DELAROCHE, DIANE
Diane. Vous avez des comptes à me rendre, dites-vous? (S'asseyant sur le banc A gauche.)
delaroche. Oui, madame; mais j'en ai aussi A vous en demander (JHoiivcmens de Diane.) D'abord je m'étonne que vous receviez ici des personnes que vous connaissez à peine.
dune. Qui donc?
delaroche. Madame d'Alby et son fils.
diane. Vous m’avez bien amené madame de Neuville, que je ne connais pas du tout.
delaroche. En mon absence, j’ai cru convenable de laisser une femme auprès de vous.
diane. Vous auriez pu mieui choisir.
delaroche. Vous la jugez sévèrement. C'est une femme charmante et qui vous aime beaucoup.
diane. Oui; elle me fait patte de velours...
mais elle a beau faire, cette femme-là a des griffes... dans l'ail.
delaroche. Au moins, elle ne vient pas s'établir ici avec un jeune homme de vingt-cinq ans! diane. Que voules-vous dire !
delaroche, s'asseyant Voyons, Diane, raisonnons un peu... Vous êtes jeune, belle et riche... vous vous remarierez donc tût ou tard ?
diane. C'est probable.
delaroche. Et, naturellement, vous prendre* pour époux un homme grave, sérieux... comme il convient à une jeune femme qui a une grande fortune... difficile à gérer.
* Diane, Delaroche,
)igitized b
mari. Fl qu'entendez-Tons par an homme sé-
rkin ?
wkiauuch*. J'eotrnds an homme mûri par le
temps el par l'expérience.
m sur, souriant. Fst-ee que vous ne prêchez p»s un peu pour votre saint, monsieur Delaroclaef...
du «roche. Et... si cela était?...
pi*\k J'en serais désolée; car je n'ai plus de place dans mon calendrier.
nfXAHocnv. écoules moi. Diane; j'ai longuement réfléchi a votre position ; jolie et un peu l( t gere, riche cl très-Àlourdie, U vous faut un mari ! Vous me rendrez relie justice que j’ai toujours eu pour vous l'affection la plus dévouée. (Vite sympathie, ce dévouement, je le» ai longtemps aurilmés à l'amitié, Longtemps j’ai cru que ce sentiment seul me rendait votre présence si précieuse et si douce, votre absence si lourde et si pénible ... .Ma'» peu à peu j'ai vu rlair dans mou cœur... J'ai reconnu que cette affection est devenue un amour ardent et passionné. . Kl j'attends de vous le boubeur de ma vie... ilfouce- » vmt de Diane.) Mou Dieu, je sais bien que j'ai quarante ans I mais, à la façon dont je les porte, je puis dire sans fatuité que je n'en parais que deux fois vingt!
Sham, arec un peu d'ironie. Je ne vous suivrai pas sur ce terrain ; je n'entends rien aux chiffres; Je vous suis reconnaissante de votre affection : mais vous me permettrei de ne la partager que comme i| convient entre parents.
dm. a roche *. Diane...
maint. Pardon de vous quitter; mais les devoirs d'une maîtresse de maison...
dilarolur, arec ironie. Ah! c'est juste; j'oubliais que le comte Raphaël vous attend... saas doute impatiemment !
dune. Je n'ca sais rien, monsieur, il ue me l’a pas dit.
dflarochr. A sun âge, on est enrore timide... dune. Son Age serait pour moi sa plus belle qualité ; car j'aimerais mieut avoir a redouter certains avenirs, qu'à me souvenir de certains panés. {BUe tort par le fond ri droite.)