CHAPITRE III
On admet généralement qu'au moment de la Révolution, Versailles renfermait 80,000 habitants, se composant de nobles vivant à la Cour, d'officiers et de serviteurs de tout rang appartenant aux maisons du Roi, de la Reine, des princes et des princesses de la famille royale, et puis d'un nombre infini de valets et de laquais, d'un certain nombre de bourgeois, d'ouvriers et de petits commerçants, tous vivant du séjour de la Cour à Versailles, et cependant, comme il arrive souvent en pareil cas, hostiles à la Cour et pleins d'envie et de haine contre elle. On ajoute que la Révolution fit descendre le chiffre de la population à 25,000. Je crois que le chiffre de 80,000 doit être réduit à 50,000, et qu'il est exact de dire que la Révolution réduisit de moitié la population versaillaise.
Dès l'origine, les habitants de Versailles se montrèrent favorables à la Révolution, qui commença dans leur ville. On sait que les Etats-Généraux s'ouvrirent le 5 mai 1789, et que la séance d'ouverture fut précédée, le 4 mai, par une procession solennelle. Le Roi, la Reine, toute la Cour et les 1200 députés se rendirent de Notre-Dame à Saint-Louis, au milieu d'une haie formée par les Gardes françaises et suisses, qui avaient peine à contenir la foule énorme qui se pressait dans les rues et sur les places. Tout Paris était venu à Versailles. Les rues étaient tendues des plus belles tapisseries de la Couronne ; les fenêtres étaient remplies dt^
femmes aux toilettes brillantes, les toits chargés d'hommes. « Tout ce monde, dit Michelet, était ému, attendri, plein de trouble et d'espérance. Une grande chose commençait ; quel en serait le progrès, l'issue, les résultats, qui pouvait le dire? L'éclat d'un tel spectacle, si varié, si majestueux, la musique, qui se faisait entendre de distance en distance, faisaient taire toute autre pensée. Beau jour, dernier jour de paix, premier d'immense avenir ! »
Ce qui frappait le plus dans cette procession, c'était le bataillon des 600 députés du Tiers-État, « tous heureux de ce grand jour qu'ils avaient fait et qui était leur victoire. »
Le lendemain eut lieu, dans la salle des Menus-Plaisirs, la séance d'ouverture des Etats-Généraux. On va lire le compterendu que Grimm en a donné :
Dès le matin avant neuf heures il n'y avait plus de gradins, plus de tribunes qui ne fussent occupés. On ne croit pas se tromper beaucoup en estimant que ces places pouvaient contenir plus de 2000 spectateurs. Excepté l'entre-colonne réservé aux ministres étrangers, tous les bancs de devant avaient été gardés pour les dames, et cette attention ne contribuait pas peu à augmenter la pompe du spectacle, par l'élégance et la richesse de leurs parures.
C'est dans cette salle que, entre neuf et dix heures, M. le marquis de Brézé * et deux maîtres des cérémonies commencèrent à placer les députations suivant l'ordre de leurs bailliages : chacun des membres fut conduit à sa place par un des officiers des cérémonies ; cet arrangement employa plus de deux heures. En attendant, les conseillers d'Etat, les gouverneurs, les lieutenants généraux des provinces, les ministres et secrétaires d'Etat vinrent prendre aussi leurs places au milieu de l'enceinte du parquet. Lorsque M. Necker parut, il fut vivement applaudi ; M. le duc d'Orléans le fut deux fois, et lorsqu'on le vit arriver avec les députés de Crépyen-Valois, et lorsqu'il insista pour faire passer devant lui le curé de sa députation. On applaudit aussi d'une manière très-distinguée les députés du Dauphiné ^ Quelques mains se disposaient à rendre le môme hommage à la députation de Provence, mais elles furent arrêtées par un murmure désapprobateur, dont l'application personnelle ne put échapper à la sagacité de M. le comte de Mirabeau
* Grand maître des cérémonies.
^ Les députés des municipalités dauphinoises s'étaient réunis, le 21 juillet 1788, au château de Vizille et avaient réclamé la convocation des Elats- Généraux.
* Député du Tiers-Etat de la ville d'Aix.
