‹ Le chatelet de Paris son organisation, ses privilégesChapitre 117 sur 139 · A. de Bast, les Galeries du Paiais, p · texte numérisé non relu

A. de Bast, les Galeries du Paiais, p

volues à un chef qui prendra à l'avenir le titre de Chancelier de la basoche.

Henri de Maingot, dernier roi de la basoche, fut nommé bailli du palais.

Au palais de justice, qui portait aussi le nom de Palais Royal, car il était l'habitation des rois de France, notamment du roi Jean, on voyait, dans une des principales salles, la célèbre table de marbre où se célébraient les fêtes solennelles. On la distinguait de celle de la cour d'honneur en désignant cette dernière sous le nom de Pierre de marbre. La moitié des sommes provenant des forfaitures, des amortissements et des francs-flefs, était employée à son entretien. (Tableau de Paris, par Saint- Victor, t. I, p. 71. — Ord. de Charles V, 1366. — Ord. du roi Jean, 1358.)

Les plus belles fêtes données à l'empereur d'Allemagne et au roi des Romains, pendant leur voyage à Paris, sous le règne du roi Charles V, furent tenues dans les salles du palais de justice de Paris. Plusieurs belles miniatures du manuscrit de la Bibliothèque impériale, n° 8395, représentent ces splendides réceptions. (Champollion-Figeac, Droits et usages.)

Depuis le xv c siècle , il était de règle au Palais de ne recevoir aucun procureur « s'il n'était inscrit sur les registres de la communauté des procureurs et sur ceux de la basoche du palais. > Cette double formalité était exigée pour constater les dix années obligées de cléricature.

La plantation du mai dans la cour de la Sainte-Chapelle était une fête pour le corps de la basoche, qui s'y montrait avec ses costumes rouges, ses armes étincelantes, ses tambours et son magnifique drapeau, don de

la reine Anne d'Autriche, mère de Louis XIV. Le chêne à planter, enlevé par privilège spécial dans la forêt de Bondy, était amené triomphalement à Paris et dans la cour du palais, où l'arbre nouveau, enguirlandé de rubans et de devises, remplaçait le chêne de Tannée précédente.

Les premiers acteurs comiques français sont les clercs de la basoche; en jouant les mystères, les soties, les farces, ils ont fondé la scène française. Vadé, Rochon de Chabannes, Roucher, Panard, Laujon, Dancourt, Beaumarchais, Lemierre, Gilbert, Philidor, Rochelte, Barré, Radet, Desfontaines, auteurs de pièces charmantes, les ont esquissées ou composées dans une étude.

La basoche organisait des fêles, des concerts; elle avait une caisse de secours ; elle vint en aide à Malfilâtre, et n'ayant pu assister à temps Gilbert sur le grabat chaud de son agonie, elle lui donna un suaire, un cercueil et une couronne de cyprès 1 .

Les arrêts du parlement ont longtemps suspendu les représentations de la basoche; mais certains rois les protégèrent singulièrement, payant les frais de leurs spectacles, et prétendant que ces comédies leur apprenaient les désordres des gens en place. Ces pièces licencieuses plaisaient au peuple, surtout dans les villes du Midi; elles représentaient des aventures scandaleuses empruntées à la vie intime ou publique des grands, des magistrats (habituellement figurés par le Sot corrompu, et le clergé par le Sot dissolu), quelquefois même à celle des acteurs.

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