‹ Le Château Gaillard et l'architecture militaire au XIIIe siècleChapitre 4 sur 4 · LE CHAI!. AI! GAILLARD · texte numérisé non relu

LE CHAI!. AI! GAILLARD

le premier cas, il suffirait de substituer aux escarpements naturels les talus artificiels d'une motte; dans le second, de remplacer par un fossé plein d'eau les pentes rocheuses qui couvrenl La place et de diminuer le périmètre et l'épaisseur de l'enceinte ' . A considérer les détails, on relèverait bien aussi entre ces trois ouvrages des différences dans le mode de suspension des mâchicoulis; mais elles n'onl pas d'importance quand on considère les principes directeurs el les méthodes générales. En outre, le passage du pian rectangulaire 'les contreforts au plan circulaire des échauguettes, qui se l'ail à Gand par l'intermédiaire d'un polygone inscrit, esl la combinaison traditionnelle qu'utilisent depuis une haute antiquité les architectes iraniens, quand ils veulent construire une coupole sur une salle carn Elle rentre donc bien dans la donnée persanne.

Or on sait non seulement que Philippe d'Alsace fut l'instigateur des travaux, mais que ce prince, s'étant croisé, passa deu\ ans en Palestine, de 1 1 76 à 1 178. Le rapprochement de ces dates el de celle qui est inscrite sur la porte extérieure de la forteresse montre que l'ordre d'envelopper le donjon dans nue enceinte concentrique lui donné par le comte de Flandre dès son retour de Palestine. Dix-huii ans plus tard, le château Gaillard était construit par Richard Cœur de Lion dans des conditions identiques. Par deux lois l'on saisit donc sur le Fait ces transports d'Asie en Europe des principes caractéristiques et des formes distinctives de la poliorcétique d'origine perse.

Le château des comtes de Flandre, bien imparfait au regard fie la forteresse des Andelys, fut sans doute l'une des premières entrepri ■ que tentèrent les ingénieurs européens, à la lin du xnc siècle, pour corriger les graves défauts que présentaient les types indigènes. < .'esl

enceintes elliptiques du Bordj Safita et du chà- sont identiques, à quelques dt-cimèln tcau de Gand de celle d'Hatra [voir ci-dessus, I" ant. de la Perse, p. 1 n 1 3, lig. 1

p. 356, n. 10), qui établit un lien entre les ci à 8, ?.i cl 4", el pi. V, \ Il el \l\ . Il Paul bien tadelles chaldéo-perses el le Bordj Safita. 1 der de confondre les trompi s employé*

') Les dimensions des donjons du Bordj en pareils cas par les Pei ■■ les pendentifs

Safila et du château des comtes de Flandre bywuitiiis qui en soi 1 perfectionnement.

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un ouvrage de transition , dont l'intérêt réside dans l'union de formes nouvelles aux tonnes que commandaient le respect des traditions et aussi la nécessité de conserver telles ou telles parties d'ouvrages plus anciens. Richard Cœur de Lion, que ne retenaient ni la modération du caractère, ni la contrainte imposée par des constructions préexistantes, et qui, du reste, venait plus tard que Philippe d'Alsace et trouvait les esprits mieux préparés, rompit au contraire avec les vieux errements. Son audace fut de la sagesse, car le château Gaillard, bien que conçu sous la même influence que le château des comtes de Flandre, l'emporte hautement sur son aîné et devance même son temps de plus d'un quart de siècle.

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