Les nobles étaient en manteau noir relevé d'un parement d'étoffe d'or, la veste analogue au parement, les bas blancs la cravate de dentelle et le chapeau à plumes blanches retroussé à la Henri IV ; les cardinaux en chape rouge, les archevêques et évêques, placés sur la première banquette du clergé, en rochet, camail, soutane violette et bonnet carré ; les députés du Tiers-Etat en habit noir, manteau court, cravate de mousseline, chapeau retroussé de trois côtés, sans ganses ni bouton. Les ministres d'épée avaient le même habit que les députés de la noblesse ; les ministres de robe, leur costume ordinaire. M. Necker était le seul acteur de ce grand spectacle qui fiit en habit de ville ordinaire, pluie d'or, sur un fond cannelle, avec une riche broderie en paillettes.
Le roi d'armes avec quatre hérauts revêtus de leurs cottes d'armes se tinrent debout à l'entrée de la salle pendant toute la cérémonie. Il y avait un Garde du corps, l'arme au bras, dans chaque tribune et dans chaque entre-colonne.
Après que tout le monde fut placé, on alla avertir le Roi et la Reine, qui arrivèrent aussitôt précédés et suivis des princes et princesses de leur cortège. Le Roi se plaça sur son trône, la Reine à sa gauche ; les princes et princesses formèrent un demi-cercle autour de S. M. Les dames de la Cour occupaient en grande parure les gradins placés en amphithéâtre, aux deux côtés de l'estrade. Au moment où le Roi entra, toute l'assemblée se leva, la salle retentit d'applaudissements, de battements de mains, de cris de vive le Roi ! marqués par l'efiFusion de cœur la plus touchante et l'attendrissement le plus respectueux. A cette bruyante explosion succéda le plus profond silence, et ce silence auguste et majestueux dura tant que le Roi se tint debout pour donner à la Cour le temps de se placer.
Le Roi, revêtu du grand manteau royal, couvert d'un chapeau à plumes, dont la ganse était enrichie de diamants et dont le bouton était le Piiû^, ne tarda pas à remplir l'attente qui, dans ce moment, tenait tous les regards, tous les esprits en suspens et pour ainsi dire immobiles. Après avoir levé son chapeau et s'être recouvert, il lut avec beaucoup de dignité un discours également sage et paternel. Ce discours fut interrompu à deux ou trois reprises par des acclamations qui semblaient involontaires et dont une émotion tendre et respectueuse faisait oublier l'inconvenance; l'accent avec lequel S. M. en prononça les dernières phrases prouve qu'Elle partageait elle-même le sentiment dont l'expression de ses bontés venait de remplir tous les cœurs. Il me semble que si les mânes de Louis XIV avaient été témoins de ce touchant et magnifique spectacle, cette âme si grande et si fière eût senti dans ce moment qu'il y avait une manière d'être roi, dont tout le faste, toutes les
* Oa portait la culotte courte.
* Ou le Bégentj valant 12 millions de francs.
pompes d'une Cour idolâtre ne peut égaler la gloire et le bonheur.
S. M. termina son discours en annonçant que son garde des sceaux allait expliquer plus amplement ses intentions, et qu'EUe avait ordonné au directeur général des finances d'en exposer l'état à l'Assemblée. M. le garde des sceaux s'étant approché du trône et ayant pris les ordres du Roi, revint à sa place et dit à haute voix : « le Roi permet qu'on s'asseye et qu'on se couvre. »
Tous les yeux se fixèrent sur le Tiers-Etat. Allait-il s'asseoir et se couvrir, contrairement aux anciennes coutumes, ou rester debout et découvert? On se rappelait qu'en 1614, le Tiers -Etat ayant osé dire que les trois Ordres étaient trois frères, enfants de leur mère commune, la France, que le Clergé était l'aîné, la Noblesse le puiné, et le Tiers-Etat le cadet, les Ordres privilégiés se soulevèrent contre une telle proposition et déclarèrent « qu'il n'y avait aucune fraternité entre eux et le Tiers ; qu'ils ne voulaient pas que des enfants de cordonniers et de savetiers les appelassent frères, et qu'il y avait autant de différence entr'eux et le Tiers comme entre le maître et le valet. » Le 5 mai 1789, les députés du Tiers, sans hésiter, se couvrirent et s'assirent. C'était la Révolution qui commençait, et l'égalité entre les Ordres qui s'affirmait. Orimm ne dit pas un mot de ce fait grave, et ne parle que des plumes blanches des chapeaux qui formèrent comme un nuage.
