SCÈNE IX FIRMIN, ANDROGYNE, VIOLETTE
ANDllOGYXE, enliaut par la grille, suivie de V'iolelle, cuisinière de restaurant de banlieue, portant un grand panier.
Donnez-moi le panier...
VIOLETTE
Bien madame...
ANDROGYNE
Maintenant, vous allez aller me chercher la hotte de carottes que j'ai laissée à l'Ecu de France.
VIOLETTE
Bien madame.
FIRMIN, remettant de l'argent à Violette.
Vous me ra^iportere/. un paquet de tahac et une pipe en terre.
VIOLETTE
Bien, monsieur Firmin.
Elle sort.
FIRMIN
Un peu tourte, cette Violette, mais bien serviable.
Une idée épatante, que j'aie eue de la prendre à notre service à l'insu de nos singes... elle ne nous coûte rien qu'un vieux jupon par ci, un vieux corsage par là, et, dès que son service à la gargote
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lui laisse une minute, elle accourt se mettre à notre disposition.
FIRMIN
Ou'est-ce que tu nous apportes-là ?
ANDROGYXE, diiballant ses provisions.
Tiens, voilà tout ce que j'ai trouvé au marché. Une botte de salsifis et une culotte de veau...
FIRMIX, palpant et examinant la viande.
Ça du veau!... c'est de la vache retombée en enfance...
ANDROGYNE
Dame, pour vingt sous, et puis j'ai acheté un petit homard.
FIRMIN
Il est frais...
AXDROGYNE.
Bien entendu... il est vivant.
FIRMIX, la regardant.
Tout ce qui est vivant n'est pas toujours frais.
C'est pour moi que tu dis ça ? Gomme c'est gracieux et aimable... Ah! autrefois...
FIRMIN
Autrefois, nous n'étions pas mariés... or, le mariage, vois-tu, c'est un rasoir à deux tranchants, un bon et un mauvais. Le bon, c'est qu'on n'est plus seul, le mauvais, c'est qu'on est deux !
ANDROGYNE
Ah ! quelle bêtise j'ai faite le jour où je t'ai épousé !
FIRMIN
Quand tu aurais si bien pu en épouser un autre I On entend rire au deliors.