CHEMIN DE FER NICOLAS
iGItANDE 80CIKTK DES CHEMINS DE PEn RUSSES.»
Dis|i*sitioBs gënéraieM du Biatériel à voyageai. — Les
voitures à voyageurs de ce chemin sont pour le plus grand nombre construites suivant le système américain. Munies de doubles portes ménagées au milieu de chacun des panneaux des extrémités, elles sont généralement divisées par des cloisons pleines en trois compartiments inégaux, communiquant au moyen d'un passage commun.
Les voitures-salons et des voitures de 3' classe, établies d'après le système anglais, ont leurs portes sur les parois latérales.
Dans toutes les voitures, les planchers sont doubles ; les parois latérales et le plafond sont garnis à Tintérieur de drap ou de feutre et d'une toile cirée. Le plancher , dans les compartiments de 1" et de 2* classe, est également recouvert d'une toile cirée et d'un tapis.
Le système de chauffage par les poêles et par la vapeur sont simultanément employés ; mais, jusqu'à ce jour, les appareils à vapeur n'ont encore été montés que dans tin petit nombre de voitures.
ChavITage a« noyea de féîen. — Les poéles en USage SOUt
m CHAUFFAGES EN RUSSIE.
mlanleet <ie forme cylindrique (fig. 5 et 6 de la planche ji^H^â); —Une seule porte, placée dans le bas, sert à charger le combustible, à entretenir le feû et à retirer les cendres. Comme Ton brûle du bois ou du charbon de bois, ces poêles n'ont pas de grille, leur partie inférieure est seulement garnie de briques. La cheminée, également en fonte, s'élève au-dessus de l'appareil ; elle traverse le pavillon de la voiture dont elle est isolée par une double couronne en tôle.
Le poêle est complètement entouré d'une enveloppe en tôle depuis le plancher jusqu'au pa\âllon. L'air pénètre sous cette enveloppe par les ouvertures ménagées à la base de. celle-ci, s'échauffe au contact du poêle, puis s'échappe dansia voiture par d'autres ouvertures placées au haut de l'enveloppe de la cheminée.
: Les diamètres extérieurs dés trois types en service sont : 0^,372, 0",400 et (r,450. — Le poids total du pbêle . de son enveloppe et de tous ses accessoires est de 27(y*, 295"« ou 32?**, suivant le type.
Les frais de construction et d'installation sont les suivants :
Poêle deé voitures-salons. ........ 759',80
, :— l'* classe et bureaux-poste. 544',40
■ ■:,\ ^■:::j—- ■ >2^ et 3V classe. ..... 296',40
: *— - . fourgons à bagages ... d85',€0
Membre der|Mléi«6 flAeés dans les vol tares. — - Suivant les
dimeasiôns> et le type du véhicute, le nombre des poêles installés dans uiïe voiture varie de un- a trois, ainsi cpiç l'indique le tableau suivant :
CHAUFFAGES EN RISSIE.
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iBtiallatloB de» poéle«. — Lorsqu'un seul poêle doit chauffer toute la voiture, on le place au milieu de celle-ci et contre Tune des parois latérales.
, S'il y a deux appareils dans une voiture, ils sont montés (tans les compartiments des bouts. (Voir les figures 7 à 10 de la planche n"* 13.)
Les compartiments où ne se trouve pas de poêle sont chauffés soit en laissant ouverte la porte de communication, soit par les ouvertures ménagées dans la cloison de séparation, soit enfin au moyen de conduits spéciaux.
Ces conduits, en tôle et de section rectangulaire (0",105 &ur 0",175), sont posés à 1",380 au-dessus du plancher. Partant de l'enveloppe du poêle, ils débouchent dans le compartiment à chauffer.
; Cette disposition est employée quand un même appareil doit chauffer des compartiments de 2"" et 3* classe, où encore des compartiments réservés l'un à des fumeurs et l'autre aux voyagjBurs qui ne fument pas .
Effet atiie des poêles. ^ Au moyeude CCS poéles,on peut obtenir dans les voitures une température de-|- iT\b.
Poêle amërleoln monté dans ane voltare da train Impérial
— On a installé dans une voiture du train impérial un poêle américain de MM. James Spear et G\ de Philadelphie. La disposition particulière de cet appareil (fig. 11 delà planche n"* 13) consiste en ce que l'air extérieur pénètre, pendant la marche du train, dans un tuyau placé sur le toit de la voiture, est amené dans l'espace compris entre le poêle en fonte et son manteau en tôle, et, après son échauffement, est distribué dans la voiture par un conduit de 0™,185 de largeur sur 0",095 de hauteur.
, Pour que cçtte circulation se produise^-quel que -soit le
CHAUFFAGES ES HUSSIK. 111
sens de la marche, le tuyau est disposé sur le toit parallèlement à Taxe du véhicule; il est ouvert à ses deux bouts et renferme un clapet qui, sous l'action du vent, ferme automatiquement Torifice regardant l'arrière du train.