Les trois Ordres s'assirent et se couvrirent, dit-il simplement. Le nuage de plumes blanches qui parut s'élever dans ce moment sur une grande partie de la salle offrit encore un coup d'œil assez extraordinaire pour ne pas être oublié.
Le discours de M. le Garde des sceaux, qui, malheureusement, ne put être entendu que du petit nombre des auditeurs placés près de lui, rappela avec intérêt tous les sacrifices que S. M. a faits et qu'Elle est encore disposée à faire pour établir la félicité générale sur la base sacrée de la liberté publique.
Le rapport de M. le directeur général des finances a tenu près de trois heures. Il n'en a pu lire lui-même que la première partie ; sentant que sa voix ne pouvait plus se faire entendre, il a demandé au Roi la permission d'en faire achever la lecture, et c'est M. Broussonnet, secrétaire de la société royale d'agriculture, qui s'en est acquitté avec un organe très-sonore. Je ne pense pas que jamais discours aussi long, aussi ennuyeux, du moins pour une grande partie des auditeurs , ait été cependant écouté avec une attention plus vive et plus soutenue....
Après la lecture de ce discours, le Roi s'est levé et s'est tenu debout pendant quelques minutes ; ensuite, S. M. est sortie, suivie et précédée de la Cour, de son cortège, aux acclamations de toute l'Assemblée. Les cris de vive la Reine, se sont mêlés aux cris de vive le Roi l et les applaudissements d'une foule immense ont accompagné LL. MM. jusqu'au château.
Il était impossible d'assister à ce grand spectacle, à cette scène sublime, dont les suites vont peut-être décider à jamais du sort de la France, sans éprouver les plus vives émotions de crainte, d'espérance et de respect.
La première question qui s'agita dans l'Assemblée fut celle de la vérification des pouvoirs de ses membres. Vérifieraiton les pouvoirs par Ordre ou en commun, c'est-à-dire y auraitil, comme autrefois, trois assemblées, celles du Clergé, de la Noblesse et du Tiers-Etat, ou les trois Ordres réunis ne formeraient-ils qu'une seule assemblée? Le Tiers, dont on avait doublé le nombre des députés, ce qui était inutile si Ton devait avoir trois assemblées séparées, soutenait qu'on devait vérifier les pouvoirs en commun. Sur cette question, en apparence secondaire, la lutte éclata. En effet, avec une seule assemblée, le Tiers, soutenu par la noblesse libérale et le bas clergé, c'est-à-dire par les curés, a une majorité puissante et fait les réformes nécessaires; avec trois chambres, le Tiers est vaincu, car il y aura toujours une ou deux chambres opposées à ses résolutions.
Le débat fut long et ne se termina que le 47 juin. Ce jourlà, le Tiers se déclara Assemblée nationale et invita les deux autres Ordres à se joindre à lui pour vérifier en commun les pouvoirs des membres de l'Assemblée. Le 19, le Clergé vota pour la réunion des trois Ordres. Le 20, le Roi fit fermer la salle des Menus-Plaisirs, qui servait, à cause de sa grandeur, de salle de séance au Tiers-Etat ; le prétexte était qu'il y avait à faire des préparatifs, à poser des tentures, pour la séance que le Roi devait y tenir le 22. Les députés du Tiers se rendirent alors au Jeu-de-Paume, où ils firent leur célèbre serment. Le 22, le Tiers, voulant se réunir encore au Jeu-de-Paume, trouva la porte fermée; le comte d'Artois avait loué la salle pour y jouer! Le Tiers alla tenir sa séance à l'église de Saint-Louis, où 149 députés du Clergé vinrent se réunir à lui. Le lendemain 23, le Roi tint la séance royale ;
YERSAILLES DEPUIS 1789 451
il accorda quelques réformes, et termina en ordonnant aux trois Ordres de voter séparément et de se retirer. Le Clergé et la Noblesse obéirent, mais le Tiers resta en séance après le départ du Roi, et, quand le grand-maître des cérémonies vint le sommer d'obéir , Mirabeau lui répondit : « Nous sommes ici par la volonté du peuple, nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes. » Siéyès, l'homme des formules, donna celle de la situation : « Nous sommes aujourd'hui ce que nous étions hier », ce qui voulait dire que les décisions prises par le Tiers et cassées par le Roi subsistaient néanmoins, partant que ^autorité des députés était supérieure à celle du Roi, et qu'il n'y avait pas lieu à exécuter ses ordres. Le Tiers resta en séance, proclama l'inviolabilité de ses membres, affirmant ainsi par ses actes qu'il était supérieur à la royauté.
