FIGARO
Comme M noi malheurs n'avaient pat été aise^ grandSi la guerre étrangère fit place à la gUerté eiirile.
Pendant la Commune, Vinéenne* fut occupé ftfltis combat par les insurgés jusqu'au 20 mai. Sa garnison se composait de 3S0 hommes et de 24officlêrfi commandés par le chef de légion Faltot, vé^*^ térau des guerres de Pologne et de Garibaldi^ un des plus actifs du 18 mars.
Lors de la répression^ le fort, désarmé, nte put prendre aucune part à la lutte« On offrait k Faltot ttu asile sûr< Il répondit que l'honneur lui défen^ dait d'abandonner ses compagnons d'armes»
Le samedi 27 mai, un colonel d'état^major ver«saillais vint négocier une capitulation. Faltot demandait des passe-^ports en blanc, non pdur lui, tnals pour quelques-uns de sesofficiel*s de nationalité étraugèrCé Sur le refus des Versaillàis, Faltot oommit la fiiute d'adresser la même demande aux Allemands. Mac-Mahon, dans la prévision d'un siige, avait encore sollicité l'assistance du prince de Sate, et TAIlemànd veillait pour son confrère <• Pendant des pourpalers, le général Vinoy s'était ménagé des intelligences dans la place où quelques hommes tarés s'offraient à réduire les fédérés intraitables. De ces derniers était Merlet, garde
< Ussagaray. Uuioirt de la Coinmune de Wi.
général du génie et dé l'artillerie, anden iotisoffîtier» bien réiolu à faire sauter la plaCe plutôt que delà rendre. La poudrière contenait 10»000 kilo^ grammes de poudre et 400.000 cartouches.
Le dimanche, à huit heures du matin, un coup de feu retentit dans la ôhambre de Merlet.
On accourut; il gisait à terre, la tète traversée par une balle de revolver. Lé désordre dé la chambrei, la direction de la balle attestaient une lutte. Un capitaine âdjùdant-majoi' du 99^» Bayard, itès exalté pendant la Commune et que le» VeMttUlals mirent en liberté, avoua seulement qu'il avait dispersé les éléments de la pile préparée pat- Meflet pdur faire sauter le fort.
Le lundi, le Colonel versaillais renouvela sa pro^^ position. La lutte était terminée dans Paris* Les otficiéfs délibérèrent et il fut convenu qu'on ouvrir rait les portes. Â trois heures, les Versaillais entrèrent» La garnison sans armesi était massée att fond de la cour^ Neuf of&ciers furent enfermée à pati.
La nuit» dans les fossés, à cent mètres de l'eii-' droit où tomba le duc d'Enghien^ ces neuf offleiêf-s s'alignèrent devant le peloton d'exécution. L'un d'eut, le colonel Delorme, se tourna vers le VerttalN lais qui coinmandait et lui dit : « Tâtets mon pôUlS, voye« si j'ai peut* * ».
^ Lissagaray. Histoire de la Commune de 187i,
A la suite de ces tristes événements, le donjon va» ane fois de plus, reprendre son ancienne destination et recevoir des prisonniers de la Commune mais ce ne sera que pour peu de temps ; les cachots sont bientôt transformés en magasins d'armes et de harnachements et le château redevient exclusivement une vaste place de guerre qui, pendant plusieurs années, sera commandée par le colonel Teyssier, le brave défenseur de Bitche.
Dans le polygone, qui sert ordinairement aux manœuvres de la garnison, se déroulent, detemps à autre, les grandes solennités militaires offertes aux souverains étrangers venant visiter notre pays : le shah de Perse (1900) ; Edouard VII, roi d'Angleterre ; Victor-Emmanuel II, roi d'Italie (1903) ; Alphonse XIII, roi d'Espagne (1905) y viennent successivement asssister à d'imposants défilés de nos braves soldats.
Regrettons seulement, pour ceux que passionnent les vestiges du passé, pour ceux qui ont le culte de ces monuments, antiques témoins d'importants événements de notre histoire nationale, qu'on n'ait pas su tirer meilleur parti de ce château de Vincennes, si riche en souvenirs historiques, si intéressant à tant de points de vue. Les armes et les harnachements qu'il renferme pourraient facilement trouver place dans un bâtiment moderne quelconque où leur conservation serait» sans aucun
doute, tout aussi bien assurée que dans les antiques salles du donjon et quel local idéal on obtiendrait pour loger, par exemple, un musée d'armures, on un musée d'artillerie semblable à celui de Thôtel des Invalides 1 Cette nouvelle destination faciliterait sa visite à l'artiste, au savant et au curieux qui y trouveraient de réelles satisfactions et attirerait l'attention de tous sur cet édifice qui, malgré tant d'atteintes portées à sa beauté, demeure encore un document de puissant intérêt.
Pourrait-on rêver, pour exposer les anciennes armures de nos preux chevaliers, cadre plus approprié que celui que constitueraient les vastes salles du vieux donjon avec des trophées accrochés aux murailles et des bannières blasonnées suspendues aux ogives des hautes voûtes? Les anciennes bombardes, les couleuvrines patinées par le temps ne seraient-elles pas à leur place au pied de la vieille forteresse des premiers Valois ? Quelle instructive évocation du passé I Quelle éloquente leçon de choses que la réunion de ces engins que 'manièrent nos aïeux dans les murs mêmes qu'ils élevèrent de leurs mains et défendirent de leur sang I
Et si les tours de l'enceinte, mutilées par un inconcevable vandalisme, pouvaient voir, à la faveur d'une intelligente reconstitution, leurs murs s'élever et dominer à nouveau les vieux remparts
de 1é forteresse, quel intérêt offrirait le château lorsqu'il aurait ainsi retrouvé son aspect d'autre* fols et quelle attraction puissante il exercerait alors sur Farehéologue, le seyant et le touriste !
Nous ne saurions mieux terminer notre étude historique qu*en faisant des voaux pour que ces rêves se réalisent dans un prochain avenir et nous nous estimerons récompensé au delà de nos dé-^ sirs si notre modeste travail peut contribuer pour une part, si petite soit--elle, à secouer une indiffé^ rence regrettable vi»4i-vis d'un édifice si riche en souvenirs et à tirer du profond oubli où elles sont plongées les pierres noircies de l'antique chAtean de Vincennes.
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