DEFENSE ET PRISE DU LOUVRE
Le lendemain, au coup de neuf heures du malin, Arthur se trouvait sur le pont des Arts, à la même place qui , la veille , lui avait conseillé an suicide hydraulique et un voyage horizontal à Saint-Cloud.
£n celte vie il ne faut jamais se tu6r : le suicide est un grand crime et une sottise immense. Si la morale ne retient pas, que Tamour-propre retienne. Ce dernier frein est peut-être le meilleur.*
Arthur était à cet âge heureux de candeur adolescente et de croyance spontanée où toute chose révélée qui réjouit ou qui épouvante est adoptée , comme authentique, sans réflexion. Épris d'un violent amour pour la fille de Fanliquaire, il venait de recevoir deux confidences alarmantes : M. Bonchatain était quatre fois millionnaire : c'était à désespérer un jeune amoureux sans fortune ; la fille se rendait chaque matin h un rendez-vous mystérieux : ô'était à