‹ Le chauffage des voitures de toutes classes sur les chemins de ferChapitre 129 sur 139 · CHAUFFAGE A L'AIR CHAUD · texte numérisé non relu

CHAUFFAGE A L'AIR CHAUD

Examen crllique du chauffage à l'air ehaad. — Nous

avons expérimenté un grand nombre d'appareils à air chaud et nous en avons donné la description détaillée;

RÉSUMÉ GÉNÉRAL ET CONCLUSIONS. il9

nous résumerons comme suil le résultat de nos expériences, tant sur le réseau de l'Est que sur les réseaux étrangers.

Les appareils à air chaud, tels qu'ils sont généralemen employés en Allemagne, et tels que nous les avons essayés pendant l'hiver 1874 (appareils Mousseron, n"* 1 et 2), sont entachés de vices fondamentaux inhérents au système lui-même.

1® L*air chaud, introduit à l'intérieur de la voiture, se distribue suivant la loi des densités, de sorte qu'en génçrai les pieds cTes voyageurs sont notablement plus froids que la tète, — ce qui constitue un mode de chauffage éminemment nuisible à la santé, et en quelque sorte apoplectique.

2® L'air, ayant une capacité calorifique extrêmement faible (0,2377 par kilogramme à pression constante), est essentiellement impropre à retenir et à emmagasiner la chaleur. Il en résulte qu'une voiture remplie d'air chaud ne renferme en réahté qu'un approvisionnement insignifiant de calorique, et que cette faible quantité de chaleur disparaît presque immédiatement lorsqu'on ouvre les glaces ou les portières. Avec ce système de chauffage, le voyageur est donc soumis à des alternatives incessantes de chaud et de froid, — ce qui est une cause de malaise intolérable.

3** Les foyers métalliques au contact desquels s'échauffe r»ir, et en particulier les foyers en fonte, ne sont point étanches aux gaz. Lorsque la chaleur du foyer est trop intense, les gaz provenant de la combustion (acide carbonique et oxyde de carbone) passent au travers de la paroi métallique comme au travers d'un crible et viennent se mélanger avec l'air chaud, — ce qui explique la mauvaise

odeur et les maux de tête dont se plaignent fréquemment les voyageurs.

Toutes les tentatives que nous avons faites pour améliorer ces appareils, en cherchant à ramener la chaleur vers les pieds et à créer une sorte de volant calorifique destiné à suppléer à Tinsuffisance de l'air comme véhicule de chaleur, toutes ces tentatives, disons-nous, ont été vaines. Nos boites d'air chaud placées sur le plancher sous la forme de vastes réservoirs occupant tout le bas de la voiture, nos chaufferettes d'air chaud disposées dans l'axe de chaque compartiment , nos chaufferettes d'eau et de sable chauffées par l'air chaud , n'ont donné que des résultats médiocres, et nous amenaient à des appareils coûteux et compliqués.

Nous nous croyons en droit de conclure de nos expériences que tout système de chauffage consistant à envoyer dans les voitures des courants d'air chaud, quels que soient d'ailleurs les appareils employés à chauffer cet air, est mauvais en principe et préjudiciable à la santé publique , et qu'il serait infiniment préférable de laisser les voyageurs endurer les rigueurs des frimas, pendant les jours, — assez peu nombreux du reste, — des hivers froids de notre pays, que de les condamner à séjourner dans des étuves malsaines, contre lesquelles le public français serait unanime à protester.

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