Lie principal avantage de cet appareil est de renouveler l'air de la voiture.
Avantage» et Ineoavénientii des poëletf. •— Les avantages
qui résultent de l'emploi des poêles adoptés se résument comme suit:
(1) « Modicité des dépenses de construction etd'instala lation; rapidité du chauffage permettant de n'allumer les a poêles qu'une demi-heure avant le départ des trains ; (c faible dépense de bois comparativement à la consomme mation des poêles d'autres systèmes ; économie de la a main-d'œuvre, un seul chauffeur suffisant à la conduite (( des appareils d'un train de huit à douze voitures sur un e* parcours de 644'^. »
Mais, d'un autre côté, l'usage de ces appareils présente les inconvénients qui suivent :
(( Les poêles ne produisant pas de ventilation, l'air que <c renferme la voiture se vicie et n'est renouvelé que par r< Pair froid qui pénètre lorsqu'on ouvre les portée.
a Des gaz délétères s échappent du foyer.
« La chaleur est trop forte à proximité du poêle ; aussi « les voyageurs évitent-ils son voisinage.
a La chaleur ne se répartit pas uniformément dans là K( voilure. Des expériences faites en 1869 et 1870 ont établi « que dans une voiture chauffée par un seul poêle placé (( dans le compartiment du milieu , et dont les cloi-
(1) Opinion émise par rAdministration centrale de la Grande Société des chemins de fer Russes.
iî8 CHAUFFAGES EN RUSSIE.
« sons sont à claire-voie, la température centrale est en ji moyenne de 1%25 à 6%25 supérieure à celle des couches ff d'air voisines des parois des bouts. Cette différence « s'élève à 12^5 lorsque les cloisons sont pleines. Suivant a la hauteur, les écarts de température, sensiblement les a mêmes dans tous les compartiments, varient de 4* à 10**. « Ces différences s'accroissent quand la température « extérieure diminue ou que la force du vent augmente. »
Voitares Ineendiëeii par de» poéieis. — Les SUiteS des accidents sont considérablement aggravées lorsque des poêles allumés se trouvent dans les voitures avariées, et c'est là, sans contredit, l'objection la plus grave contre l'emploi de ces appareils et qui est malheureusement conQrmée par des faits.
C'est ainsi que le 24 décembre 1875, sur la ligne d^Odessa, un train mixte comprenant dix voitures de 3' classe occupées par quatre cent vingt conscrits, a déraillé sur un remblai de 32"" de hauteur et a été précipite au bas du talus. Les voilures ont été immédiatement mises en feu par les poêles qui les chauffaient et complètement (^truites; soixante-sept conscrits ont été brûlés; quarante autres ont pu être retirés des tlammes, mais non sans des brûlures plus ou moins graves.
Clinaffaice à lu vnpear, i«yf«tëiiic de M. le liarea de Ders-*
cA«ii (1). — On chauffe à la vapeur les voitures-salons et Ips voitures-lits d'ailleurs munies de poêles, et dont les dimensions principales sont indiquées sur le tableau cidessus*
(1) Les renseignements qui suivent nous ont été donnés par la Grande bociélé des cliemins de fer Husses.
Les appareils sont établis d'après le système de M. lo baron de Derschau (fig. 1 à 3 de la planche n'* 14). Une conduite de vapeur, placée sous le plancher, avec petite vers les deux traverses extrêmes, communique avec deux tuyaux de chauffe de 0™,065 de diamètre disposés dans la voiture le long des parois longitudinales. La vapeur est introduite vers Tun des bouts de chaque tuyau de chauffe, et un petit robinet, placé à Tautre extrémité, permet de chasser Tair au commencement du chauffage, et, lorsqu'on cesse de chauffer,, de faire rentrer l!air, ce qui facilite la sortie de l'eau de condensa tion^
Les conduites de distribution sont reliées entre les voitures par des tuyaux en caoutchouc munis de soupapes automatiques qui laissent écouler Teau de condensation dès que la pression de la vapeur n'agit plus dans les tuyaux.
La vapeur employée pour le chauffage est produite dans des chaudières tubulaires verticales dont la pression ne doit pas dépasser 6 atmosphères.
Avant d'envoyer; la vapeur dans les appareils, on abaisse la pression de façon que cellcTci soit comprise entr^ 2 et 3 atmosphères.
Primitivement on chauffait deux voitures avec là même
chaudière placée dans un petit compartiment de l'une d'elles. Depuis quelque temps toutes les voitureçid'uii train sont chauffées par une seule chaudière montée dans un vsragon spécial. Ce wagon est placé à l'arrière des trains qui na sont pas composes de plus de huit voitures^; si lion doit chauffer un plus grandnombre de véhiculés^ le wagon ffst placé auipiliei), du train. . ..- : .io : !^
Avantages et Incoavëiilenlfl da chaalTagc à la vapeur de
M. le baron d<e Dersehaa. — Les avantages de ce systpipc de chauffage sont: ... j. * -^
tâO CHAUFFAGES EN RUSSIE.
