APPARTEMENT DU DAUPHIN
C'étoit, dit Saint-Simon, une grosse camarde, fraîche, renie, fort laide, mais plaisante, hardie et de beaucoup d'et» it. » EDe était Tune des filles d'honneur de la princesse rConty, fille du Roi ; jelle avait eu pour amant M. de Cloront, qtd eoartisait en même temps la princesse de Gonty. sur correspondance tomba entre les mains du Roi, qui, la 3UTant remplie de railleries sur la princesse, et mécon- Qt de la conduite de sa fille, exila M. de Glermont et Ut Ghooin K
nu* CSioain se retira à Paris, où Monseigneur continua à la Âr. n en devint fort épris et l'épousa en secret vers 1695, mme il semble résulter d*une lettre qu'il écrivit à M"^^' de aintenon :
J'avois résolu de vous aller voir ce matin, mais vous étiez à lint-Cyr, ainsi je ne Tai pas pu faire. Comme je sais, madame, le Je n'ai peCs de meilleure amie que vous, et que je vous ai pro- \b de TOUS parler de toutes mes affaires, je vous écris cette lettre. sois persuadé qu'elle vous surprendra fort ; car c'est pour vous re que je commence à songer à me remarier, étant encore assez ine pour sentir que je ne serois pas sage ; et comme je sais que chose du monde que le Roi appréhenderoit le plus seroit que je Qbasse dans la débauche, je vous prie de me mander véritabletnt votre sentiment là-dessus, et de me marquer quand je pourrai os aller voir, pour que nous puissions un peu parler ensemble. sois persuadé que vous croyez bien que J*ai examiné tous les ionvéniens qu'il peut y avoir, car je vous assure qu'il y a longapsquejene pense qu'à cela. Le premier, qui est le plus consirable, est qu'il me parolt que le Roi en est fort éloigné, et le iond, que je ne vois pas de princesses qui me convienne. Voilà Lt ce que je puis vous dire pour le présent par écrit. Je vous ïplie de ne pas faire semblant de ce que je vous mande que je vous aie parlé. N'en parlez pas môme au Roi, et faites-moi un lt de réponse; mais soyez assurée que je ne vous dis tout ceci e par conscience, et que j'aimcrois mieux mourir que de faire elqoe chose qui déplût au Roi. Croyez que personne n'est plus à iB que moi. Encore un coup, le secret, et un peu d'audience and vous le pourrez. Vous pouvez donner un petit mot de réponse foyeox*, qui portera ma lettre*.
^ Dahobau, 1604, 22 août.
' Valet de chambre de confiance da Dauphin.
' Uttres de Louis XIV, de M^ le Dauphin, etc., adrmies à M^ de
winiêncnj 1832, in-8<>.
191! LE CHATEAU DE YERSAILlïS
Seuls, quelques valets furent d'abord dans lo secret, W" Chouin ne voyant absolument personne, ni à Cboî^, m è Méudon .
Peu à peu, dit Saint-Simon, par pitié de cette solitude, Mttsni-
gacMt la laissa voir â Sainte-Maure et à quelttuce coartisaiw bt»-
favoris, tit de l'un h l'autre, cela a'élargit; enfin cela derlat k
Heudon co que M'"° de MaiutL'non éloit â Versaillea, HKpie
qu'elle ne aortoil point d'un apparlemeiil conligu à culal do Hou-
peigDcur qui ee communiquoit par ud degré, et les eBRau d*
Uaneaigueur, W^' la Ducbesso et beaucoup d'hommes et de damu
la pied de privanco l'ail oiout voir, et il ; avoil h la Bnilo
ers assez fréquena à Ueudon, "juaud ce n'âtoit qu'allm etTisir
,a coucher, o4i non-seulement itionseigneur dlnoit avec «IlflyUii
l;ll""* la duchesse de Bourgogne, les en^ns de Monsuigncnr vltintf-
ss dames, et cela s'appeloit le Parvulo... Et il arriva qn^nb
" Chouin eut une cour à Paris, bien plus grosse qa'eilu un Twt~
liiott, et qu'elle vit M'°° de Maintenon, oirodme le Roi. dan* Im fin,
l'A des voyages à Meudon, où elle ëtoil eUe-mCtne, iub1« lonjOBn
lanssa retraite.
C'âtoit une trËs-bonne créature, qui ne sortoît ni de sa ptecm Si
état avec ceux qu'elle voycil ; fort dësinlérciséd, ^
t demandoit jamais, d'un bon esprit, seuBêe et ratiMMiBiUli
ir qui U'^" de Uaintenon avoit de la considération, et qui idili
tout à la fin de se Tenir établir & Versailles, où le Roi la dMltf
r i^QF retenir Monseigneur, qui avoit autant ou plus d'aliBsdon pan
elle, et de mnlaisu sans elle, que 1« Roi pour M"" du MuintcnoOi 1
quoi MoDseigncur plioit sans avoir jamais pu s'j accautuoilt-
C'étolt Ib-dessu3 que W"' la duchesse de Bourgogne disoît plaliOBt-
ment, depuis la grande dévotion de M. le duc de BourgofK,
qu'elle voudroit mourir et revivre bientôt apr^a, pour avoir l« ^Ù'
sir de retrouver U. le duc do Bourgogne socrËleinent inarlâ t VO*
tourlËre des mies de SaiQtc~M.arie.