Louis XVI se soumit, et, le 27, le Clergé et la Noblesse se réunirent au Tiers-État, qui sortait vainqueur de cette lutte mémorable. La prise de la Bastille, le 14 juillet, acheva la défaite de la royauté. Le 4 août, l'Assemblée, qui avait pris le titre nouveau d'Assemblée nationale constituante, abolissait les droits féodaux et les privilèges ; le 20, elle votait la déclaration des Droits de l'homme.
Le l^i" octobre, le banquet des Gardes du corps soulevait le peuple de Paris, qui se jeta sur Versailles, le 5, envahit le château dans la nuit et, le 6, força le Roi à venir à Paris, où il s'installa aux Tuileries. L'Assemblée y fut transférée le 15 octobre. Versailles cessa alors d'être le siège du gouvernement et le centre de la Révolution.
Le 9 septembre 1792, les rues de Versailles furent ensanglantées par d'odieux massacres accomplis par des bandes d'égorgeurs venus de Paris. Un certain nombre de prisonniers politiques étaient détenus à Orléans pour y être jugés par la haute cour nationale. Une bande de Marseillais partie de Paris alla les chercher à Orléans, et, malgré l'Assemblée législative, les amena à Paris. Le 9, les prisonniers entrèrent à Versailles par la rue des Chantiers; ils suivirent l'avenue de Paris, la place d'Armes et la rue de la Surintendance, au milieu des huées et des menaces proférées par les bandits qui s'étaient rassemblés à Versailles. On les conduisait à la
LE CHATEAU LE \T:RSA1LLES
Ménagerie, où le maire de Versailles, l'honnête et. courageux Richaud, avait prescrit de les conduire pour les mettre en sûreté. Mais la grille de l'Orangerie se trouva fermée ; les voitures dans lesquelles étaient les prisonniers et leur escorte se dirigèrent alors sur la mairie, au milieu d'un tumulte violent. Arrivées aux Quatre-BornesS les voitures sont attaquées par les assassins, et les prisonniers massacrés après une longue lutte, qui dura plus d'une heure. Richaud, qui s'était efforcé de sauver les victimes, aurait été tué, s'il n'eût été enlevé par un fort de la halle qui le porta dans une maison voisine. Quarante-quatre prisonniers sur cinquantedeux furent égorgés; les autres furent sauvés par quelques courageux habitants de la rue de l'Orangerie.
Quand la tuerie fut terminée sur ce point, les massacreurs se jetèrent sur les prisons de la ville ; ils tuèrent 22 nouvelles victimes à la geôle et à la maison d'arrêt*. Le lendemain 10, ils recommencèrent à tuer à la geôle ; ils y avaient encore fait quatre victimes, quand Richaud parvint, à force de courage, à faire cesser les massacres.
En 1814, le l^^" avril, après la capitulation de Paris, les Prussiens entrèrent dans Versailles, écrasèrent la ville de réquisitions et pillèrent les immenses magasins militaires établis au Grand-Commun. Le 6 avril, les Russes entrèrent à leur tour et occupèrent la butte de Picardie. En même temps arrivait à Versailles le corps d'armée du duc de Raguse, plein de fureur contre son chef, lui reprochant sa trahison et voulant absolument combattre. La ville risquait de devenir un champ de bataille; mais le maire, M. de Jouvencel, parvint à calmer les principaux chefs et obtint leur départ pour Rambouillet.
M. de Jouvencel se trouvait aussi aux prises avec un ennemi encore plus redoutable que les Prussiens et les Cosaques; c'était le typhus. Versailles était alors encombré de malades et de blessés de toutes les nations; il les évacua sur Rambouillet, Saint-Germain et autres localités, et préserva la ville des atteintes du fléau.
