JULLIEN
* Geffroy, Gmtave III et la Cour de France, édit. in-12, I, 33.
ce beau lieu. Mique fut chargé d'en former aussitôt un atlas, à l'exécution duquel Fontaine eut quelque part avec Ghâtelet, Thibault et Baltard*.
Le 25 septembre de la même année, les comédiens vinrent jouer à la Cour le Barbier de Séville, de Beaumarchais, mis en musique par Framery. On le joua une seconde fois, et, le 19 août 1 785 ^ la troupe royale le représenta sur le théâtre du Petit-Trianon, et devant Beaumarchais qu'on avait invité. Les répétitions de cette pièce, si difficile à jouer, avaient été dirigées par Dazincourt, de la Comédie-Française. Grimm écrivit quelques jours après :
C'était la Reine elle-même qui jouait le rôle de Rosine, M. le comte d'Artois celui de Figaro, M. de Vaudreuil celui du comte Almaviva ; les rôles de Bartolo et de Basile ont été rendus, le premier par M. le duc de Guiche, et le second par M. de Crussol. Le petit nombre des spectateurs admis à cette représentation y a trouvé un accord, un ensemble qu'il est bien rare de voir dans les pièces jouées par des acteurs de société ; on a remarqué surtout que la Reine avait répandu dans la scène du quatrième acte une grâce et une vérité qui n'auraient pu màaquer de faire applaudir avec transport l'actrice même la plus obscure. Nous tenons ces détails d'un juge sévère et délicat, qu'aucune prévention de Cour n'aveugla jamais sur rien ^.
Rosine a bien joué, et le plaisir qu'elle a éprouvé de son triomphe a dû être vif. Mais la Reine n'avait-elle pas tort, devant le succès prodigieux du Mariage de Figaro à la Gomédie- ^ Française, et après l'opposition que Louis XVI avait faite à cette satire de l'ancien régime, d'accorder de telles faveurs à Beaumarchais, qui semblaient être un blâme à l'adresse du Roi?
Le Barbier de Séville paraît être la dernière pièce jouée à Trianon. Le Roi venait d'acheter Saint-Gloud à la Reine, au prix de 6 millions et de 200,000 livres d'épingles pour la duchesse de Chartres de Saint-Cloud, la Reine allait facilement aux spectacles de Paris, et puis on était fatigué sans doute d'apprendre les rôles.
* Fontaine, Résidences des souverains, 1833, in-4°, p. 141.
* Journal de Louis XVI, cité par Jullien, p. 37. ^ Xi, 419.
* Bachaumont, 1784, 19 octobre.
LE GRAND ET LE PETIT-TRIANON
Le goût du spectacle restait toujours très-vif chez la Reine, car nous lisons dans Bachaumont, à la date du 19 décembre 4785, que « le sieur Francastel, qui a un talent particulier pour les salles des petits spectacles et qui est l'auteur de presque toutes celles des boulevards, a été chargé d'en construire une portative pour la Reine ; elle se monte et se démonte avec la plus grande facilité et suivra Sa Majesté dans ses différents voyages; en sorte qu'on pourra toujours jouir du spectacle et amuser la Cour. »
A partir de cette époque nous ne trouvons plus rien d'important à mentionner, si ce n'est que M^^^ Lebrun fit au Petit- Trianon, en 1787, le beau portrait de Marie-Antoinette avec ses enfants, que M'^^ Campan regardait, avec celui de Vertmuller *, comme les seuls bons portraits de la Reine.
Marie-Antoinette avait réuni à Trianon une fort belle collection d'objets précieux : vases et gobelets en cristal de roche et en jaspe, laques du Japon, porcelaines chinoises bleucéleste, cuvettes en jaspe, etc. Tous ces objets furent enlevés de Trianon, le 10 octobre 1789, et déposés chez Daguerre, bijoutier à Paris, où ils restèrent jusqu'au 30 brumaire an II (20 novembre 1793), époque à laquelle Daguerre les remit au gouvernement qui les envoya au Louvre
Le 5 octobre 1789, la Reine était à Trianon, quand la nouvelle de l'arrivée des foules parisiennes lui fit quitter, pour aller à Versailles, son cher petit palais qu'elle ne devait plus revoir.