M"" Chouin, disoit la duchesse de Bourgogne, prenoit uo.haUeïil devant elle et recevoll un hommage et cour tout comme htfwl U*"' de Malnteuon, eu préeence et en absence de Monseigneur.
Aprâs la mort de Moassigneur, l'appartement du Uauplùii fui donné au duc de Bourgogne, puis au duc et à la ducticue de Berry'. Le plan de 171i, publié par Demortain, nous donOt la distribution exacte de l'appartement à cette époque. I^ salles 41 et 42 ne forment qu'une seule pièce, qui est la S des Gardes du duc de Berry ; — les salies 43 et 44 c
u;i, 1112, i JuUlel.
LE <iHANTi IiKi.MK jw.»
l'appartement <lu prince; — les salles i."> .ii), ci'liii dr hi duchesse. C'est la qu'elle accoucha, à sept mois, le 26 mars 1743, du duc d'Alençoû, qui mourut le 45 avril.
Puis rappartement fut occupé par le Régent en 1722 et 4723; par le duc de Bourbon, pendant son ministère * ; par le Dauphin, fils de Louis XV, jusqu'à sa mort arrivée en 1765; par le comte de Provence, de 1774 à 4788; enfin par les Enfants de France, en 1788 et 4789.
LE GRAND DEGRÉ OU L'ESCALIER DES AMBASSADEURS (Biealier et TSitibale 96, mIoq 59, escalier 135 et lelle 196.)
Le grand escalier, chef-d'œuvre de Dorhay et de Levau, fut commencé en 4674 et achevé en 4680. Au temps de Louis XI Y, on rappelait généralement le grand degré ; il était aussi appelé Tescalier des Ambassadeurs, parce qull était particulièrement destiné aux ambassadeurs des Cours étrangères lorsqu'ils allaient en cérémonie recevoir audience du Roi.
On y arrivait par trois arcades qui servaient d'entrée à un vestibule situé au-dessous de la Petite-Galerie. Les arcades étaient ornées de grilles en fer doré, forgées par Delobel'. Le vestibule était pavé et partout revêtu des marbres les plus beaux, disposés en grands compartiments, comme à Tescalier de la Reine; sa voûte était enrichie d'ornements et de trophées en bronze doré. On passait ensuite trois autres arcades qui conduisaient à l'escalier, dont le vaisseau avait 21 mètres sur 10. Onze marches amenaient au premier palier, au fond duquel était une niche avec une fontaine ornée de statues en bronze doré. A droite et à gauche de ce palier, il y avait deux rampes, chacune de 21 marches, pour monter aux appartements du Roi.
^ Saixt-Simon, XVI, 260.
* Comptes de 1674 et 1679.
PliO LE CK&TEAQ DE TEESAILLES
JtuqD'à cette haotenr, dit FéUbien, tout l'CBcalier est pavé el Inobrisflé de ^'*'*""' nuritrea ingénlfloeemenl mis les una dans lea entras. Lea merches et lea paliera sont euBsi do marbra.
Les apiinie ont outra cela des balustree otdee ornemens debramc doré, oi l'on e ropiésenté des diiAea m des dovisoB du Roi '. Va lonbusement de mSme hauteur enTlronne lout le dedans de l'escatter en nlveaa des grands paliers. C'eat de là qu'un ordre de pilastns ioniques, dont les bases et les ohapiieaux soDt dâ brunze dora, el le reste de marïire, soutient l'entablemeDl, où i'or paroU encan Bveo edat sur les omemens de la frise et de ta comicbc.
Les quatre faces du vaisseau de l'escalier, à la hauteur du premier étage, étaient décorées, d'un e6lë, au-dessus de la foDlaine, par ua boste du Roi, en marbre blaoc et placé au milieu de trophées, et en ftce par les armes de Fraace. On trouvait ensuite d'admirables portes eu bois sculpté et doré, oeuvrea de Gaffieri*; ipiatre pièces de tapisseries feintée, peintes par Yan der Meulen et placées dans de riches botdores ' ; enân (fuatre loges, où des personaages de diverses nations, aux costumes variés et éclatants, s'appuyaient sur utw balustawle couverte de tapis & Heurs d'or et semblaient regarder ce qui se passait.
^ Toutes les sculptures, omemeals, trophées, vases, etc., avaient été exécutées par Tuby, Coyzevoz, Caf&eri et Lespaguandei^.
Au dessus de l'entablement, dit FéUbien, s'élève le plafond d« l'escalier. Il est fait en forme d'une voûte percée au milieu. L'ouverture a 35 pieds de longueur sur 12 pieds de largeur * ; elle est environnée de consoles et de festons dorés, et couverte de glaces de cristal; et parla l'escalier, qui jusqu'à cet endroit contient 54 pieds d'élévation *, se trouve éclairé fort avantageusement dans toute son étendue.
Le plafond avait été peint par Lebrun. Félibien nous fait connaître la domiée générale de cette grande composition.
' Ces btiuBtrea et leurs piédestaux étaienl l'ouvre de Cucd (Comflu du Bdfimenli de ll!74, IflTT, 1679, 1560).
■ Compte» d«iSTB.
' Ces peinlures représealaieat 1« prise de ValeadeoDes, de Cambni, de Sùat-Omer, et la balsiUe de Casael. — Les dessins sont au Lonvn. * Comptes de 16T!i, Wi, 1078.
' ll'",3a sur 3° ,88. ' 17»,S3.