‹ Le château de Versailles; histoire et descriptionChapitre 23 sur 54 · GRANDE SALLE DES GARDES · texte numérisé non relu

GRANDE SALLE DES GARDES

SALLES SERVANT DB PASSAGE POUR ALLER DANS L'aILE DES PRINCES APPARTEMENT DE LA GOUVERNANTE DES ENFANTS DE FRANCE

Pour finir la description du premier étage de ce côté, nous avons encore à parler de la grande salle des Gardes, des deux salles qui servaient de passage pour aller dans Taile des Princes et de Tappartement de la gouvernante des Enfants de France.

Grande salle des Gardes (UO).

La grande salle des Gardes, appelée aujourd'hui la salle du Sacre^ fut de 1670 à 4682 une chapelle, puis devint la grande salle des Gardes.

L'ancienne décoration a été complètement détruite; les peintures du plafond datent du Consulat. Les dessus de porte ont été peints par Gérard.

C*est dans la grande salle des Gardes que le Boi faisait chaque année la cérémonie de la Gène, le Jeudi saint ^

Un écrivain du zvii« siècle décrit ainsi cette cérémonie :

La cérémonie aujourd'hui observée à la Cour le Jeudi saint est teUe.

Le mercredi auparavant, pendant les Ténèbre», auxquelles Sa Majesté assiste, l'un des aumôniers servans et le premier médecin du Roi, suivi des chirurgiens et barbiers, se rendent en un lieu où est asitemblé un grand nombre do pauvres jeunes enfans, parmi lesquels on en choisit treize petits, les plus agréables, qui sont visités

* Cet nsage remonte ta roi Robert ; le nombre des pauvres était alors illimilé ; il fut ûxé à treiie bous Louis XIIL Le Roi servait treize plats à chèque peovre et lui donnait une bourse contenant treize écus. C'est de la cour des empereurs grecs que cotte coutume s'était répandue dans le reste de l'Europe.

par le premier médecin el par les chirurgiens el barbiers du Roi, pour voir s'ils sont nets et n'ont point aucunes fistules ou gales sur le corps, et notamment aux pieds, et ces treize petits enfàns étant trouvés tels qu'il est nécessaire pour être présentés le lendemain, qui est le Jeudi saint, devant le Roi, à la cérémonie du lavement des pieds, ils sont mis par M. le grand aumônier sur un rôle signé de lui, lequel est mis entre les mains du trésorier des aumônes et offrandes du Roi, afin qu'il donne ordre à ce qui est nécessaire pour la cérémonie, en ce qui dépend de sa charge.

Le Jeudi saint, dès six heures du matin, ces treize petits pauvres sont menés à la fourrière, où le barbier du commun de la maison du Roi leur rase les cheveux et coupe les ongles du pied à chacun; puis on les fait chauffer, et on leur baille à déjeuner, el les officiers de la fourrière leur lavent après les jambes et les pieds avec de l'eau tiède et des herbes odoriférantes, afin que Sa Migesté n'en reçoive aucune mauvaise odeur. Cela fait, ils sont habillés d'une petite robe de drap rouge, ayant un chaperon à hache, attaché derrière, avec deux aunes de toile qui leur pendent depuis le col jusques en bas, où sont enveloppés leurs pieds, et sont conduits par leurs pères et mères, ou quelqu'un de leurs parens, en la salle où se doit, faire la cérémonie et assis le long d'im banc, le dos tourné contre la table où le Roi les doit servir, et le visage vers la chaire, où le grand aumônier, ou autre prélat choisi pour faire ce jour le service divin devant Sa Majesté, doit faire l'exhortation sur le sujet de cette cérémonie.

L'exhortation faite, on chante le Miserere, à l'issue duquel le grand aumônier, ou autre prélat qui a fait l'exhortation, donne l'absolution, puis le Hoi s'avance vers les enfans, et prosterné à deux genoux commence à laver le pied droit au premier, et le baise, et ainsi coulinue aux autres. Lo grand aumônier de France tient le bassin d'argent doré, et l'un des aumôniers servans tient le pied de l'enfant que le Uoi lave, essuie et baise après.

Ce lavement étant fait, les enfans sont passés de l'autre côté de la table, où ils sont servis par le Roi, chacun de treize plats de bois, les uns pleins de légumes, les autres de poisson, et d'une petite cruche pleine do vin, sur laquelle on met trois pains ou échaudés, et puis le l^oi passe au col à chacun d'eux une bourse de cuir rouge, dans laquelle il y a treize écus, laquelle est présentée à Sa Majesté par le trésorier des aumônes. Tous ces mets sont présentés au Roi par les princes du saug royal et autres princes et grands seigneurs qui se trouvent lors auprès de Sa Majesté * ; le premier maître d'hOlel, eu l'abseuce du grand maître de France, marchant devant eux avec son bilton de premier maître d'hôtel en grande cérémonie ; et derrière les enfans il y a un aumônier servant qui

' En cas d'empOchement du Roi , Sa Majesté est remplacée par le Dauphin ou un prince de sang royal.

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