LE GRAND ET LE PETIT-TRIANON - 1789-1880 Plus heureux que Marly, les deux Trianons ont survécu à
* Vertmuller avait fait, en 1785, à Trianon, un portrait de Marie- Antoinette, qui est aujourd'hui à Stockholm. Le musée de Versailles en possède une copie faite en 1867 par M. Eugène Rattaille.
^ Inventaire de la collection d'objets d^art de Marie-Antoinette au Petit- Trianon, publié par M. Ephrussi, dans la Gazette des Beaux-Arts de novembre 1879.
la Révolution ; ni l'un ni l'autre même n'a subi de dégradations notables. En 1794, ils durent être vendus comme propriétés nationales; mais Antoine Richard, dont nous trouvons toujours le nom quand il s'agit de sauver les diverses parties du domaine de Versailles, intervint, et l'administration du District de Versailles obtint de la Commission exécutive de l'Instruction publique qu'il serait sursis provisoirement à la vente du Petit-Trianon. On avait invoqué, pour obtenir ce résultat, les richesses végétales contenues dans le jardin et les serres, richesses dont les unes ne pouvaient être déplacées dans la saison d'hiver où l'on était ^, et dont les autres étaient trop anciennes pour être transplantées. Le représentant du peuple en mission dans le département de Seine-et-Oise, Charles Delacroix, rendit, le 23 janvier 1795^, un arrêté par lequel il suspendait la vente du jardin botanique et des serres chaudes placés sous la direction de Richard, afin de donner au Muséum d'histoire naturelle le temps de venir prendre, à la saison favorable, les richesses végétales de Trianon. Mais il entendait bien qu'après leur enlèvement, le Petit-Trianon, « repaire des débauches d'Antoinette et de son exécrable Cour », fût vendu et détruit. Il n'en fut rien. Le 12 mai (23 floréal an III), le nouveau représentant, André Dumont, qui avait remplacé Delacroix, rendit à son tour un arrêté par lequel il défendait de donner aucune suite à tout arrêté tendant à la vente du Grand et du Petit-Trianon, en totalité ou en partie, déclarant que les moyens d'existence des habitants de la commune de Versailles dépendaient de la conservation et de l'entretien des propriétés nationales que renfermait cette commune. En même temps il complétait son arrêté en décrétant l'établissement d'un- poste d'invalides au Petit-Trianon à l'effet de veiller à la conservation des bâtiments, jardins et bois 3. Les richesses végétales de Trianon servirent aux démonstrations du cours de botanique de l'Ecole centrale de Versailles. Puis, un café fut établi au Pavillon français, et un bal public installé dans le jardin;
* L'hiver de 1794-95 est célèbre par sa rigueur. ' 4 pluviôse an III.
^ Les arrêtés de Delacroix et de Dumont sont conservés à la bibliothèque de Versailles.
LE GRAND ET LE PETIT-TRIANON
on y dansait plusieurs fois par semaine. Le Journal de Seine-et-Oise du 30 messidor an VII (18 juillet 1799) raconte qu'à ce bal, quelques militaires et patriotes très-zélés « se sont opposés à ce que l'on exécutât la danse anglaise, mais qu'ils ont cédé devant le bon esprit du reste de l'assemblée. »
En 1805, Napoléon I°^ qui voulait reconstituer l'ancien domaine royal de Versailles, renvoya avec indemnité le cafetier du Pavillon français, et, le 22 mars, il vint, accompagné de Joséphine, visiter les bâtiments et les jardins de Trianon; il ordonna les travaux qui devaient être exécutés. « Le vestibule à jour du Grand-Trianon fut fermé avec des portes vitrées pour la commodité du service intérieur, les appartements furent remeublés, les jardins du Grand et du Petit-Trianon furent réunis par un pont jeté sur l'allée qui les séparait, et l'abord des deux palais fut régularisé par des avenues et des grilles d'entrée*. » L'Empereur revint encore à Trianon les 21 et 29 juillet 1805. La princesse Borghèse s'établit, en 1806, au Petit-Trianon, qui semblait destiné à servir de demeure aux plus jolies femmes de France.
