‹ Le chatelet de Paris son organisation, ses privilégesChapitre 118 sur 139 · A. de Bas t · texte numérisé non relu

A. de Bas t

Les écoliers des collèges jouaient aussi la comédie avec tant d'entrain, que parfois le lendemain d'une solennelle représentation les acteurs recevaient le fouet de la main de leurs régents, suprà dorsum nudum, puisante campanâ, comme s'exprimait le sévère règlement 1 .

A des époques fixes de l'année, les clercs des procureurs près les diverses cours de justice se réunissaient pour représenter leurs pièces. On présentait à chacun des acteurs un rouleau de parchemin sur lequel étaient peints les divers personnages de l'œuvre à jouer; chacun signait au-dessous de celui qui lui paraissait convenir le

mieux à son talent (Mémoires de Miraulmont, arrêt du parlement du 14 juillet 1528), et il n'y avait plus moyen de s'en dédire, quelles que fussent les dépenses d'habits ou de festins qui devaient s'ensuivre. Aux clercs de la basoche il fallait joindre encore les acteurs des mystères, les en fants sans souci, les coqueluchars ou cornards de Rouen, les cornuyaux de Douai, les compagnies de Vempereur de Galilée, du roi de l'Epinette, du prince desnou veaux mariés, du prince de l'étrille, du recteur des fous, de l'abbé de VEscache; joignez-y les théâtres des collèges et les processions du duc d'Anjou. Il y avait donc au moins en France cinq mille personnes jouant sur les théâtres profanes 2 .

Les jésuites faisaient jouer à leurs élèves des tragédies. Sur le manuscrit cité par A. Monteil, Liber prœmiorum collegii Sorbone Plessei ab anno 1685 ad annum 1718, on lit : Propter benè actam personam prœmiumferet; on

1. Dëmétrius. Plan d'une tragédie représentée au collège des jésuites de Poitiers (1688.) — Mémoires de Nicolas Foucault, p. 227.

Page 1