* A l'intersection des rues de l'Orangerie et de Satory. ' Etablie rue de la Pompe, aux Ecuries de la Reine.
En 1815, les Prussiens revinrent à Versailles, et, le 1«'' juillet allèrent se faire battre à Rocqueneourt par le général Excelmans; mais le lendemain l'armée de Blucher, forte de 60,000 hommes, occupa la ville. L'artillerie anglaise, jointe à l'armée prussienne, campa dans le parc, autour du bassin du Dragon. Versailles resta occupé par les troupes étrangères jusqu'au 28 décembre 1815.
En 1832, le roi Louis-Philippe fit élever à la place Dauphins une statue du général Hoche, né à Versailles. Cette statue, en marbre*, était fort ridicule, représentant le général nu et assis, avec un casque et un glaive grecs. Elle fut remplacée en 1836 par la statue de bronze, œuvre de Lemaire, qu'on voit aujourd'hui. Mais l'événement principal de l'histoire de Versailles, pendant la monarchie de Juillet, est l'ouverture du Musée historique, en 1837. — On ouvrit au culte, en 1850, la nouvelle église de Sainte-Élisabeth, construite de 1848 à 1850.
Sous le second Empire on construisit la nouvelle Préfecture (1863-67) sur l'emplacement de l'ancien Chenil et sur les dessins de M. Amédée Manuel. L'entrée principale est sur l'avenue de Paris. L'hôtel a servi de résidence au roi de Prusse en 1870, puis à M. Thiers et au maréchal de Mac-Mahon, présidents de la République, pendant le séjour des Chambres à Versailles. C'est à la Préfecture que se trouvent les Archives de Seine-et-Oise, précieux dépôt de documents relatifs à la Révolution.
Un nouveau quartier, le quartier de Olagny, fut ajouté à Versailles pendant le règne de Napoléon III. L'ancien parc de Clagny se composait encore à cette époque de 52 hectares de terres en culture, de prés et de bois. Entouré de murs de tous côtés, on ne pouvait entrer dans le parc que par le boulevard de la Reine et la rue du Parc-de-Clagny, qui conduisait à l'usine à gaz. En 1857, MM. Gauthier, Leroux et Coëffier, habitants de Versailles, formèrent le projet d'ouvrir une communication entre la rue Duplessis et le parc pour le réunir à la ville, et de le transformer en un quartier où l'on ne construirait que d'élégantes villas entourées de
* Celte statue avait été faite à Rome, en 1808, par Milhomme. Elle est aujourd'hui au musée de Versailles, n° 1584.
jardins. Ces Messieurs achetèrent le parc à l'ancienne Compagnie du chemin de fer de la rive droite et à divers propriétaires; ils acquirent de l'Etat une partie du bois de Fausses-Reposes, obtinrent de M. Remilly, alors maire de Versailles, le concours de la Ville, et, dès 1857, la transformation du parc de Clagny commença. Les premières rues ou avenues furent percées, les premières maisons furent bâties; on vendit par lots le terrain, et aujourd'hui le quartier de Clagny compte environ 150 maisons, villas ou châteaux.
Les principales artères du nouveau quartier sont : l'avenue de Villeneuve-l'Étang, la rue de Solferino, la rue Remilly, la rue Berthier prolongée et la rue du Parc-de-Clagny.
Après la bataille de Sedan et l'effondrement de l'Empire, les Prussiens firent le siège ou plutôt l'investissement de Paris. Versailles devint leur quartier général et la résidence du roi de Prusse, du prince royal et de MM. de Bismarck et de Moltke. La ville fut occupée du 19 septembre 1870 au 12 mars 1871. Quelque court que doive être ce résumé historique, il faut dire que le maire, M. Rameau, et le Conseil municipal rendirent de grands services à la ville, pendant l'occupation, en la défendant contre la rapacité des vainqueurs.
En 1871, l'Assemblée nationale vint avec M. Thiers résider à Versailles, redevenu pour la seconde fois le siège du gouvernement de la France. Les Chambres et le Président de la République sont retournés à Paris le 2 août 1879.