(i) (c Répartition uniforme de la chaleur dans toutes « l0s parties des voitures ;
/ a Facilité de régler la température par de simples robî- (f nets et dans les limites que l'on désire;
« Aucune réduction des places disponibles ;
a Enfin, absence de fumée et de danger d'incendie. » . .D'autre part, les inconvénients des appareils à vapeur sont :
(( Élévation des dépenses d'installation;
: (t Nécessité de construire des wagons spéciaux pour
i Tinstallation des chaudières, ce qui augmente l'effectif
^ du matériel roulant et le poids du train (chaque wagon
M avec la chaudière et ses approvisionnements pèse de
« Nécessité d'avoir des wagons spéciaux de rechange.;
a Dépense élevée de main-d'œuvre : la conduite des .« chaudières ne peut être confiée qu'à des ouvriers dont n le salaire est supérieur à celui des manœuvres qui eii- " (retiennent les poêles; il faut, dans chaque train, au :;c moins quatre ouvriers, et ordinairement deux équipes (( de trois hommes chacune, dont l'une relève l'autre, afin «d'éviter les accidents qui résulteraient d'un manque de « surveillance ; . (c Enfin, formation plus difficile des trains. )j
. |leii«elf;neiiiCBls -coinidéBieBtaires K«r le «haaffage à la xapear de M. lé baron de Dersehao. — M. le baron de Ders-
chau a eu l'obligeance de nous adresser sur son système de chauffage divers renseignements qui nous permettent de compléter les indications précédentes.
(1) Opinion de l'Administration centrale de la Grande Société des che< mins de fer Russes.
CHAUFFAGKS EN HUSSIK. 121
. Ckaadièrei^ impériale». — Daiis ce Système , la vapeur esl toujours fournie par une chaudière spéciale. La chaudière duMype adopté peut produire au maximum, par heuixv, 240*"* de vapeur à une pression variant de 2 à 3 atmosphè^ pes 1/2 effectives^ suivant la température extérieure et le nombre des voitures ^
■ Dans ce générateur, on vaporise de 5''*^,4 à 6^^ d'eau par kilogramme de houille, et de 2*'^4 à 2''^9 par kilogramme de bois.
. Appareilii àf volinreB. — Les tigures 4 à 6 do la planche n" 14 représentent l'appareil installé en 1874 sur vingt voitures de 1" classe faisant le service des trains express sur la ligne de Saint-Pétersbourg à Moscou.
La conduite de distribution est placée sous le châssis du véhicule.
Dans chacun des compartiments de la voiture sont disposés, le long des parois longitudinales, des tuyaux de chauffe mis en communication par des branchements avec la conduite de distribution. Des robinets, servant à régler l'admission de la vapeur, sont montés à rentrée de ces tuyaux de chauffe qui sont munis à leur autre extrémité de soupapes automatiques de purge s'ouvrant dès que la pression, à l'intérieur des tuyaux, cesse d'être supérieure à celle de l'atmosphère ; ces soupapes sont supprimées lorsque la longueur des tuyaux de chauffe est inférieure à r,600.
Tay«« de raccord entre Icm vollureit. — LcS conduites
de distribution des voitures sont reliées entre elles au moyen de tuyaux de raccord en caoutchouc munis, comme sur les chemins Bavarois, de petites soupapes automatiques de purge placées au milieu de leur longueur.
122 CHALFFACiKS EN RUSSIE.
Dépena^es d^lnnlallatioB des «pparellu. -^ La Compagnie
du chemin de fer de Moscou-Kursk a payé 496,000' paur Tinslallation d'appareils sm* trois cent quatorze voitures et pour la fourniture de trente-six chaudières.
De son côté, la Grande Société a payé 1,920' par voiture et 5,560' par chaudière munie d'un injecteur el d'un ré*servoir d'eau de 2'"^ ces sommes comprenant les di'oits de brevet.
Uësaiiatii calorifiques. — Les appareils permettent d'ob- Icnir dans les voitures une température constante de-f-12^ par un froid de — 32^.
Quantilc de vapear dépeniiëe. — Dépense de eewbvsllble.
— !• Pour obtenir cet effet utile, on dépense 18"* de vapeur par voiture et par heure, soit de S^^ à 3''^,240 de' houille.
MoBibre de voitares ehmuiféeê. — Les chaudières spéciales chauffent ordinairement des trains composés de huit voitures de 12™ de longueur ; mais elles suflîsent encore pour des trains de douze voitures, lors même que la tempéra* turc atmosphérique s'abaisse à — 15".
Condaite de» appareil». — La vapeur est lancée par intermittences dans les appareils ; lorsque le froid ne dépasse pas — â% les admissions de vapeur ont une durée de quinze minutes el sont séparées par des intervalles d'une demi-heure.