En 1807, après le traité de Tilsit, Napoléon envoya à Trianon les beaux objets en malachite (coupe, candélabres, dessus d'armoires et de consoles) que le czar Alexandre lui avait donnés ^
Le 16 décembre 1809, jour de la dissolution de son mariage avec Joséphine, Napoléon se retira à Trianon pendant que l'Impératrice se réfugiait à la Malmaison. Napoléon passa huit jours à Trianon « dans un désœuvrement inaccoutumé ^ ». Ses frères, les rois de Westphalie, de Hollande et de Naples, la reine de Naples et la princesse Borghèse se rendirent auprès de lui. Le 18, on alla courre le cerf dans la forêt de Saint-Germain, et le 19 on chassa à tir dans les bois environnant le Canal et le plateau de Satory. Le 20, l'Empereur présida le conseil des ministres. Le 25, il alla voir à la Malmaison l'Impératrice répudiée, et dîna avec elle et avec sa fille la reine Hortense. Le 26, il revint à Paris.
* SOULIÉ, p. XIX.
- L'ancien salon Frais, qui renferme ces objets, contient aussi deux vases et une coupe en malachite achetés par Charles X au duc de Raguse. ^ Mémoires de M. de Menneval, I, 232.
En 4810, le 21 juin, Napoléon et Marie-Louise vinrent de Saint-Gloud à Trianon ; l'Empereur s'assura que les travaux qu'il avait ordonnés aux deux palais marchaient avec la rapidité qu'il exigeait en toutes choses. Il résida à Trianon du 1^^ au 10 août. Le 28 août, accompagné de l'Impératrice, il vint chasser à tir dans la plaine de Galie et dina à Trianon. En 1811, nouveau séjour de l'Empereur et de l'Impératrice, qui arrivèrent à Trianon le 11 juillet à dix heures du soir. Le 16 de ce mois, il y eut promenade en gondole sur le Canal, et ensuite promenade en calèche dans le parc de Versailles pour assister au jeu des grandes eaux. Le 17, « le roi de Rome fut promené en calèche dans les jardins de Versailles, et le soir l'Empereur et l'Impératrice se promenèrent encore en gondole. Le 25 août, jour de la fête de l'Impératrice, il y eut cercle à la Cour dans les grands appartements de Trianon ; toutes les lignes d'architecture du Grand-Trianon étaient illuminées en verres de couleur. A huit heures du soir, l'Empereur et l'Impératrice parcoururent la Galerie et se rendirent à neuf heures dans la salle de spectacle du Petit- Trianon, où l'on représenta les Projets de mariage, comédie d'Alexandre Duval, et une pièce de circonstance par Alissan de Chazet, qui avait pour titre : la Grande famille ou la France en miniature; cette représentation fut suivie d'un ballet exécuté par les principaux artistes de l'Opéra. Après le spectacle, l'Empereur, le chapeau à la main, donnant le bras à l'Impératrice et suivi de toute la Cour, parcourut les jardins du Petit-Trianon, qui étaient entièrement illuminés ; ils se rendirent d'abord au temple de l'Amour, puis au hameau, où l'on avait préparé plusieurs scènes champêtres et mis en action un tableau flamand, et enfin au pavillon octogone, où des musiciens exécutèrent un chœur dont la musique était de Paër et les paroles d' Alissan de Chazet ; la fête se termina par un souper magnifique servi dans la grande galerie ^ »
Napoléon avait été séduit par les agréments extérieurs de Trianon; mais après les fêtes de 1811, il trouva cette résidence si incommode, qu'il n'y revint qu'en 1813^ Il y séjourna du
ï SOULIÉ, p. XX.
* Fontaine,
LE GRAND ET LE PETIT-TRIANON
7 au 22 mars avec Marie-Louise, le roi de Rome et la reine Horteose. En 1815, la belle bibliothèque que Napoléon avait rassemblée à Trianon fut pillée par les Prussiens.
