandais, habiles dans ces sortes d'ouvrages, et mandés par le Roi, y furent employés*. » Le parc, qui était en dehors, était percé de belles routes pour la chasse.
Mais C'est M"^« de Sévigné qu'il faut suivre pour visiter ces beaux jardins.
Nous fûmes àClagny : que vous dirai-je? c'est le palais d'Armide; le bâtiment s'élève à vue d'œil ; les jardins sont faits : vous connoissez la manière de Le Nôtre ; il a laissé un petit bois sombre* qui fait fort bien ; il y a un petit bois d'orangers dans de grandes caisses ; on s'y promène ; ce sont des allées où l'on est à l'ombre ; et pour cacher les caisses, il y a des deux côtés des palissades à îiauteur d'appui, toutes fleuries de tubéreuses, de roses, de jasmins, d'œillets : c'est assurément la plus belle, la pins surprenante, la plus enchantée nouveauté qui se puisse imaginer : On aime fort ce bois^.
En 1676, M™^ de Sévigné parle de la ménagerie de Clagny. M. de Langlée avait fait un magnifique présent à M"^« de Montespan, « une robe d'or sur or, rebrodé d'or, rebordé d'or, et par dessus un or frisé, rebroché d'un or mêlé avec un certain or. »
* Dargenville.
' Ce petit bois, fort ancien, se trouvait sur la terre de Clagny quand le Roi en fit l'acquisition {Mercure)»
• Lettre du 7 août 1675.
CLAGNY
Dangeau, dit-elle, a voulu donner des présens aussi bien que Langlée. 11 a commencé la ménagerie de Clagny : il a ramassé pour plas de deux mille écus de toutes les tourterelles les plus passionnées, de toutes les truies les plus grasses, de toutes les vaches les plus pleines, de tous les moutons les plus frisés, de tous les oisons les plus oisons, et fit hier repasser en revue cet équipage, comme celui de Jacob, que vous avez dans votre cabinet à Grignan*.
On a vu que Louis XIV avait deux chambres à coucher au château de Clagny. Au premier moment on s'étonne de ce fait, et on trouve au moins étrange que le Roi ait son appartement chez sa maîtresse, parce qu'on part de cette idée fausse que Clagny est à M™Me Montespan. On l'avait construit pour en faire sa demeure, mais il n'était pas à elle; il appartenait à Louis XIV, qui y logeait sa maîtresse. Ce n'est qu'en 1685, après son mariage avec M'"« de Maintenon, que Louis XIV, rompant toutes relations avec M'"^ de Montespan, lui donna Clagny et Giatigny.
J'appris, dit Dangeau', que M"^^ de Montespan avoit affermé Clagny et Giatigny 20,000 francs ; le Roi lui a donné ces deux terres, et la donation en a été expédiée au commencement do l'année ; elle a été enregistrée à la chambre des Comptes et à la cour des Aides. Ces terres sont substituées à M. le duc du Maine et à ses enfans mâles, et, s'il venoit à manquer, à M. le comte de Toulouse et à ses enfants mâles, à faute desquels ces terres sont réversibles à la Couronne. Le Roi ne se mêlera plus de l'entrctènement de la maison, des jardins ni du parc. Avant cette donation, M'"° de Montespan ne laissoit pas de jouir de ces deux maisons, mais elle n'en avoit pas le revenu.
En même temps Louis XIV assura un revenu de 3000 louis d'or par quartier à M'"® de Montespan ^
La disgrâce publique suivit de près la rupture de ces coupables relations. Le Roi malade dut aller à Barèges : ce fut à qui serait du voyage, lorsque le Roi fit savoir, le 21 mai 1686 %
* C'étaient de petites figures d'hommes et d'animaux que l'abbé de Coulanges avait envoyées en 1675 à M. de Grignan pour orner sou cabinet.
^ 1685, 3 avril.
■* Dangeau, 1707, 12 janvier. — A cette époque, la rareté de l'argent força Louis XIV à réduire la pension à 1000 louis par quartier.
