SANS BOUCHAGE NI DÉDOUCUAOB
Ce procédé consiste à remplacer rinjection de vapeur par r immersion pure et simple des chaufferettes dans un bain d'eau chaude. Ces deux modes d'opérer ont la même efficacité et demandent sensiblement le même temps; nous avons, en effet, reconnu expérimentalement qu'une chaufferette métallique ordinaire remplie d'eau à 0^ et bien bouchée, puis plongée dans un bassin contenant de Tean maintenue à une température voisine de 400®, acquérait à l'intérieur, dans un espace de cinq minutes, la température uniforme de 90* (1). »
Une fois le principe de l'immersion reconnu, il s'agissait d'établir un appareil permettant de plonger simultané^ ment, sans les boucher ni les déboucher, un nombre de chaufferettes proportionné à la fréquence des trains à desservir.
L'appareil que nous avons imaginé et exécuté consiste dans une sorte de noria composée de deux chaînes sans fin, dont les maillons successifs peuvent recevoir chacun une chaufferette et qui plongent dans un puits rempli d'eau chaude.
(1) D*une manière plus générale, le temps t, nécessaire pour élever de la température Bq à la température B une bouillotte plongée dans un bain-marie dont la température est T, est exprimé pai* la formule suivante :
t = !250 log. Ir5^
Voir aux Pièces annexes la démonstration de cette formule et les expériences qui la justifient.
Un tambour, animé d'un mouvement continu suffisamment lent, amène successivement les maillons à la hauteur convenable, d'un côté pour le chargement de la bouillotte froide, de Tautre pour Tenlèvement de la bouillotte réchauffée.
Des courbes directrices font pivoter les maillons de manière que les manœuvres d'introduction et de sortie de chaque chaufferette s'opèrent en quelque sorte automatiquement. A sa sortie, la chaufferette passe entre deux brosses croisées qui épongent l'eau, en faible quantité d'ailleurs, attachée à sa surface.
L'eau du puits est maintenue à une température voisine de 100"* par la condensation d'un jet de vapeur provenant d'une chaudière spéciale, système qui nous parait le mieux procurer la réserve de calorique que les besoins intermittents du service rendent nécessaire.
Le trop plein résultant de la condensation de la vapeur se rend dans une bâche où l'eau est reprise pour l'alimentation du générateur, disposition qui réduit au minimum la perte de calorique.
Une petite locomobile à pompe de deux chevaux sert à celte alimentation et donne en même temps aux tambours de la noria le mouvement nécessaire. La force absorbée par la rotation de l'appareil est d'ailleurs insignifiante, et un homme pourrait parfaitement le faire mouvoir à la main.
Application à la gare de Paris eu ehaaffage par ImmersIoB.
— Le transport des chaufferettes des trains à la chaufferie et réciproquement se fait au moyen des tricycles et brouettes usités aujourd'hui, sans qu'il soit besoin de modifier en rien le matériel existant.
Comme exemple de la détermination de puissance des appareils nécessaires pour un réseau de chemins de fer,
nous donnerons le dessin de Tinstallation de la gare de Paris (Est).
Calenl en nombre maxlmmn des ehanfferettes A fovmlr cb
une heure.— L'étude du service de l'hiver 1875-76 montre qu'il faut fournir par vingt-quatre heures 2,600 chaufferettes pour le service des compartiments de toutes classes dans tous les trains dont la durée de treget dépasse deux heures. Ce nombre de 2,600 ne se répartit pas également pendant la journée, et c'est entre cinq et six heures du soir que la puissance de production devra être maxima, le nombre des chaufferettes nécessaires étant, pendant ce temps, de 370 environ.
Les appareils adoptés devront suffire au moins à celte production; mais il y a lieu de les etablirdans.de plus grandes proportions pour les considérations suivantes :
1* Employer un personnel très-restreint pour placer et enlever les chaufferettes alternativement dans les voitures, puis dans les norias ;
Q"" Prévoir les modifications possibles du nombre, de la composition et des heures de départ des trains;
3" Réchauffer les chaufferettes peu de temps avant leur emploi pour éviter leur refroidissement;
4" Pouvoir diviser l'appareil en deux parties, dont l'une pourrait, en cas d'avarie de l'autre, assurer seule le service.
En conséquence, nous avons installé à la gare de Paris deux norias de même puissance, contenant chacune 24 chaufferettes immergées en même temps.
La durée de l'immersion de chaque bouillotte devant être de cinq minutes, chaque appareil fonctionnant d'une manière continue pourra donner 24 chaufferettes par cinq
minutes, ou 24 X 12 = 288 à l'heure, soit pour les deux appareils 576 chaufferettes.
Le nombre de chaufferettes fournies en iO minutes par celle installation est donc de 96 et correspond à la composition de 12 voitures, qui est celle de nos trains omnibus de grande ligne.
Le temps qui séparera l'immersion de deux bouillottes
consécutives sera de
g —7- minutes = 12''5,
ce qui suffit largement à renlèvement ou à la pose des chaufferettes dans les anneaux de la noria, comme l'expérience Ta démontré.
Calenl de la force de prodaetlon dm génératear à vapear destiné au chaaffage des eaves. — Comme il faut dépenser
982 calories pour porter de 0° à 90^ une chaufferette remplie d'eau, le réchauffage de 576 bouillottes exigera 982 X 576 = 565,632 calories, Soit une consommation de :
— — — = 1010 * de vapeur.
La production des générateurs fixes variant entre 12 et 20''* de vapeur par mètre carré et par heure, la surface de chauffe devrait donc être comprise entre 84 et 50 mètres carrés, s'il s'agissait d'assurer ce travail maximum sans interruption; mais, en fait, il suffira d'une chaudière beaucoup plus faible, pourvu que celle qu'on adoptera permette d'emmagasiner, pendant les arrêts, la quantité de vapeur nécessaire au réchauffage du bain pendant le mouvement de la noria. Dans ces conditions, une chaudière de 40 mètres carrés de surface de chauffe suffit parfaitement.
S56 EXPÉRIENCES DE lA COMPAGNIE DE L'EST.
Cet appareil nous paraît appelé à rendre d'importants services dans toutes les gares de grandes villes, où la surface disponible est toujours restreinte et coûteuse ; il présente, en effet, l'avantage de prendre peu de place en plan et de se développer surtout dans le sens de la hauteur.
Essayé sur le réseau de l'Est, il a donné de bons résultats et sera appliqué, dès l'hiver 1876, sur une plus grande échelle, pour les chaufferies des grandes gares.
La planche n"" 32 donne tous les dessins d'ensemble et de détail de cet appareil.