IV. - >ALLE DE COMEDIE DE L'AILE GABRIEL
Cette salle, construite en 1772, occupait le premier et le - ond étage de l'aile Gabriel. Elle fut établie sur l'emplacement du grand escalier qui devait remplacer l'escalier des Ambassadeurs, détruit en 1752. L'intérieur fut peint dans le genre arabesque, par Deleuze, sur les dessins de Robert et de Lagrenée.
La première représentation eut lieu le 4 janvier 1784. Mise en 1794 à la disposition du directeur du théâtre de la ville, elle fut cédée en 1800 à la Comédie-Française par le ministre de l'Intérieur et prit le nom de Théâtre du Palais national de Versailles^ . Les comédiens devaient y jouer deux fois par décade.
Le io vendémiaire (7 octobre), ils y représentèrent la tragédie de Zaïre.
Parmi les débutants les plus célèbres qui se firent connaître à Versailles, il faut citer Mlle Duchesnois, dans le rôle de Phèdre, la belle Mlle George, qui joua le rôle de Rodogune, Mlle Raucourt, dans Cléopâtre.
A la représentation de Rodogune (19 avril 1801), toutes les loges avaient été louées par les Parisiens, et il n'y eut pas de place pour les amateurs de Versailles. La beauté de M1Ie George fit plus d'effet que son talent; on la trouva un peu froide.
En 1805, Michelot débuta dans Britannicus. Toutes les célébrités de la Comédie-Française : Lafond, Talma, Saint-Prix, Monvel, Mlle Raucourt, vinrent jouer sur cette scène les plus belles pièces de Corneille, de Racine et de Voltaire; mais vers la fin de 1805, faute de recettes suffisantes, la Comédie- Française ne vint plus à Versailles, et le théâtre fut fermé-.
1 On lit dans le Moniteur du 14 vendémiaire an IX (6 octobre 1800] que le Gouvernement, cherchant à consoler l'intéressante commune de Versailles des pertes que lui a causées la Révolution, vient d'ajouter aux divers établissements publics qu'il y a établis musée, bibliothèque, école centrale; le bienfait d'un spectacle français vraiment digne de ce nom.
2 Journal de Seine-et-Oise, 1805.
La salle a été détruite par Louis-Philippe, et l'emplacement qu'elle occupait reste toujours inoccupé.