Il ne se passa rien de remarquable à Trianon pendant la Restauration. Le 23 juin 1816, Louis XVIII dina au Petit- Trianon ; le 1 8 septembre, la duchesse d'Angoulêmey vint faire une promenade à cheval. On retrouve, en 1817, Louis XVIII visitant cette résidence ^ En 1818, Wellington y dîne avec les princes ^ Le 31 juillet 1830, Charles X chassé de Paris s'y arrêta quelques heures avant de partir pour Rambouillet avec la duchesse de Berry et ses enfants.
Louis-Philippe, au contraire, s'occupa beaucoup de Trianon. Le palais du Grand-Trianon était d'une incommodité rare ; il n'y avait de dégagement nulle part ; tous les services avaient été établis au hasard. Dès 1837, Louis-Philippe fit faire par son architecte, M. Nepveu, de grands travaux destinés à rendre parfaitement habitable pour la famille royale les deux palais qui devaient remplacer Versailles transformé en musée.
L'appartement du Roi et de la Reine, à gauche du péristyle, fut agrandi en le prolongeant sur la partie en retour consacrée autrefois au service des cuisines. Cet appartement comprenait : la salle des huissiers (vestibule des appartements de gauche), le salon de la Reine, un cabinet, la chambre à coucher, le salon des Glaces, et, en retour, un cabinet, une chambre à coucher et la salle de bain. Une chapelle fut construite sur l'emplacement de l'ancienne salle de billard. La galerie fut transformée en salle à manger. De grands travaux permirent d'établir les cuisines et les offices dans le sous-sol, et un large corridor souterrain, mais bien éclairé, assura le service et le chauffage de tout le château, de façon à le rendre commode et agréable à habiter.
Madame Adélaïde fut logée à l'extrémité de l'aile gauche. Les appartements de réception furent établis à droite du vestibule et sur le jardin, et les appartements des princesses dans le double de cette partie du palais. Le Trianon-sous-Bois fut
* Journal du département de Seine-et-Oise, 1817, p. 406.
* Moniteur universel^ p. 747.
affecté aux appartements des princes, et le Petit-Trianon au duc et à la duchesse d'Orléans.
De nombreux changements de détails furent faits partout, mais avec assez de soins pour que le palais ait conservé son caractère et son ancienne décoration. Le style du Grand- Trianon est celui de la fin du règne de Louis XIV et analogue à la décoration de la salle du Conseil à Versailles ; aussi estce Robert de Cotte qui a décoré les deux. Les salles sont ornées de glaces ou de lambris sculptés, de même que les gorges de leurs plafonds ; mais les dorures des lambris ont disparu sous le badigeon à la colle grise ; il ne reste des anciennes dorures que celle du cadre de la glace du Salon (ancienne chambre du Couchant). Comme à Versailles, les cheminées sont toutes faites avec les marbres les plus beaux.
Ce fut également sous Louis-Philippe que M. Massey, directeur du Potager, dessina et planta le beau jardin anglais qui est à gauche de l'entrée du Grand-Trianon.
Louis-Philippe restaura aussi le Petit-Trianon et apporta de nombreuses améliorations à l'appartement principal et aux logements accessoires. Les rochers, le hameau, la salle de spectacle, les eaux et les lacs furent remis en état.
Au mariage de la princesse Marie avec le duc Alexandre de Wurtemberg, mariage qui se fit à la chapelle de Trianon, le i 7 octobre 4837, toute la famille royale et 30 maîtres purent être logés au palais, sans parler de 340 personnes de suite et de cour, 200 chevaux, 60 voitures , 50 cavaliers de garde et 240 hommes d'infanterie K
Souvent la famille royale vint résider à Trianon. Ce fut dans ce palais que Louis-Philippe .vint faire une dernière halte dans sa fuite au 24 février 1848. Il y trouva son architecte, M. Nepveu, que le hasard de ses fonctions avait fait assister aux adieux de Fontainebleau en 1814, au départ de Charles X de Rambouillet en 1830, et à celui de Louis-Philippe en 1848.
