‹ Le chateau en EspagneChapitre 1 sur 47 · SCÈNE PREMIÈRE M. DE SAINVAL, FERDINAND, DELPHINE, CASIMIR, dfeitt · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE M. DE SAINVAL, FERDINAND, DELPHINE, CASIMIR, dfeitt

en domestique, n porte un carton qu'a dépose devant le pavillon h gauche* M. DE SAINVAL.

Et pas un pistoletl... un pistolet de poche... Ou seulement d'arçon...

(il court à nn cordon de sonnette et sonne.) DELPHINE^ i Ferdinand.

Sans peur et, sans reproche, Mon féal chevalier, donnez-moi votre main...

FERDINAND, avec tendresse.

Ce soir, reconnaissante, oublieuse demain!...

DELPHINE

C'est une tyrannie t

FERDINAND

Oui, je vous persécute, Et vous suivrai partout.

DELPHINE

Mais trêve une minute...

M. DE SAIN VAL, arrivant du fond, où il canaait avec Cirmir.

Comment te trouves tu, ma nièce ?...

DELPHINE

Moi? Fort bien.

Je suis une amazone.

M. DE SAIN VAL

Oui, vrai, tu ne crains rien.

Ma nièce, moi qui suis un bomme, et qui me vante D'être assez brave, eh bien, ce château m'épouvante.

DELPHINE

Ce château!... Son aspect nous a rendus contents, Et c'est la Providence ouverte à deux battants.

FERDINAND

Oh! ce n'est pas le cœur, c'est l'argent qui nous manque.

M. DE SAINYAL, ouvrant «m portefeuille.

Les voleurs m'ont laissé quelques billets de banque.

DELPHINE

A moi, deux diamants!... voyez!... les plus jolis.

CASIMIR

Jamais on ne verra de brigands plus polis.

Moi, valet indigent, je n'avais pour ressource Que douze francs, perdus au fond de cette bourse Les voleurs sont restés quelque temps indécis Et, voyant mon chagrin, ils m'en ont rendu six.

M. DE SAINVAL

Je vous l'avais bien dit : ces noires Pyrénées Sont pleines de voleurs depuis quelques années!... Mais Delphine a voulu partir avant le jour.

DELPHINE

Moi, j'aime les brigands, mon oncle*!

M. DE SAINVAL

Triste amour!.

Or ça, verbalisons. Rédigeons notre plainte.

Nous sommes à l'abri, je crois, de toute crainte Dans ce château; je vais, en mon nom seulement, Rédiger un rapport, c'est fait en un moment.

Écrivons. Casimir sera mon secrétaire ; Avant d'être valet, il fut clerc de notaire; H saura .travailler ma requête, et, demain, Nous verrons nos bandits pendus au grand chemin.

CASIMIR, (il l'assoit devant la table.)

Voulez-vous bien dicter?

M. DE SAIN VAL

Non, fais la procédure.

A ta guise, et j'appose au bas ma signature.

CASIMIR

Lsl-ce au corrégidor, à l'alcade?...

M. DE SAINVAL

Je crois Que c'est à l'alguazil qu'on parle...

CASIMIR

A tous les trois.

M. DE SAINVAL

Bien !•••

CASIMIR, ferrant.

« A l'autorité militaire çt civile...»

M. DE SAINVAL

Encor mieux.

CASIMIB, écrinnU

a Résidant à la première ville.

Aujourd'hui, quinze juin mil huit cent trente-deux, À dix heures du soir, quatre brigands hideux, Qu'on nous disait pendus depuis nombre d'années, Et qui, depuis leur mort, vivent aux Pyrénées, Une escopette en joue, un stylet à la main, Arrêtant par le bois et par le grand chemin, Dans un étroit vallon, formé par deux collines, Ont, au mépris des lois, arrêté deux berlines Appartenant à moi, voyageur soussigné...

De ce grand attentat, justement indigné, J'implore sur-le-champ voire haute justice; Je veux faire un procès qui partout retentisse Et serve de leçon et d'exemple aux bandits, Soit de France ou d'Espagne, et surtout aux susdits... Ce qu'attendant, je mets entre vos mains ma cause. La présente, monsieur, n'étant pour autre chose, De votre tribunal, je suis, en finissant, Le serviteur très-humble et très-obéissant. »

DELPHINE

Un huissier ne ferait pas mieux.

FEBD1NAND.

Oui, c'est le style.

M. DE SAINVAL, signant la plainte.

Le style officiel... Tu vois qu'il est utile,

Ma nièce, d'amener toujours, en voyageant, Un domestique instruit...

CASIMIR

Vous êtes obligeant.

M. DE SAINVAL, à Ferdinand.

Mon cousin Ferdinand, vu ce danger, je pense Que ta sœur a bien fait de demeurer en France. Ob 1 cette sœur n'est pas un dragon comme toi, Ma nièce, elle serait déjà morte d'effroi.

(Sonnant.)

Ah ça! voilà bientôt une beure que je sonne!

FERDINAND

Sonnez toujours...

CASIMIR

Sonnons!

DELPHINE

Ils dorment tous...

M. DE SAINVAL

Personne

(Emmenant Casimir.)

Allons sonner partout.

(M. da Sainval et (hennir sortent par le fond.)

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