* Dangeau.
qu'il partirait le lendemain des fêtes de la Pentecôte. « Mi"° de Montespan, n'ayant pu obtenir d'être du voyage, s'en alla de chagrin à Paris, où le dépit lui ayant donné de grandes vapeurs, les princes ses enfants s'y en allèrent en grande diligence ; mais ils revinrent dès le soir, ayant appris la cause de son mal. De l'humeur dont elle étoit, il étoit bien difficile qu'elle digérât facilement une disgrâce aussi manifeste que celle-là, et elle ne pouvoit se résoudre à quitter la Cour, de quelque manière que ce pût être, encore moins par une disgrâce ^ »
Supportée à la Cour à cause de ses enfants, surveillée de près par M"™^ de Maintenon, M"^° de Montespan eut à subir de nombreux froissements d'amour-propre, et ne pouvant s'habituer à être au dernier rang là où elle avait si fièrement tenu le premier, elle se décida, en 4691, à se retirer à Paris, au couvent de Saint-Joseph. Elle donna son domaine de Clagny au duc du Maine, qui se maria, en 1692, à une princesse de Gondé, Mii° de Gharolais.
La duchesse du Maine était si petite, que, malgré ses hauts talons, elle n'était pas plus grande qu'un enfant de dix ans. Elle n'était pas jolie. « Quand elle ferme la bouche, dit la Palatine, elle n'est pas laide ; elle a de vilaines dents et mal rangées. Elle n'est pas très-grosse ; elle met horriblement de rouge ; elle a de jolis yeux ; elle est blanche et blonde. » Mais elle avait beaucoup de vivacité, de l'esprit, une physionomie très-mobile, et elle allait, dans quelques années, rendre la vie à Clagny, devenu -désert depuis le départ de M"^° de Montespan.
Saint-Simon, à la date de 1705, écrit dans ses Mémoires:
■^ime (jy^ Maine depuis longtemps avoit secoué le joug de l'assiduité, de la complaisance et de tout ce qu'elle appeloit contrainte ; elle ne se soucioit ni du Roi ni de M. le Prince, qui n'auroit pas été bien reçu à contrarier où le Roi ne pouvoit plus rien, qui étoit entré dans les raisons de M. du Maine. A la plus légère représentation il essuyoit toutes les hauteurs de l'inégalité du mariage, et souvent pour des riens, des humeurs et des vacarmes qui avec raison lui firent tout craindre pour sa tête. Il prit donc le parti de la
Mémoires du marquis de Sonrches.
CLAGNY
laisser faire et de se laisser ruiner en fêtes, en feux d'artifice, en bals et en comédies qu'elle se mit à jouer elle-même en plein public, et en habit de comédienne, presque tous les jours à Clagny
Dangeau parle du théâtre de Clagny pour la première fois le 21 décembre 1705 ; il dit que la duchesse du Maine joua la comédie devant le duc d'Orléans, la princesse de Gonty et beaucoup de gens de la Cour. Un mois après, le 24 janvier 1706, on représenta la tragédie ùq Joseph, par l'abbé Genest, l'un des auteurs favoris de 'W^^ du Maine. Beaucoup de dames et de courtisans, comme toujours, assistèrent à la représentation. La pièce fut jouée une seconde fois le 1^'" février ; une troisième fois, le 8, devant le duc et la duchesse de Bourgogne, et le duc de Berry. Le Mercure Galant rendit compte de cette soirée.
