SCENE V
IDUETTE, I>ELAROCHE.- (DcUircchc approche *»« siège pour Juliette, en prend un pour luimém* et s'assied.)
Mubocnb, «fane ©où douce et calme. J‘ai beUroeb*, Juliette.
voulu, madame, avant de vous entretenir d’un sujet pénible, vous laisser le temps de recevoir les confidence* de cette pauvre Diane... Votre amitié est un bonheur pour elle, et nous espérons touldes conseils que luidicicra, sans doute, votre raison.
Juliette. Monsieur, je no comprends pas...
delà rociie, continuant. Diane a une imagination ardente, une tête folle et pleine de rébellion, elle ne suit jamais que ses propres élans, et e'eil ainsi que l'on se jette dans des abîmes sans issue... Ah ! c'est un affreux malheur...
jcubtte. Il est vrai.
neLaaocan. Plus grand peut-être que vous ne le supposez.
Juliette Expliquez-vous, monsieur.
delaroche. Le comte Raphaël est insensé...
julibttk, vite. Vous le saviez donc?
delaroche. liélas I non... Absent depuis trois jours, je n’ai pas eu le temps de l'observer... Mais madame do Neuville m'a tout appris.
juuette. Ah 1 c'est madame de Nedville...
dklaroche. Pauvre Diane!. .. elle est perdue!... (Juliette te tait.) Car le monde est impitoyable... F.t. tôt ou tard, ce fatal secret, qu'il eût fallu étouffer dans le cercle de la famille, sera connu de tou*.
Juliette. Je ne vols pas...
delarocrx. Malgré ma défense. Suzanne a parlé et le* domestiques savent tout.
JULirrTB. Ou pourrait acheter leur silence.
DELiaociii. Je l'ai cru comme vous; mais l'indiscrétion de Suzanne m'a prouvé mon erreur .. Ces gens-là gardent l'or et ne gardent lias les secrets. Ht puis, il y a madame de Neuville, que Diane a froissée jadis, et qui ne manquera pas de se venger.
Juliette. Alors, monsieur, que faire?
dblarochk. J’ai longuement réfléchi... aux premiers mouvements de colère et de mépris ont surcédé le calme et la pitié. Mais comment rendre à madame de Dussiêres «a place dans le monde? Comment sauver cet honneur perdu?
C'est alors qu’il m’est venu, du cœur à la tête, une résolution, toute d'abnégation et de dévouement... Due Diane consente a être ma femme; et, protégée par celte union, elle pourra encore marcher le Iront levé, et braver les méritants propos, contre lesquels ce mariage sera une éclatante protestation.
Juliette, à part. Ah! je comprends! (Haut.) Mais, monsieur d'Alby...
dblarochk. S’il n'était pas en démence, je l'aurais tué déjà... Mais MOMMl prendre au sérieux ce malheureux jeune homme... Je me suis contenté de le congédier... Dans une heure, il aura quitté le château, avec sa mère; dans huit jours, la France; et nous ne le» reverrons jamais! Ainsi pour moi, Diane est eoinnio deux fois veuve... ht c'est pour cela que je n'bésiicrai pas à lui donner mon nom .. C’est a vous, madame, qui connaissez les lois impitoyable* du monde, à apprécier ma conduite... Voilà ce que j’avais à dire à la meilleure arme de madame du Bussiéres; bien lot. madame, je viendrai chercher sa réponse. | Il raine et tort par la gauche.) Juliette. Quelle audace 1...