‹ Le château royal de VincennesChapitre 2 sur 31 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Etymologie et origine de Vitieeiinefl. •- Le collège du dieu Silvain. — L'ancien manoir royal. — La tourelle de Saint-Mandé. — Les Bonshommes du bois de Vincennes.

Lorsque César, à la tête des légions romaines, fit la conquête de la Gaule, il trouva la capitale de la tribu des Parisii, Lutèce, qui n'était alors qu'une chétiTC bourgade, entourée d'une immense et épaisse forêt dont deux parties seulement subsistent aujourd'hui : l'une à l'ouest de la capitale et portant le nom de bois de Boulogne ; Tautre, située à l'est et connue sous le nom de bois de Vincennes.

Cette dernière partie, qui s'est longtemps étendue sur une notable portion de la région, comme en témoignent encore les dénominations de Mon-* treuil-sous-Bois et de Fontenay-sous-Bois et dont une parcelle, le bois de Romainville, n'a disparu que depuis peu, a vu l'origine de son nom fort discutée. Des auteurs de différentes époques nous ont donné de Vincennes un grand nombre d'étymold-

gies, les unes très ingénieuses et faisant grand honneur à l'imagination de leurs auteurs, mais toutes ayant le grave défaut de n'être que de très hypothétiques solutions.

Selon les uns, Vincennes vient de vîta sana^, vie saine, à cause de l'air pur qu'on y respire et de la salubrité du plateau ; d'après les autres, ce nom vient de vingt cennes, corruption de vingt-cents, parce que le parc primitif avait deux mille arpents de superficie ; d'autres y ont vu une altération de vigenti stada^, vingt stades, c'est-à-dire deux mille cinq cents pas, ce qui était la distance séparant Vincennes de la capitale.

Poucet de la Grave croit qu'il existait autrefois en cet endroit un haras établi par les Francs et que le bois aurait pris son nom deWills, qui, en bavarois, signifiait cheval médiocre. Enfin, d'après Le Bœuf 3, le nom primitif aurait été Vilcena et le récit qui va suivre nous fournira l'explication de cette solution :

En 1728, un certain abbé Chevalier fit présent à dom Bernard de Montfaucon d'une pierre trouvée au bois de Vincennes et qui lui avait été donnée par un chanoine du couvent de Saint-Maur ; cette

^ Pierre de Fénin, Mémoires sur Charles VI, * De Valois, Histoire de l'Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres, t. XVIII, p. 292.

3 Le Bœuf, Histoire du Diocèse de Paris.

pierre portait une inscription sur laquelle dom Bernard fit un mémoire qu'il lut en 1734 à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

« C'était, dit Le Bœuf daus son Histoire du Diocèse de Paris, une pierre plate d'environ un pied carré, elle parait avoir été faite pour être incrustée dans le mur ou sur une porte ; elle est composée de sept lignes ; les lettres ont plus d'un pouce dans les premières lignes et vont en diminuant à mesure qu'on approche de la fin. Il y a un point après chaque mot:

GOLLEGIUM SILVANI. REST.

ITUERUNT. M.

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