Vous savez que M. le duc et M'"® la duchesse du Maine donnent tous les ans, pendant le carnaval, des divertissemens où la magnificence, quelque grande qu'elle soit, brille souvent moins que l'esprit, la galanterie et le bon goiit. Ils ont ouvert cette année ces divertissemens par une pièce de théâtre de la composition de M. l'abbé Genest, de l'Académie françoise. . . . Celle qui a été représentée à Clagny sous le nom de Joseph n'a pas moins tiré de larmes qu'elle s'est attiré d'applaudissemens des auditeurs, et quoiqu'elle ait été représentée trois fois, la foule y a toujours été grande, les applaudissemens toujours égaux, et les larmes qu'elle a fait répandre ont toujours causé beaucoup de plaisir, puisqu'il n'en est point qui touche davantage et auquel on soit plus sensible qu'à celui qui est causé par les larm.es de joie. M. l'abbé Genest a conservé dans cet ouvrage la fidélité de l'Ecriture et la simplicité majestueuse de l'écrit sacré qu'il a imité, dont l'expression paroît aussi dans la conduite du sujet. M""^ la duchesse du Maine représentoit Azanesh, femme de Joseph, et quoique M. l'abbé Genest n'en ait trouvé que le nom dans le lieu où il a puisé son sujet, le caractère qu'il lui a donné a paru tout à fait convenable. M"'° la duchesse du Maine joua ce rôle avec une noblesse délicate et un agrément qui l'a fait admirer. M'^® de Mérus représenta Thermasis, dame égyptienne, confidente d'Azanesh, et M. Baron le père, qui représentoit Joseph, joua ce rôle d'une manière qui ne peut être mieux imitée, et toute l'assemblée trouva qu'il n'avoit jamais mieux joué. M. de Malezieu * fit le per-
^ Ancien précepteur du duc du Maine, charmant esprit, qui était devenu l'ordonnateur des fêtes et plaisirs de la duchesse du Maine.
sonnage de Juda, et la force de son jeu lui attira de grandes louanges. Il fut imité par son fils dans le rôle de Ruben. Un de ses plus jeunes représenta Benjamin, et son air d'innocence et sa beauté touchèrent extrêmement. M. de Vernonselles, gentilhomme de M. le duc du Maine, représentoit Siméon, et ce gentilhomme ayant été obligé de partir pour s'embarquer avec M. le comte de Toulouse, M. le marquis de Roquelaure joua son rôle dans la troisième représentation, quoiqu'il n'eût eu que très peu de temps pour l'apprendre. Ce marquis, qui est lieutenant de gendarmerie, n'est pas moins distingué par sa valeur que par son esprit. Le jeu de M. le marquis de Gondrin ^ fut admiré dans le rôle de Pharaon; ce marquis a trèsbonne mine; il est admiré de toute la Cour, et sa présence ne peut manquer de lui attirer des applaudissemens. M. d'Erlach, capitaine aux Gardes suisses, s'acquitta très-bien du rôle de l'intendant ou majordome de Joseph, et il entra parfaitement dans le rôle qu'il représentoit. M. de Rozeli ^ fit celui d'un vieil Hébreu que Joseph venoit de tirer d'esclavage, et qu'il arrêtoit auprès do lui dans la maison de Jacob. Tous ces messieurs, animés du désir de plaire à M. le duc et à M""° la duchesse du Maine, et par l'exemple d'une si grande princesse, ne négligèrent rien pour l'exécution de leur rôle, et l'on peut dire qu'il seroit difficile de trouver ailleurs des spectacles de cette nature mieux exécutés
« Le 8 mars, la duchesse de Bourgogne alla le soir à Clagny, où elle avoit prié M"^*^ la duchesse du Maine de jouer la comédie de Fine mouche *. » C'est encore le Mercure Galant qui va nous donner le feuilleton de la soirée.
M'"° la duchesse de Bourgogne se rendit à Clagny sur les sept heures du soir, accompagnée de S. A. R. Madame et suivie de tout ce qu'il y a de plus distingué à la Cour. M"^® la duchesse du Maine lui donna une comédie-ballet, intitulée la Tarentole, de la composition de M. de Malezieu. Il m'est impossible de vous faire ici le détail de tous les agrémens de ce spectacle : ce que je puis vous dire, c'est qu'il n'y a pas deux avis sur le mérite de cette pièce. Toute la Cour s'est récriée sur la conduite, sur l'invention et sur la nouveauté du sujet, qui amène naturellement la danse et la musique; l'esprit y brille partout. Les règles de l'art y sont observées dans la
* Fils de M. et de M"^" de Montespan, depuis duc d'Antin.
