SCÈNE XXIII
LlS MkMRS, moins FIRMIN.
LA BARONNE
Oh ! ce laquais!...
LE BARON
Imbécile!... N'ayez plus peur!... il est bien temps !
LA BARONNE
Ah! mon pauvre ami! je viens d'être bien effrayée... Pense si j'étais inquiète de ton absence... depuis deux jours que tu vis enfermé dans ce cabinet...
LE BARON
Ecoutez, pendant ces deux jours, je ne suis pas resté inactif. J'ai travaillé à votre bonheur. Du reste, je vais vous inettre au courant de la situation. Vous savez que mon frère Louis Durand est parti il y a trente ans pour faire fortune en Amérique en laissant ici, sur le point de naître, un enfant qu'il avait ...acheté à sa cuisinière en échange de ses faveurs. En partant pour le Nouveau-Monde, Louis m'avait fait promettre de veiller sur cet enfant. Malheureusement, le souci des affaires me lit oublier quelque peu mon neveu naturel, Louis Paclot.
ARMANDINE
Tiens, il ne s'appelle pas Durand ?
Non... puisque mon frère étant en Amérique ne put le reconnaître,
LA BARONNE
Bref, tu le perdis de vue...
LE BARON
Complètement... Or, il y a deux mois, j'ai reçu une lettre portant le timbre de San Francisco.
LA BARONNE
Une lettre de ton frère Louis, je parie?
LE BARON
Précisément. Il me faisait part de sa réussite en Amérique. Ilades millions! Il me demandait aussi des nouvelles de son fils. Il terminait sa lettre en m'avouant que le rêve de sa vie, c'était de voir son fils épouser notre Armandine. Il ajoutait dans un post-scriptum. « Je donnerai un million de dot à ta fille si elle consent à épouser mon fils. La somme sera expédiée en échange d'un extrait de l'acte de mariage qui me sera envoyé. »
LA BARONNE, émerveiUée.
Un million !
ARMANDINE
Alors il faut que j'épouse Louis Paclot que je n'ai vu qu'une fois le jour de sa première communion.
LA BARONNE
Il était fort bien ma foi. Ce brassard lui allait si gentiment... Et puis ses cheveux frisés naturellement... au petit fer...
Oui, mais aujourd'hui il ne porte plUs feori bras-