‹ Le château de Versailles; histoire et descriptionChapitre 24 sur 54 · SALLES SERVANT DE PASSAGE · texte numérisé non relu

SALLES SERVANT DE PASSAGE

prend tous les plats sitôt que le Roi les a mis sur la table, et les remet dans des paniers ou corbeilles qui sont tenues par les pères et mères, ou parens des enfans, auxquels le tout appartient.

Cette cérémonie ainsi parachevée, le Roi vient à la messe avec une grande suite de princes, seigneurs et officiers de la Cour, et à Tissue, avec un cierge blanc en main, suivi des mêmes princes et seigneurs, il accompagne le saint Sacrement depuis Taulel où la messe a été dite, jusques dans un oratoire qu'on a préparé, où il est posé en grand dévotion '.

Louis XV et Louis XVI tinrent plusieurs lits de justice dans cette salle, l'une des plus grandes du palais.

On appelait lit de justice une séance solennelle du Parlement, dans laquelle le Roi siégeait, placé sous un dais et assis sur une pile de coussins, entouré des ducs et pairs, et assisté du chancelier. Le Roi tenait un lit de justice pour forcer le Parlement à se soumettre à son autorité et à enregistrer un édit auquel il refusait la sanction de Tenregistrement. Quatre lits de justice furent tenus à Versailles : en 4732, 4756, 4774, SOUS Louis XV, et 4787, sous Louis XVI.

Le 6 octobre 4789, Louis XVI, accompagné de M. de la Fayette, reçut dans cette salle le serment de fidélité des gardes nationales parisiennes.

Salles serraiit de passage ponr aUer dans TaUe des Princes

La salle 444 se composait de deux parties: à droite, la décharge de la toilette de la Reine ; à gauche, un passage établissant la communication entre la grande salle des Gardes et Taile du Midi.

La salle 445 servait de vestibule d'entrée du côté de Tescalier des Princes. Sous Louis XV on rappelait le salon des Marchands ; sous Louis XVI on en fit la salle des Cent- Suisses.

Des marchands étaient établis dans ce salon, dans les

' Do PsnuT, Histoire eccUùa$tiqu€ de la Cour, 1645, in-folio, p. 774. — - La Rane célébrait aussi une cérémouie de la Cène, assistée par les princesses de U famille royale et du sang, et par les duchesses, qui portaient les plats (LuTNBB, XI, 09).

galeries et à chaque repos des grands escaliers ^ On y veadait des livres * et des articles de papeterie *, d'horlogerie, de toilette et de parfumerie.

Joseph II, pendant son séjour à Versailles, blâma cette tolérance accordée aux marchands.

Il y avait aussi des mendiants dans le château el le nombre en était devenu tel en 4700, que Louis XIV c répandit 50 Suisses dans le château pour prendre les gens qui gueasoient et les faire conduire à Thôpital général ^ ». Quelque temps après, Dangeau ajoute : « On ne voit plus de pauvres dans le château, et bientôt on n'en verra plus dans la ville. ■

Il n'y avait pas de police dans le château. Le premier venu allait et venait librement, et partout, à Versailles comme i Marly. « Hier, dit le duc de Luynes^, deux commis des aides de Saint- Germain, qui étoient venus ici à Marly pour voirie château et le salon, ayant monté en haut dans le château pour regarder le salon de Tune des tribunes d'en haut, trouvèrent devant eux un escalier qu'ils crurent aussi bon pour redescendre que celui par où ils avoient monté ; cet escalier est celui qui donne dans les cabinets du Roi. Etant descendus en bas ils arrivèrent â la porte du cabinet du Roi, où Sa Majesté travailloit avec M. le contrôleur-général; ils grattèrent, et le Roi vint lui-même leur ouvrir. Ils furent fort étonnes de voir le Roi, qu'ils reconnurent, et le Roi surpris de voir des gens qu'il ne connoissoit pas. Ils avouèrent qu'ils s'étoient égarés, et il n'en fut pas autre chose. »

* M^ne Camp AN, I, 179.

* L'ouvrage de l'abbé de Lubersac, Idées sommaires politiquts et morilti sur le Gouvernement de la France^ publié en 1788 el dédié à Monsieur, est indiqué comme se trouvant aux galeries de Versailles (Bibliothèque de Versailles, in-4°, A 34 C).

' Le Bulletin metisuel de la librairie Morgand et Fatout ^qov. 1880. p. 483) publie l'étiquette suivante. ■ A la Chercheuse d'esprit, rue Satorj» vis-à-vis la rue du Vieux- Versailles, et au Château^ à côté de M. leiat de Luyncs (c'est-à-dire sur le palier de l'escalier des Princes), à VersaiHn.

FouRNiER, libraire, relieur du Roi et de la Reine, et marchand papetitf suivant la Cour ; vend, achète et relie toutes sortes de livres. Vend papier, plumes, encre, registres et généralement tout ce qui concerne la papeterie. A Fontainebleau, au Château, galerie de Diane. Au Château de Compiè^et à côté de la Sacristie. Au Château à Marlj, à côté de la chapelle.

* Dangeau, 1700, 2 juillet.

' 1746, 31 janvier.

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