‹ Le Chātelet de Paris, son organisation, ses priviléges: PrévotsChapitre 41 sur 131 · ArchÎTesde Tempire. Collection RoadonneaUf · texte numérisé non relu

ArchÎTesde Tempire. Collection RoadonneaUf

à la prise de la Bastille^ nous remarquons ceux qui concernent :

François-Guillaume Champion, 35 ans, natif de Soissons, curé de la paroisse de Sainte-Croix au diocèse de Soissons, logé au Palais-Royal chez M. Petit, son oncle, médecin de M«^ le duc d'Orléans, trouvé le 10 avril 1755, huit heures du soir, chez la Mitronne, fille du monde, avec Marie-Louise Blaye, âgée de 19 ans.

André de Clermet, natif de Beauvais, chanoine de la même

ville, trouvé, le 29 avril 1755, rue des Vieilles-Étuves Saint- Honoré, dans l'appartement de la Montpellier, femme du monde.

Jean Jolibert, prêtre de la cure de Bicêtre, 42 ans, surpris, chez la Jondé, femme du monde, avec Marie Dupont, 23 ans, native de Reims.

Le Père Jean-Baptiste Girard, religieux de Tordre de Saint- François, âgé de 36 ans, surpris avec les filles de débauche Moulinardet Vol tout, âgées de 16 ans, chez Aubry, marchand de vins, rue Fromenteau.

Un inspecteur de police était chargé des prostituées ; il disposait à son gré des personnes el de la liberté de ces femmes, dont il étendait le cercle à d'autres qui ne ravalent pas encore franchi; il levait sur elles des impôts et contributions arbitraires, dont on se rachetait par des présents en argent ou en nature.

Parfois, l'inspecteur pratiquait de nuit Tenlèvemenl de quelques contrevenantes, par commission du roi ou du lieutenant de police. L'arrestation était opérée par des agents accompagnés de fiacres, escortés par quelques soldats de la garde de nuit. Les filles arrêtées étaient déposées à Saint -Martin, bientôt conduites au Châ-

telet S à Taudience du lieutenant de police, qui, sur le vu du procès-verbal, les condamnaientàThôpitalpour un ou six mois, ou parfois les renvoyait. Les femmes étaient amenées dans une voiture couverte au bas de Tescalier du Châtelet, et de là conduites à Taudience. Pendant le trajet de Saint-Martin au Châtelet et leur entrée dans la salle, on les entendait crier, menacer les témoins : quelques-unes pleuraient, se déchiraient les habits; d'autres se découvraient avec indécence, bravant par leur attitude ou leurs propos la présence du magistrat. A ce spectacle assistaient les badauds, leslibertins etdes femmes perdues. Outre les filles enlevées ainsi, il en était d'autres que Ton ne pouvait arrêter, chez elles, que par ordre du roi ; c'étaient celles qui étaient domiciliées dans leurs meubles. L'usage était de ne pas les conduire à Taudience : elles étaient dirigées sur le lieu désigné par ceux qui avaient obtenu des lettres de cachet et y restaient un an*.

1. M. Vatel, avocat distingué du barreau de Versailles, historieu de Charlotte Corday, possède ud tableau du temps représentant cette audience du lieutenant de police au Châtelet.

S. Aujourd'hui encore la prostitution est, à Paris, soumise à un régime arbitraire, dont l'origine remonte aui prévôts et lieutenant de police. — Une détention, qui peut être de plusieurs mois, prononcée par voie administrative, renferme à Saint-Lazare les filles qui ont commis quelque contravention

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