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nomnié Sidonius, se mit en campagne; cl, coifle en Sphinx, il prêcha contre les églises gothiques, et appela les néophytes à sa chapelle étroite et tiède, construite en bois de sapin. On assembla un concile à Lyon. Sidonius fut excommunié, rasé et enfermé dans le couvent de Nolre-Dame-du-Brou. L'étincelle devait produire plus tard l'incendie des guerres de religion. La Saint-Barthélémy, les dragonnades, les Cévennes, ont pour origine la victoire d'Aétius contre Clodion, et les rhumes de cerveau de Sidonius l'Auxerrois. Que nous sommes loin de Mézerai, d'Anquetil et de Bossuet!
La manie de guerroyer au delà des monts, comme dit Brantôme, cet écrivain toujours enrhumé, d'après son propre aveu, doit encore être attribuée à la faule originelle commise par Pharamond sur son pavois. Les rois de France et la noblesse, privés de la pâle de Regnault, et gardant leurs têtes éternellement découvertes sous les lambris du Louvre, humectés par la Seine voisine, renoncèrent aux guerres de Flandre et d'Allemagne, et adoptèrent la mode hygiénique de passer les monts, et de tuer beaucoup d'Italiens pour se délivrer des toux opiniâtres de l'hiver. Ce fut le célèbre médecin Ambroise Paré, l'inventeur des hermapliroditcs, qui prescrivit ce régime aux princes et aux grands vassaux. Le connétable de Bourbon, en février 152/i, prit un horrible catarrhe en se prome-
nant avec la reine-mère devant le bassin de Fontainebleau. Il pria François I" de lui accorder une petite guerre hygiénique au delà des monts. A cette heure, le roi, satisfait des lauriers de Cérisoles et de Marignan, qui l'avaient radicalement guéri d'un refroidissement du cerveau gagné dans un Te Deum à Notre- Dame, s'amusait à écrire sur des vitres des quatrains à sa maîtresse; il refusa donc la guerre au connétable. Celui-ci se révolta contre son maître , et se mit à ravager des villes pour son compte. Le connétable arriva, toujours avec son rhume , de Fontainebleau jusqu'aux portes de Rome. Là, il dressa ses batteries, et acheva l'ouvrage d'Attila et de Théodoric. Il détruisit les thermes de Titus et d'Antonin, le Colisée, le portique d'Octavie et la tour de Cécilia Metella. Il était à la veille de saguérison lorsqu'une balle romaine lui coupa le crâne en deux. On l'enterra guéri.
Sous Louis XIII, les lamentations furent grandes, parmi la noblesse, au Marais et à Fontainebleau. Les arceaux de la place Royale retentissaient d'une tempête de toux. Le roi fit un édit pour obliger les gentilshommes à laisser croître à l'infini leur chevelure ; et il donna lui-même l'exemple en adoptant la mode inventée par Clodion. Ce palliatif fit quelque bien ; mais le roi et la noblesse ayant conquis un trésor inépuisable de rhumatisme au siège de la Rochelle, en octobre et novembre 1628, Richelieu conseilla une
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petite guerre ciirative au delà des monts. Ce fut le duc de Savoie qui paya les frais du traitement. On ravagea tout chez lui, et on revint à Pari^, en parfaite santé, aux premiers jours de printemps.
Les papes, qui ont toujours eu plus d'esprit que les rois, s'indignèrent enfin contre cette manie des princes et des nobles de France qui choisissaient ainsi, en hiver, l'Italie pour leur maison de santé. Ils se gardèrent bien d'exhaler hautement leur juste colère, mais ils eurent recours à des machinations sourdes en usage au Vatican. Par l'effet de ces trames italiennes, le cardinal Mazarini, né à Rome, se créa roi de France sous Louis XIV, et son premier soin fut d'éteindre la manie des guerres au delà des monts. Pour suppléer à celte puissante guérison traditionnelle, Mazarini inventa les incommensurables perruques du grand siècle. Le règne de Clodion fut effacé. On se figure aisément l'hilarité intérieure du railleur et perfide Italien, lorsqu'il vit pour la première fois son idée se développer, avec une ampleur extravagante, sur les cerveaux du roi et des courtisans. Un livre à peu près inconnu, comme tous les livres de bon sens, m'affirme que la chambre de Mazarini, à Vincennes, retentissait nuit et jour d'un éclat de rire puissant et ultramontain, et que les gens de cour ne savaient à quoi attribuer cette explosion de gaieté solitaire, entretenue à huis clos par le cardinal. Certes, nous la comprenons
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aisément aujourd'hui, cette joyeuse humeur, et il faut convenir qu'elle est dans l'esprit du caractère italien. Les perruques supprimèrent les rhumes de soixantecinq rois, et les guerres d'Italie permirent à^LouisXTV de passer le Rhin et d'assiéger Namur sans la moindre toux.
Sous Louis XV, le cardinal de Fleury usa de sa puissante influence pour éloigner le roi des guerres ultramontaines. On s'était un peu relâché des coiffures hygiéniques du grand siècle, et la noblesse avait été obligée de se guérir en masse, en tuant onze mille pauvres Italiens aux batailles de Parme et de Guastalla, batailles taxées d'inutiles par d'aveugles historiens. Le pape fit de sévères remontrances au cardinal Fleury, et le menaça de lui enlever son chapeau s'il n'inventait pas quelque nouvelle coiffure, puisque l'ancienne déplaisait au roi et à la cour. Fleury, poussé à bout, voulut renchérir sur Mazarini : il inventa la poudre. Un matin, il parut devant Louis XV avec des cheveux pétris dans un ciment d'amidon. Le cardinal avait un extérieur grave ; et, bien qu'il commît quelques tricheries en jouant au piquet, on le regardait généralement comme un homme vertueux. Sa nouvelle coiffure fut jugée comme une inspiration du ciel ; et Louis XV, qui déjà s'ennuyait beaucoup à Versailles, voulut bien reconnaître les hauts services à lui rendus par le cardinal, en faisant bâtir le royal édifice de sa