En 1850, par suite du déplacement du Garde-meuble, à Paris, une collection de meubles historiques et d'objets précieux a été transportée dans les appartements des deux Trianons.
* Fontaine,
LE GRAND ET LE PETIT-TRIANON
L'impératrice Eugénie, qui avait un culte tout particulier pour la mémoire de Marie-Antoinette, fit, au Petit-Trianon, pendant l'Exposition universelle de 1867, une exposition d'objets, meubles, portraits, bustes, etc., ayant appartenu à la Reine et provenant du musée des Souverains, ou des collections de l'Impératrice, du Garde-meuble, du marquis d'Hertford, de M. Double, de M. Charles Vatel, du marquis de Raigecourt, de M. Philippe de Saint-Albin, etc ^
Pendant le règne de Napoléon III, les Trianons furent visités par d'illustres étrangers : la reino d'Angleterre (21 août 1855), le roi de Wurtemberg (9 mai 1856), le grand-duc Constantin (8 mai 1857). En 1862, on donna une fête de nuit, au Grand-Trianon, au roi et à la reine des Pays-Bas^.
Après la chute du second Empire, la partie des jardins du Petit-Trianon appelée le jardin de M. Chaoyentiei% fut la promenade favorite de M. Thiers, président de la République, qui venait y respirer un air pur, et boire le lait de Tune des ânesses de M. Charpentier, le jardinier en chef du Petit- Trianon.
Le Grand-Trianon a été le théâtre d'un procès célèbre. Le 6 octobre 1873, le maréchal Bazaine, détenu à l'entre-sol du Trianon-sous - Bois , comparaissait devant un conseil de guerre présidé par le duc d'Aumale, et, le 10 décembre, le maréchal était condamné à mort; mais une grâce, suivie bientôt d'une évasion assuraient l'impunité de ce grand coupable. La salle des séances avait été établie dans le péristyle.
Avant de terminer ce chapitre, il faut encore dire que les Trianons renferment un grand nombre de précieux objets d'art.
Au Grand-Trianon, nous mentionnerons les plus belles porcelaines de Chine qu'on puisse voir, presque toutes avec montures en cuivre doré de style Louis XV', — au Salon, un grand camée représentant un sacrifice au dieu Pan,— une belle
* Voir le catalogue dans : les Palais de Trianon, par M. de Lescure, in-12.
- L'Illustration, 1862, 17 mars.
^ Potiche en céladon truite, potiche et cornets en blarc de Chine, potiches à pans avec ornements réticulés à jour, potiche en vert céladon, potiche ea craquelé, vase en faïence ancienne de Chine.
table Louis XIV en bois doré sculpté, évidemment de Pierre Lepautre, — au Salon frais, une console Louis XVI en bois sculpté doré, d'une merveilleuse finesse, avec dessus en malachite, — dans la Galerie, une Vénus et une Géométrie de Jean de Bologne, bronzes florentins du temps, un Ai)ollon (école de Vérone), bronze du xv^ siècle, le Moïse , le Milon de Grotone, deux vases de Sèvres décorés de fleurs des quatre parties du monde. Nous citerons encore l'Olympia d'Etex, le buste de Joséphine par Bartolini, les portraits de Louis XV et de Marie Leczinska par Carie Vanloo, quatre tableaux de Boucher (Vénus et Vulcain, Neptune et Amynome, la Pêche, la Diseuse de bonne aventure), le Saint-Claude de Dulin, Acis et Galatée d'Auger Lucas, un très-beau paysage d'Allegrain au Trianon-sous-Bois.
Au Petit-Trianon, il faut signaler les tableaux de Pater et de Vien, le buste de Louis XVI par Pajou, quelques bronzes de Gouthière, quelques meubles décorés de cuivres ciselés, d'une merveilleuse finesse, et surtout les cuivres ciselésdorés qui ornent la cheminée de la chambre à coucher de Marie-Antoinette : pendule avec l'aigle impériale, tableaux représentant des tiges d'oeillets, trépieds avec guirlandes, appliques à trois branches en cuivre émaillé bleu. Le bon goût de la composition et la perfection de l'exécution font de ces bronzes d'admirables œuvres d'art.