ACTE TROISIÈME
PANCRACE, naïvement.
Gomme vous dites... Et quoi de nouveau?
Pas de lettre d'Amérique.
PANCRACE
Ah ! ça, c'est embêtant... Enfin, ça viendra peutêtre. Vos patrons ne soupçonnent toujours rien de nos petits arrangements ?
FIRMIN
Eux? ils ne s'en doutent pas! Gomment voulezvous qu'on soupçonne qu'Androgyne et moi nous sommes payés par vous, monsieur le docteur, pour servir les Durand? Nos singes s'imaginent que c'est par dévouement que nous sommes rentrés à leur service,
PANCRACE
Parfait. Vous vous souvenez bien de ce qui est convenu entre nous.
FIRMIN
Parfaitement.
PANCRACE
Aussitôt l'apparition du facteur... Pan! un coup de fusil... J'accours... Si les nouvelles sont bonnes, si le chèque de San Francisco est arrivé, vous boitez.
FIRMIN
Et je me gratte délicatement le bout du nez...
PANCRACE
C'est bien cela, mais, si, par hasard vous étiez absent!
FIRMIN
Andi'ogyne me remplacerait... elle est au courant.
PANCRACE
Continuez tous les deux ù marcher avec moi et vous aurez une tranche de gâteau.
FIRMIN
De la galette, plutôt.
PANCRACE
Oui... le jour du contrat, je m'engage à vous abandonner 5 o/o sur le montant de la dot, qui d'un instant à l'autre, doit arriver d'Amérique.
FIRMIN
Ah monsieur est un vrai gentilhomme!
PANCRACE, avec fiiluité.
C'est de naissance, mon ami, c'est de naissance... Et Armandine ?. .. regrette-t-elle toujours son maquignon ?
FIRMIN
Elle paraît consolée, mais je crois qu'elle cache son jeu !
PANCRACE
Je vais essaj'er de la voir... En attendant, ouvre l'œil... (En sortant.) Elle Sera bien adroite, si elle me cache quelque chose... C'est que je suis malin, moi... je suis malin.. .
FIRMIX.
Comme un singe... (a paii.)^cinq pour cent sur la dot pour ouvrir l'œil... yoiUi du beau travail.