‹ Le château vertChapitre 18 sur 31 · LR CLIMAT DE PARIS · texte numérisé non relu

LR CLIMAT DE PARIS

chevelure avec du ciment (l'amiildn. La contagion gngna toutes les (êtes, car le roi élait adoré. Les dames, ennuyées aussi de se voir classer en brunes et blondes adoptèrent avec enthousiasme une mode qui les faisait toutes blanches, et les dispensait d'avoir des cheveux. L'Italie rentra dans un doux repos, et le pape promit au cardinal de le canoniser au bout de cent ans.

La mode des coiffures romaines devait nécessairement rentrer en France avec la république; mais l'armée garda la poudre et les cadenettes, ce qui nous avait déjà donné les victoires de Jemmapes, de Valmy et de Fleurus. Les soldats d'Arcole, de Lodi , de Marengo, des Pyramides, d'Héliopolis, auraient pu aisément raser leurs têtes et remporter les victoires de ces noms, sans cadenettes et sans poudre blanche ; mais ils avaient à cœur de conserver cette mode de leur jeune âge, malgré ses désagréments dans les pays chauds. L'amidon des cadenettes se fondait au ^moîm de ïhèbes, de Ptolémaïs et du Thabor; mais on se poudrait encore au bivouac du lendemain, en présence de ces graves sphinx éternellement blanchis, sur leurs longues bandelettes, par la poudre du désert. Au camp de Boulogne, Junot s'insurgea le premier conire la coiffure du cardinal Fleury, et un décret impérial ne tarda pas à la modifier. En Russie, on la regretta beaucoup. M. de INarbonne, sous les sapins de laBérésina, se poudrait encore, malgré le décret impérial et

Tes Cosaques de Tchilchakoff ; aussi on Ta vu rentrer à Paris, malgré son grand âge, en parfaite santé. Aujourd'hui, avec notre confortable de rues et de maisons, notre Paris perfectionné, notre pâle Regnauld, nos passages couverts, nos vingt théâtres, nos bals, nos amusements infinis, on peut se coiffer à sa guise, et laisser vivre les Italiens au delà des monts; mais n'oublions point qu'il a fallu attendre quatorze siècles pour obtenir ce beau résultat.

La faute originelle de Pharamond a exercé aussi une singulière influence sur notre littérature. Aucun Rollin. aucun le Balteux, .aucun Domairon, n'ont envisagé cette question à son point de vue le plus important. Pharamond ncus a procuré longtemps une poésie qui avait exilé de son sein tout ce qu'il y a de beau et de charmant au monde, le soleil, l'Océan, les étoiles, la lune, les fleurs. On frémit de douleur en songeant que Corneille et Racine, logés dans une mansarde des rues de la Huchette et de Saint-Pierre- aux-Bœufs, n'ont connu les astres du ciel et les grâces de la nature que de réputation, et sur la foi des auteurs grecslatins. Ces infortunés poètes avaient appris, dans leur enfance, que Phœbus conduisait le char du soleil ; que Diane s'habillait en Lune pour regarder dormir Endymion; que Jupiter lançait des carreaux sur les vitres en été ; que le tendre Zéphire jouait avec les brillantes filles de Flore sur les rives du Sperchius. Aussi Corneille

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