' Excellent acteur, depuis longtemps retiré du théâtre. Baron avait aussi abandonné le théâtre depuis 1691.
^ Mercure Galant, 1706, février, p. 265.
* Dangeau. C'est ainsi que notre chroniqueur appelle la Tarentole. Cette charmante pièce de M. de Malezieu avait déjà été représentée à Clagny dans le mois de février ; la musique était de Mathau, et les ballets de Ballon (Léris, Dictionnaire des théâtres).
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dernière rigueur, et au lieu que dans la plupart des comédies- ballets on voit des gens qui dansent et qui chantent sans qu'on sache pourquoi, dans cette pièce le chant et la danse naissent tellement de l'intrigue, qu'elle ne pourroit subsister sans ces accompagnemens. M. Mathau, ordinaire de la musique du Roi, a fait voir en cette occasion de quoi il est capable. Pour répondre à l'intention de l'auteur, il falloit des airs de différens mouvemens ; il en falloit dans le goût italien, enfin il en falloit de tous les caractères, et c'est ce qu'il a merveilleusement exécuté. M. Ballon ne s'est pas moins distingué par la beauté des ballets dont il a entremêlé ce spectacle et où il s'est fait admirer encore par l'exécution avec MM. Dumoulin. M™^ la duchesse du Maine joua le rôle d'une suivante, qui a grande part à toute l'intrigue; cette princesse fit voir qu'elle n'étoit pas moins excellente actrice dans le comique que dans le sérieux. M"® de Moras, qui représentoit la maîtresse et qui, pour tromper son père, contrefaisoit la muette et paroissoit avoir des mouvem.ens convulsifs, fit des merveilles dans son rôle, qui est d'une exécution fort difficile. M. Baron le père, sous le nom do M. de Pincemaille, jouoit le rôle du père de la malade; c'est un vieillard fort timide, fort avare et bègue. 11 est impossible de rien dire d'assez fort pour donner une idée parfaite de l'excellence de son jeu, et peut-être n'a-t-on jamais rien vu de comparable à la manière dont il joua. M. de Malezieu, qui traitoit la malade en qualité de médecin empirique, s'en acquitta dans la dernière perfection. MM. ses fils, M. de Caramont et M. de Dampierre, gentilshommes de M. le duc du Maine, qui avoient des rôles de caractères fort différens et qui avoient grande part à l'intrigue, reçurent aussi de grands applaudissemens, et l'on rit autant à la Tarentole qu'on avoit pleuré à Joseph; et les vieux courtisans s'écrièrent plus d'une fois qu'on n'avoit rien vu de pareil depuis Molière, et que M'"*^ la duchesse du Maine, sans sortir de sa maison, avoit trouvé le moyen de rappeler la mémoire de ces divertissemens où l'on voyoit toujours régner le bon goût, l'esprit et la magnificence *.
La saison théâtrale de Glggny finit le 28 mars avec la quatrième représentation de Joseph, joué devant Monseigneur, la duchesse de Bourgogne et le duc de Berry ^
Pendant l'hiver de 1707, la duchesse du Maine donna plusieurs bals à Glaguy, la plupart en masques, où alla M™« la duchesse de Bourgogne. Mais, dit Saint-Simon
* Mercure Galant, 1706, mars, p. 260.
^ Joseph donné au public, sur le théâtre français, le 19 décembre 1710, n'eut pas le même succès qu'à Glagny ; il ne fut joué que qûzc fois (i^'Ris\
* T. V, p. 348. — Voir aussi t. VI, p.
M"".'' du Maine se mit de plus en plus à jouer des comédies avec ses domestiques^ et quelques anciens comédiens. Toute la Cour y alloit ; on ne comprenoit pas la folie de la fatigue de s'habiller en comédienne, d'apprendre et de déclamer les plus grands rôles et de se donner en spectacle public sur un théâtre. M. du Maine, qui n'osoit la contredire de peur que la tête ne lui tournât tout à fait, comme il s'en expliqua une fois nettement à M""^ la Princesse en présence de M'"" de Saint-Simon, étoil au '^oin d'une porte, qui en faisoit les honneurs. Outre le ridicule, ces plaisirs n'étoient pas à bon marché.
