Brewer
î. Ord. îx. 238.
fi INTRODUCTION.
divisés en quatre colonnes, qui servaient tour à tour et par mois aux séances de la prévôté ou parc civil, du présidial, de la chambre du conseil et de la chambre criminelle.
Ces colonnes se réunissaient en différentes occasions dans la chambre du conseil, soit pour statuer sur certaines matières, soit pour les affaires de la compagnie, soit pour la réception de ses officiers. N'est-ce pas là le berceau de notre chambre du conseil? Nous allons parcourir successivement les diverses fonctions du Châtelet, les attributions de ses magistrats, et le jurisconsulte y retrouvera sans peine l'origine des principales dispositions de nos lois sur la procédure civile. On verra, dans cette histoire, notre marche vers la civilisation, et l'on n'affectera pas de dédain pour nos pères, parce qu'ils n'ont pu jouir des conquêtes juridiques dont leurs efforts nous ont mis en possession. Ne soyons donc pas oublieux. Sans doute, la France doit à Napoléon, premier empereur, son admirable législation; mais à côté des matériaux apportés par la Révolution de 1789, on peut compter encore les fécondes assises empruntées à nos vieilles institutions, tombées aujourd'hui en ruines, mais sur lesquelles nos codes modernes se sont élevés.
DU CHATELET
Le Châtelet de Paris était une juridiction royale inférieure de la môme classe que lesautres prévôtés; mais il siégeait dans la capitale môme, recevait les appels des différentes châtellenies de la vicomté et ressortissait nûment du parlement. Aussi son importance et sa juridiction méritent- elles d'être étudiées
Dans quelques villes, à Paris, à Orléans, à Montpellier, à Melun, les justices s'abritèrent toujours dans les châteaux forts. Elles n'avaient, avec les châtellenies, rien de commun que le lieu môme où elles siégeaient et d'où elles prirent souvent leur nom. A Paris , le château fort où la justice municipale tenait ses séances était situé à l'extrémité du pont joignant la Cité à la rive op-