Le 9 janvier, on joua les Femmes savantes devant Madame et beaucoup de dames et de courtisans. Le 22 janvier, ce fut la comédie des Importuns de Châtenay, par M. de Maiezieu, qui eut les honneurs de la soirée. « Il y a à cette comédie, dit Dangeau, beaucoup de musique et d'entrées de ballet, qui furent dansées par les meilleurs danseurs de l'Opéra. Monseigneur, M. le duc de Berry, Madame et presque toutes les dames de la Cour y allèrent. » Le 21 février, on joua les Importuns, comédie de M. de Maiezieu ^
En 1708, nous trouvons encore trois représentations à Glagny, toujours fort suivies par la Cour. Le 7 mars, on joua VHôte de Lemnos^ comédie de M. de Maiezieu, ou plutôt imitation de la 3£ostellaria de Plante. Le 23, on représenta V Avare, et le 27, la Mère coquette, comédie de Quinault. Mais, à partir de cette année, Clagny est abandonné. La duchesse du Maine ne quitte plus son château de Sceaux, qui devient l'unique théâtre des fêtes et des plaisirs de toutes sortes dont la duchesse ne pouvait se passer, et qui conduisirent aux fameuses Grandes Nuits.
Le séjour de la Cour à Paris après la mort de Louis XIV et les troubles de la Régence, auxquels la duchesse du Maine prit une part assez active, firent de Clagny un désert. Après la conspiration de Cellamare, le duc du Maine, qui avait été captif pendant une année, se retira à Clagny pendant que la duchesse retournait à Sceaux. « Ce prince, dit M"^° de Staal, mécontent d'avoir essuyé pendant une année entière une rude captivité pour une affaire où il n'étoit point entré, étoit
* Les personnes attachées à sa maison.
' Suivant \<à Mer aire. Dangeau dit que l'on joua le Menteur de Corneille.
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dans le dessein de rester à Glagny, et de ne pas voir M""" la duchesse du Maine. On lui avoit persuadé qu'en faisant éclater son ressentiment contre elle, on y verroit la preuve de sa propre innocence, qu'il avoit grand intérêt d'établir pour forcer le Régent à lui rendre l'exercice de ses charges et le rang dont il avoit été dégradé au lit de justice qui précéda sa prison. D'ailleurs il étoit chagrin du dérangement de ses affaires et des dépenses qui y donnoient lieu, et pensoit à régler une somme pour l'entretien de la maison de M"^° la duchesse du Maine, et à prendre des arrangemens pour le paiement de ses dettes, et les moyens de n'en pas contracter de nouvelles. » Mais, au bout de quelque temps, vaincu par les sollicitations de la duchesse et de ses amis, il retourna à Sceaux, et Clagny retomba dans l'abandon.
En 1735-36, on dessécha l'étang \ et en 1737 on construisit sur son bord méridional la rue Neuve. La Dauphine Marie- Josèphe acquit, par un échange, le château de Clagny des héritiers du duc du Maine; mais, deux ans après sa mort, M. d'Angivilliers fit raser le château, en 1769. L'exécuteur de cette sentence fut un architecte nommé Delondre ^
Après la destruction du château, le parc devint une réserve pour le gibier, dans laquelle Louis XVI allait souvent chasser.
Le parc et la ferme furent vendus comme propriété nationale, le 21 floréal an II (10 mai 1794), à un M. Josse, qui les revendit le 14 ventôse an III (3 mars 1795) à un M. Béchet, lequel fit 33 lots de son acquisition et les revendit ensuite à divers particuliers ^.
* On le comble actuellement, dit le duc de Luynes le 27 décembre 1763 (I, 154).
^ Archives de Seine-et-Oise, A 72.
' Almanach de Versailles^ publié par MM. Cerf, 1873,